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14 août 2020

Liste des notes

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12:20 Publié dans Vie chrétienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : moisson

Être soi-même devant Dieu

 

29 mars 2013

Eben Ezer : Opération Exodus

ISRAEL 2009 761.jpg


Opération Exodus

Eben Ezer (La Pierre du Secours) est une association qui a pour bout d'informer et d'aider les Juifs de la diaspora qui veulent faire leur aliyah (Installation en Israël).

Film de présentation de Opération Exodus

Cliquez ICI

NB : Le chargement prend 2 minutes

 

Consultez le site Opération Exodus :

http://www.operarion-exodus.ch

30 juin 2012

L'amour de Jésus

lavement des pieds

 

Message de Matthias HELMLINGER
podcast

Jean 13, 1-20

Ayant aimé les siens qui sont dans le monde, Jésus les aima jusqu’au bout.

(Jn 13.1)

   Il faut s’attarder au moins quelques instants sur la réaction de Pierre : Pierre refuse que Jésus lui lave les pieds. Il est profondément choqué par un tel amour. L’amour de Dieu est choquant. Nous en parlons trop légèrement, trop rapidement. Il est choquant. Jésus a lourdement insisté auprès de Pierre pour lui laver les pieds. Alors seulement Pierre a accepté. Et il n’a compris que plus tard.
   Nous recevons l’amour de Dieu avant de le comprendre. D’ailleurs, quand nous avons commencé à le comprendre, nous nous rendons très vite compte que nous n’aurons jamais fini de le comprendre.
L’amour du Seigneur est choquant.
Il lave les pieds aux siens. Cela veut dire que si telle ou telle personne commet toujours le même péché après sa conversion, Jésus lui lavera toujours à nouveau les pieds. Il l’aimera jusqu’au bout. Que cette personne ne jette pas l’éponge parce qu’elle retombe toujours dans le même travers. Jésus l’aime.
   Ou bien telle autre personne qui vit une souffrance presque depuis la naissance, une dépression ou autre chose ; Jésus lui lave les pieds tous les jours. L’amour de Jésus est pour toujours. Il aime jusqu’au bout.
   En l’an 335, l’empereur chrétien Constantin s’est fait baptiser le jour où il a su qu’il allait mourir. Comme cela, il était sûr de ne pas commettre de péchés après son baptême. Si on lui avait expliqué que Jésus lave les pieds à ses disciples, même après qu’ils soient devenus propres, purs par sa parole (Jn 15.3), il n’aurait pas attendu toute sa vie pour demander le baptême. Les baptisés, les chrétiens nés de nouveau se demandent souvent pourquoi leur vie n’a pas changé, pourquoi il y a des péchés et encore des péchés, qui subsistent dans leur vie, alors qu’ils ont reçu le Saint-Esprit. On ne peut pas marcher sans se salir les pieds, que cette saleté vienne de l’extérieur ou de nous-mêmes.
   Jésus aime les siens jusqu’au bout. Il aime avant que nous comprenions ce qu’Il fait. Il aime alors même que les circonstances sont défavorables : climat d’angoisse et de mort, puisque Jésus est sur le point d’être trahi et arrêté, déception et tristesse de ses disciples qui l’abandonneront et fuiront loin de lui dans quelques heures, fatigue de ses disciples qui ne pourront même pas prier une heure avec lui pour l’aider dans la tentation. Les circonstances sont lourdes, dramatiques, mais Jésus prend le temps d’essuyer les pieds de ses disciples. Il prend le temps de leur donner part avec lui.


Que veut dire « avoir part avec Jésus »(v 8) ? Le lavement des pieds est la condition
pour que nous ayons part avec Jésus. Le mot grec « meros » traduit l’hébreu « NaHaLaH » qui signifie « héritage », « portion qui m’est attribuée ». Quel est l’héritage, quel est la part de Jésus ? Son être même, son ministère : voilà à quoi Jésus nous donne part. Il nous fait participer à sa propre nature et à son propre ministère. Et Jésus partage tout, absolument tout avec son Père Jean 16.15. En nous lavant les pieds, il nous donne part à ce qu’il est et à ce qu’il possède. Dans l’A.T., la part du Seigneur, c’est Israël, c’est la terre et le peuple d’Israël, c’est la capitale de ce pays, Jérusalem, c’est le temple qui est
au coeur de cette capitale, la maison où le Nom du Dieu trois fois saint, le Nom Un est proclamé sur Israël. Jésus parle de lui-même comme d’un temple. Jean-Baptiste le désigne aussi comme l’Agneau de l’holocauste, l’agneau du sacrifice perpétuel offert matin et soir au temple. Enfin, par plusieurs détails dont il a parsemé son témoignage, l’évangéliste Jean nous présente aussi Jésus comme le grand-prêtre. C’est surtout cette figure qui nous est présentée dans le lavement des pieds. Le lavement des pieds était obligatoire, plusieurs fois par jour pour les prêtres entrant ou sortant du temple. Déposer les vêtements civils et revêtir les vêtements sacerdotaux était tout aussi obligatoire, soit en entrant, soit en sortant du lieu saint. D’après le Talmud ZeBvaHyM 17b, la pureté des prêtres est associée au revêtement de l’habit spécifique à leur office.

Jésus dépose ses vêtements avant de laver les pieds de ses disciples. Il est nu. Parmi les vêtements que les soldats se partagent au pied de la croix, il y a la tunique sans couture (Jn 19.23) de Jésus, vêtement caractéristique du grand prêtre. Jésus nerevêt aucune vêtement sacerdotal, mais il se met un linge autour de la taille. Sur ce linge qu’il s’est
attaché aboutissent toutes les saletés de nos pieds, tous les péchés que nous commettons au cours de notre vie de chrétiens. Jésus nous fait participer à son ministère de prêtre. Quand nous accueillons son lavement des pieds, nous sommes associés à son ministère sacerdotal. Nous offrons comme Jésus nos vies à Dieu. Nous les offrons aux autres. Nous aimons comme Jésus a aimé. Nous pardonnons comme Jésus a pardonné. Nous parlons comme Jésus a parlé, jamais pour condamner, mais toujours pour faire connaître le Père céleste à ceux qui nous écoutent. Jésus nous lave les pieds et nous avons part avec Lui. Mais pas seulement à son ministère. Aussi à sa personne, à son identité de Fils de Dieu de toute éternité. Le texte dit bien que Jésus a lavé les pieds à ses disciples au moment où « le Père avait remis toutes choses entre ses mains » (v3). Au moment où il reçoit tous les pouvoirs dans le ciel et sur la terre…Jésus dépose ses vêtements, il n’a donc plus aucune fonction sacerdotale selon la Loi …et il lave les pieds de ses disciples. Mais ce faisant, il nous introduit dans son identité sacerdotale de Fils de
l’homme et de Fils de Dieu. Car le Fils de l’homme est très nettement dans la prophétie de Daniel un grand-prêtre. L’épître aux Hébreux dit que le sacerdoce de Jésus n’est certes pas selon la loi, puisqu’il ne descend pas d’Aharon, mais selon la puissance d’une vie indestructible Hébreux 7/16, qui lui appartient en tant que Fils de Dieu. Jésus nous fait participer à son identité. Pour nous aider à comprendre voici un conte indien :

   Un mendiant arrive chez un paysan. Il demande l’aumône. Le paysan lui donne à
manger. Le mendiant voit un magnifique diamant sur l’étagère du salon. Il demande ce diamant au paysan. Le paysan lui donne sans discuter ce diamant tellement précieux et le mendiant s’en va en disant mille fois merci. Le paysan le voit revenir au bout de quelques jours et le mendiant lui rend le diamant et lui fait une nouvelle demande : Donnez-moi, s’il vous plaît la liberté intérieure que vous avez, que je n’ai pas, cette liberté intérieure qui vous a permis de me donner ce diamant si précieux.


   Voilà ce qui se passe quand Jésus lave les pieds aux siens : il a reçu du Père toutes choses dans le ciel et sur la terre, tout lui appartient et il se déshabille pour nous laver les pieds. Il nous transmet sa propre liberté intérieure qui est son amour sans limites. «Christ est en vous, l’espérance de la gloire » (Colossiens 1/27). Pierre n’a pas lavé les pieds à Jésus. Il n’y a pas eu de réciprocité ce soir-là. Par contre, Jésus annonce que désormais il envoie les siens dans ce monde. La façon dont ils seront accueillis détermine la façon dont nous accueillons Jésus. « En vérité, en vérité je vous le dis, recevoir celui que j’enverrai, c’est me recevoir moi-même, et me recevoir, c’est recevoir Celui qui m’a envoyé » (v 20).
   Soyons attentifs à la manière dont nous accueillons les autres. Là, il peut y avoir réciprocité dans le lavement des pieds entre le Seigneur et nous. Inversement, cette parole doit aussi nous encourager à ne pas nous décourager si nous sommes mal accueillis. « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie » (v 16). Cette parole de Jésus est tellement importante qu’il la rappellera le soir même Jean 15.20 : « Souvenez-nous de la parole que je vous ai dite –
le serviteur n’est pas plus grand que son maître ».


lavement des pieds

 

 

15 juin 2012

Le sang de l'Alliance

 

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Le sang de l'Alliance


Message de Matthias Helmlinger
podcast


Marc 14.12-26    Exode 24.3-11    Hébreux 9.11-15

 

   Les Hébreux ont accepté l’alliance au Sinaï sans comprendre. Moïse leur a lu la Thorah, la Loi de Dieu et ils ont répondu : « nous ferons et nous comprendrons » (Ex 24.7). Littéralement, il faudrait traduire : « nous ferons et nous entendrons », ou bien : « nous ferons et nous obéirons ». Quoi qu’il en soit, l’acte vient avant la compréhension. Le faire avant l’obéissance réfléchie et voulue. Tous les rabins en Israël insistent sur l’ordre des verbes : « nous ferons et nous comprendrons ». C’est pourquoi le judaïsme est d’abord une orthopraxie : faites les commandements de Dieu. Ce n’est pas forcément du légalisme. Il y a beaucoup d’amour dans les lois de Dieu. L’amour est le but des lois données par Dieu. Bien des psaumes parlent de la joie des fidèles à faire les commandements de Dieu, de l’amour de Dieu qu’ils expriment à travers cette obéissance. Jésus a dit : « si quelqu’un veut faire la volonté de Dieu, il connaîtra si mon enseignement vient de Dieu ou si je parle de moi-même » (Jn 7.17). Faire la volonté de Dieu permet de comprendre qui est Jésus.

    La Sainte-Cène instituée par Jésus la veille de sa mort est du même ordre : « nous ferons et nous comprendrons ». Les disciples l’ont faite avant de l’avoir comprise. La preuve, c’est que chacun d’eux se demande si ce n’est pas lui qui va trahir Jésus.

   La Sainte-Cène est en lien avec la mort de Jésus qu’aucun disciple ne pouvait comprendre avant la résurrection. Les disciples ont communié au corps et au sang du Christ avant d’avoir compris ce que cela signifiait. Nous recevons le salut et nous le comprenons après. C’est comme cela que cela fonctionne. Sinon le salut serait dépendant d’une gnose, d’une connaissance préalable. Nous recevons le salut en recevant le corps et le sang du Christ, puis nous le comprenons parce que nous le vivons. Je connais au moins deux femmes, une de parents bouddhistes, l’autre de parents athées, qui ont compris qui est Jésus au moment de la Sainte-Cène. Jésus se donne et nous recevons sans comprendre par avance.

   Maintenant que nous avons reçu, nous pouvons dire quelques mots sur la signification de la Sainte-Cène.

    Jésus dit : « ceci est mon sang, le sang de l’alliance versé pour la multitude » (Mc 14.24). « Le sang de l’alliance » est une expression que nous trouvons déjà dans la bouche de Moïse, quand les Hébreux ont accepté la Thorah. Moïse a aspergé le sang des sacrifices moitié sur l’autel qui symbolise Dieu, moitié sur le peuple. Le sang de l’alliance doit se trouver du côté de Dieu et du côté du peuple. Il doit toucher les deux. L’épître aux Hébreux nous apprend que le sang de Jésus qui a été versé sur terre, à Golgotha à Jérusalem, se trouve aussi dans le ciel, près de Dieu. Jésus est « entré une fois pour toutes dans les lieux saints avec son propre sang » (He 11.12) Nous avons ainsi une garantie de la validité permanente de l’alliance : le sang de Jésus est chez nous et il est chez Dieu. L’alliance est stable, valide et durable pour toujours. Nous n’avons pas l’habitude de raisonner en termes d’alliance. Pourtant il y a plein d’alliances en politique comme en économie. L’OTAN par exemple, est une alliance entre les armées de différents pays. En unissant leurs forces militaires, ces pays sont davantage en sécurité et plus forts pour gagner une guerre.

   Dieu a fait alliance avec Israël, cette alliance ne pourra jamais être rompue.

   Le prophète Esaïe avait vu qu’à cause des souffrances d’Israël et plus particulièrement d’un serviteur du Seigneur au sein même d’Israël, cette alliance serait ouverte à « la multitude ». C’est cette expression « multitude » en hébreu « RaByM » que Jésus emploie pour la Sainte-Cène : « ceci est mon sang, le sang de l’alliance versé pour la multitude ». Il n’est pas dit : « pour tous », comme si c’était automatique. Il y a la liberté qui nous est laissée. Juda a quitté sa place avec Jésus. Il n’était pas obligé de le faire. Il venait pourtant de communier au corps et au sang du Christ. A cause des paroles de Jésus, nous pouvons et nous devons nous considérer toujours accompagnés dans la vie par un partenaire qui est avec nous en alliance ; ce partenaire, c’est le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, notre Père. Nous avons un Dieu qui a fait alliance avec nous, c’est le Dieu d’Israël.

    Voici maintenant un autre aspect de la Sainte-Cène : Jésus l’a instituée dans le cadre d’un Sédèr, un repas de Pâque juif. Encore aujourd’hui, chaque famille juive se réunit une fois par an autour d’un tel repas, où il y a notamment des pains sans levain, des pains azymes. Jésus a pris le pain azyme et a dit : « prenez, ceci est mon corps ». On aurait pu penser qu’il prendrait un morceau de l’agneau. Dans 1 Co 5.7, Jésus est clairement désigné comme l’agneau pascal : « Christ notre Pâque a été immolé ». Mais les évangiles nous disent que Jésus a prononcé ces paroles « prenez, ceci est mon corps » sur le pain azyme. Un pain azyme est un pain très fin, percé de trous, on voit la lumière à travers, il est sans levain, et le levain est souvent le symbole de l’orgueil et du péché. Les Juifs en mangent pendant sept jours, comme cela est ordonné dans la Bible.

   Jésus a institué la Sainte-Cène dans le cadre d’un Sédèr, pour nous rendre attentifs à la signification principale de ce repas : la libération de l’oppression. Les Hébreux ont échappé à l’oppression des Egyptiens. Nous vivons toutes sortes d’oppression. Parfois même, nous aimons les oppressions que nous subissons. Quand les Hébreux ont commencé à faire l’apprentissage de la liberté en marchant avec le Seigneur, ils ont idéalisé l’oppression qu’ils vivaient en Egypte, au point de vouloir y retourner :« il nous souvient du poisson que nous mangions en Egypte pour rien, des concombres, et des melons, et des poireaux, et des oignons et de l’ail ; et maintenant notre âme est asséchée ; il n’y a rien si ce n’est cette manne devant nos yeux » (Nb 11.5-6). Au moment où Jésus lui-même commence à vivre une oppression terrible, à la perspective de la souffrance, des humiliations et de la mort, il nous promet la libération de toute oppression. Voilà le sens du repas qu’il a pris avec ses disciples.

   Nous recevons sans comprendre.

   Nous recevons et Jésus nous fait comprendre que l’aboutissement de cette libération est encore en avant de nous : « en vérité, je vous le déclare, jamais plus je ne boirai du fruit de la vigne jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le Royaume de Dieu " (Mc 14.25).Jésus prépare son Eglise à un rendez-vous, à un repas de fête dans le Royaume de Dieu. Tout ce que nous faisons a un sens bien au-delà du temps présent : dans le Royaume de Dieu il n’y aura plus aucune oppression, même pas celle de la mort. Nous serons libres dans l’amour de Dieu. Nous comprendrons enfin qui est Jésus, qui est Dieu. Nous connaîtrons comme Dieu nous connaît. Israël et l’Eglise sont en marche vers ce rendez-vous. Dans la Sainte-Cène la multitude est appelée à recevoir cette libération, elle est appelée à faire pour comprendre un jour.

Amen.

 

sang,alliance,cène

03 juin 2012

Jésus s'approcha

Je suis avec vous, doutes, fin du monde

 

Jésus s'approcha

 

Message de Matthias et Sophie Helmlinger


podcast

Deutéronome 4.32-40 ;  Romains 8.14-17 ;  Matthieu 28.16-20

 

   D’après le premier texte que nous avons écouté, Deutéronome 4 ,Israël est constitué comme témoin de Dieu. Il est témoin par le fait qu’il existe en tant que peuple. En effet, il n’a pu se constituer en nation que par des miracles puissants de Dieu.

    De même, nous sommes constitués témoins par un miracle puissant : la résurrection de Jésus. Nous recevons par cette résurrection une nouvelle identité : l’Esprit Saint en nous, nous fait vivre une relation filiale avec Dieu. Par le Saint-Esprit, nous appelons Dieu « Papa ». C’est la même relation filiale qu’il y a entre Jésus et son Père. La deuxième lecture de ce dimanche, dans Romains 8 venait préciser cela.

    Voilà pourquoi dans l’évangile de Matthieu les trois sont mentionnés : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Les trois sont invoqués pour le baptême : « les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit »(v. 19).

 Jésus donne l’ordre de faire des disciples de toutes les nations

Cet ordre se subdivise en deux : baptiser, enseigner.

  - Baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

  - Enseigner à observer tout ce que Jésus a prescrit.

   Le baptême est en premier. Parce que le baptême est le signe que nous passons d’un état à un autre. Nous sommes nés ici-bas, mais il nous faut naître d’en-haut. Nous devons recevoir la vie de Dieu. Le baptême est le signe que nous avons reçu cette vie d’en-haut dans la mort et la résurrection de Jésus. Cette nouvelle vie nous permet de pratiquer les commandements de Jésus. D’aimer comme Lui a aimé.

    Notre texte dit que les onze apôtres eurent des doutes, quand ils étaient sur la montagne désignée par Jésus, en Galilée. « Ils Le virent, ils se prosternèrent devant Lui et ils eurent des doutes » (v. 17).

   Le remède au doute, c’est que Jésus s’approche d’eux : « Jésus, s’étant approché, leur parla ainsi… » (v. 18).

   En nous-mêmes, nous ne trouverons jamais que des doutes, malgré les expériences fortes que nous pouvons vivre avec Dieu.

   Israël est sorti miraculeusement d’Egypte, il a échappé à une mort certaine, il a vu la puissance des interventions de Dieu pour le libérer, et pourtant son histoire est pleine de doutes sur Dieu.

   Notre histoire personnelle n’est pas différente. Heureusement que Jésus s’approche toujours à nouveau de nous pour renouveler et fortifier notre foi.

    Quand il se fait proche de nous, il nous confie la même mission pour laquelle il est venu : que les nations connaissent le Père, le Dieu d’Israël, qu’elles reçoivent l’Esprit Saint. Il nous la confie, c'est-à-dire qu’il nous fait confiance. Jésus n’est pas pervers, Il ne cherche pas à nous mettre en défaut, s’Il nous la confie, c’est qu’Il nous sait capable de l’accomplir. Et nous en serons d’autant plus capables que nous resterons accrochés à Lui, approchés de Lui.

    Souvent, la promesse de Jésus « je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » est citée lorsque nous sommes découragés.

   Nous avons raison de nous rappeler cette promesse quand nous sommes déprimés. Mais n’oublions pas que cette promesse est donnée par Jésus pour nous encourager à accomplir la mission qu’il nous confie : faire des disciples de toutes les nations. Cette promesse n’est pas que pour les sales moments; elle et valable aussi pour les bons moments de notre vie. Elle ne tient pas que lorsque nous sommes assis au fond d’une grotte attendant d’être ravitaillé par les corbeaux ; elle est active aussi au beau milieu de la course, quand nous-mêmes donnons le maximum de nos capacités.

    Pour qu’il y ait mission, il y a forcément deux personnes : une personne qui envoie, une personne qui est envoyée en mission.

   Celui qui nous envoie en mission est tous les jours avec nous pour nous aider à l’accomplir.

   L’évangile de Matthieu ne se termine pas par l’Ascension mais par cette promesse de Jésus qui sera toujours avec nous pour accomplir la mission qu’il nous confie.

Comment est ce Jésus qui a promis d’être avec nous tous les jours ?

   C’est le Jésus qui est à la droite du Père, c’est celui-là qui est toujours avec nous. Ce Jésus qui a reçu toute autorité dans le ciel et sur la terre, c’est précisément celui-là qui est toujours avec nous jusqu’à la fin du monde.

   Ce n’est pas le petit Jésus, le Jésus de la crèche de Noël, ou le Jésus victime de l’injustice des hommes qui est avec nous. C’est Jésus ayant reçu de son Père toute autorité au ciel et sur terre qui est toujours avec nous. Nous n’oserions pas le croire, si ce n’était pas écrit. Nous nous considérons trop nuls, trop indignes de Dieu pour que Son Fils dans la gloire soit réellement présent en nous.

   Mais rappelons-nous que ce n’est pas ce que nous pensons qui est important. C’est ce que la Bible dit qui est important.

   Je voudrais rappeler que ce Jésus assis aujourd’hui à la droite du Père, ce n’est pas un Jésus inaccessible qui a reçu son autorité après un long règne sur un trône de gloire. C’est bien cet homme qui est aussi passé de la crèche à la croix, qui a expérimenté le chemin d’humain que nous avons à traverser, nous aussi. Ce Jésus assis à la droite du Père, c’est bien celui qui a connu la faim, la tentation, la tristesse, la colère, l’angoisse, le découragement, l’humiliation.

    Jésus a commencé son ministère par une chose : le baptême. Il est allé se mettre au rang des pécheurs qui avaient besoin du pardon de Dieu.

   Jésus a fini sa vie par une chose : il est mort sur la croix, autrement dit, de la mort la plus maudite qui soit, pour quelqu’un qui croit en Dieu. Là aussi, Il était au rang des pécheurs, à côté des pécheurs.

   Il s’est abaissé. Mais maintenant Dieu l’a élevé à la plus haute place. Il lui a donné toute autorité dans le ciel et sur la terre. C’est ce Jésus qui est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde.

    Dimanche dernier, nous avons fêté Pentecôte, cette fête nous rappelle que Jésus a envoyé le Saint-Esprit. L’apôtre Pierre a dit à cette occasion: ce don est pour tous, pour tous les peuples, même les plus lointains, pour les Birmans, les aborigènes en Australie, les Esquimau au Groenland et même pour les habitants de Thiers et de l’Auvergne!

   Matthieu pense comme Pierre. L’ordre de Jésus de faire des disciples concerne toutes les nations, y compris la France et l’Auvergne: « faites disciples toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et leur enseignant à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous jusqu’à la fin du monde ». Ce n’est pas encore la fin du monde, c’est le temps de la mission à accomplir avec la présence de Jésus.

   Amen


 

je suis avec vous,doutes,fin du monde


28 mai 2012

Conduit par l'Esprit

 

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Conduit par l'Esprit

 

La méditation ci-dessous, que vous pouvez lire et écouter,

est de Matthias HELMLINGER

 


podcast

 

Psaume 104 ; Actes 2.1-11 ;  Galates 5.16-25 ; Jean 15.26-27 et 16.12-15

 

   La fonction essentielle du Saint-Esprit d’après l’évangile de Jean, c’est de faire que le témoignage de Jésus continue, maintenant qu’il est auprès du Père.

Les textes que nous avons écoutés ce matin parlent du Saint-Esprit sous des angles différents.

 

   Le Psaume 104 célèbre Dieu en tant que Créateur, en décrivant la nature et ses merveilles. La création existe parce que Dieu a envoyé son Souffle, le Saint-Esprit. Verset 30 : « tu envoies ton souffle, ils sont créés » Verset 29 : « tu leur reprends le souffle, ils expirent et retournent à la poussière ».

 

   L’épître aux Galates nous rappelle que le Saint-Esprit est à l’origine de notre vie en Christ. Il  nous a transmis la vie de Dieu, la vie éternelle. Mais ce même Saint-Esprit nous est aussi nécessaire pour notre vie quotidienne, pour notre comportement, nos décisions et nos actes. Galates 5/25 : « si nous vivons par l’Esprit, suivons aussi l’Esprit ». Suivre les impulsions du Saint-Esprit est un message libérateur, que les chrétiens de Galatie avaient tendance à oublier : ils préféraient suivre la loi juive, la Loi que Dieu a donnée à Israël. Or la vie de l’Esprit, c’est la vie en Christ. Cette vie accomplit la Loi, bien mieux que si nous obéissions à une loi, parce que c’est la vie de Dieu en nous : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi.

   Qui ne souhaiterait pas avoir ces qualités ? L’Esprit est la solution. Nous pouvons nous forcer à être patients, mais nous n’y arriverons pas vraiment. Nous pouvons nous forcer à aimer les autres, mais nous n’y arriverons pas vraiment. Sans le Saint-Esprit, nous retombons toujours à nouveau dans l’ornière des lois.

   Tout le monde s’impose des lois. Même ceux qui refusent les lois de Dieu ont des lois. Ils se mettent sous d’autres lois qu’ils n’ont parfois même pas choisies, car beaucoup de choses se font inconsciemment. Les adolescents qui refusent la loi des parents, s’imposent eux-mêmes toutes sortes de lois : par exemple, ressembler le plus possible aux camarades de classe ; surtout ne pas se singulariser. Vice-versa,  les adolescents qui obéissent uniquement aux lois des parents ne sont pas heureux non plus. En effet, prise dans l’absolu, l’obéissance aux parents peut les empêcher de développer leur propre personnalité. En Inde ou en Asie, certains étudiants se suicident lorsqu’ils ratent leurs examens : ils se sont imposés à eux-mêmes la loi de réussir, sous la pression familiale parfois. Dans la société occidentale, on estime qu’il n’y a rien de plus précieux que la liberté individuelle. On ne supporte aucune loi, sauf celle qui nous arrange. Mais même les individualistes les plus forcenés se mettent sous des lois. Je pense aux nombreux suicides dans notre société. Nous nous jugeons nous-mêmes avec les lois que nous avons mises dans notre tête ; ces lois nous anéantissent, nous persuadent que nous ne sommes pas dignes de vivre. Or le Dieu de Jésus-Christ nous libère de toutes les lois, pour nous donner une loi qui n’est pas une loi, mais une personne aimante, une personne vivante qui nous dirige avec beaucoup d’indulgence et de douceur : le Saint-Esprit.

« Puisque nous vivons par l’Esprit, marchons aussi par l’Esprit » : voilà le message de Paul aux chrétiens de Galatie.

 

   Le texte bien connu du livre des Actes nous parle d’un autre aspect encore du Saint-Esprit : il permet aux disciples de raconter les merveilles de Dieu dans chaque langue parlée sur cette terre. Je pense au travail admirable de traduction de la Bible dans toutes les langues parlées du monde, travail qui se poursuit aujourd’hui encore. C’est un travail de longue haleine. Mais le jour de Pentecôte à Jérusalem, les merveilles de Dieu ont été célébrées instantanément dans toutes les langues. Tout le monde pouvait comprendre ce qui concerne Dieu. C’est le phénomène inverse de la tour de Babel : à la tour de Babel, d’après la Bible, les hommes ont commencé à parler des langues différentes. Ils ne se comprenaient plus les uns les autres et se sont donc dispersés. C’est l’origine des civilisations différentes que nous connaissons. Cette diversité des civilisations est une bonne chose d’après la Bible. Sinon, l’orgueil des hommes serait tellement démesuré, qu’ils croiraient pouvoir toucher le ciel. Et cette diversité des civilisations sera intégrée dans la Jérusalem nouvelle. Déjà aujourd’hui, Israël est le pays où on peut entendre parler le plus de langues. Et cela ne date pas d’hier. Il y a 36 ans, j’avais compté les langues que j’entendais parler dans un bus de Jérusalem. J’en avais compté sept. Aujourd’hui il y en a bien plus. Sur le mont des Oliviers il y a une cour où le Notre Père est affiché dans des dizaines de langues différentes. Les merveilles de Dieu sont racontées dans toutes les langues, le jour de Pentecôte à Jérusalem. Dieu respecte la particularité de chaque peuple et veut faire entrer chaque peuple dans la Jérusalem céleste.

   Lors de mon dernier voyage en Israël, j’ai demandé au pasteur nommé par la Fédération Protestante de France comme responsable des communautés protestantes en Israël comment il avait rencontré Jésus. Ses parents sont tous les deux juifs, et son grand-père était rabbin. Il m’a dit qu’en France il était un jour entré dans une assemblée évangélique et qu’une personne avait prononcé une louange à Dieu dans un hébreu que lui seul a compris. La personne qui louait Dieu ne savait pas qu’elle parlait hébreu. Ce jour-là, ce Juif s’est converti à Jésus-Christ.

   Dans les débuts de l’église réformée en France, des enfants  étaient capables de prononcer sous l’inspiration de l’Esprit, des versets bibliques en français, alors qu’ils ne savaient pas lire. Le Saint-Esprit continue aujourd’hui son œuvre comme au jour de la première Pentecôte.

 

   Mais revenons à ce que je disais au début : d’après l’évangile de Jean, le Saint-Esprit nous fait essentiellement témoigner de Jésus. Témoigner qui est Jésus n’est pas quelque chose de banal. Nous ne pouvons jamais le faire seuls. Il faut être deux : le Saint-Esprit et moi. De même que Jésus n’a pas pu témoigner seul : il y avait toujours son Père avec Lui. Un témoignage à Jésus-Christ est un langage binaire. L’informatique est un langage binaire, basé sur le « zéro » et le « un ». Toute l’informatique se réduit à une combinaison de zéros et de « un ». Je ne sais pas quelle civilisation sortira de cet outil de communication. J’espère que ce ne sera pas une tentative de réhabiliter la tour de Babel.

   Nous, nous témoignons du Fils, de Jésus. Ce témoignage est binaire aussi. Ce témoignage est possible parce que nous ne sommes pas seuls, mais le Saint-Esprit nous a été donné par Jésus maintenant à la droite du Père.

   Parce qu’il était témoin du Père, Jésus a été condamné et crucifié. Le Saint-Esprit nous a convaincus que cet échec aux yeux du monde est la gloire éternelle de Dieu. Jésus a manifesté la gloire de Dieu sur terre et cette gloire ne nous condamne pas, mais nous sauve. Voilà le sens de son élévation sur la croix, et de sa descente au séjour des morts et de son élévation à la droite du Père. Dans le monde, Jésus n’est pas glorifié, mais dans nos cœurs il est glorifié par le Saint-Esprit qu’il nous envoie. C’est pourquoi nous témoignons. Le fait que ce témoignage continue à exister dans ce monde, c’est le miracle du Saint-Esprit.

   Parfois les chrétiens pensent qu’ils doivent témoigner, puisque Jésus nous a dit de témoigner. Et on se lance dans des programmes d’évangélisation, on se met sous une loi. J’ai vécu cela pendant des années : j’ai témoigné pour obéir à Jésus. Jusqu’au jour où je me suis lassé d’obéir à une loi. Il faut que nous comprenions bien que le témoignage, c’est le Saint-Esprit avec nous, le Saint-Esprit en nous.

   St-Augustin dit : « l’Esprit parle dans notre cœur, et nous en paroles ; l’Esprit nous parle par inspiration et nous, avec nos cordes vocales ». Témoigner fait partie de notre identité de fils de Dieu. Une personne paralysée guérie par Jésus est un témoignage en elle-même. Le simple fait qu’elle est là au milieu de nous et marche, fait qu’elle est témoin de Jésus. Une personne qui n’avait plus que quelques jours à vivre, parce qu’elle avait une tumeur cancéreuse dans le cerveau et qui est aujourd’hui guérie, est un témoin de Jésus par le simple fait qu’elle est toujours vivante.

   Ne croyons pas que la foi en Jésus est quelque chose de naturel : c’est un miracle de nouvelle naissance, un miracle encore plus grand que lorsqu’un paralysé marche. Bien sûr, on peut toujours nier ou ignorer les miracles de Dieu. On peut reporter la décision que nous avons à prendre devant les témoignages de la vie de Dieu au milieu de nous. Matthieu nous dit que les apparitions du Ressuscité n’ont pas convaincu tout le monde. Certains sont restés sceptiques Matthieu 28/17. Cela nous montre les limites du témoignage : le témoignage est miraculeux, mais la réception du témoignage est miraculeuse aussi. Dieu laisse toujours l’homme libre. Il se révèle à ceux qui ont soif, Il est le Père des orphelins et des veuves, c’est-à-dire de ceux qui ne s’en sortent pas par eux-mêmes, qui n’ont rien. Il donne le Saint-Esprit à quiconque le lui demande. C’est gratuit et il n’y a rien à faire pour l’obtenir. Jésus a fait ce qu’il fallait faire.

Jésus dit : « vous aussi, vous témoignez, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement » Jean 15/27 Les deux verbes sont au présent intemporel : témoigner, être. « Vous témoignez, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement ». Depuis quand sommes-nous avec Jésus ? Les apôtres à qui Jésus parle sont avec Lui depuis le baptême de Jean. Jésus a reçu le Saint-Esprit au baptême de Jean. C’est un mystère que Lui, sans péchés, ait demandé à Jean de le baptiser. En effet, Jean baptisait uniquement les gens qui confessaient leurs péchés. Regarder Jésus demander le baptême des pécheurs et le voir recevoir le Saint-Esprit, c’est l’assurance que nous pouvons le recevoir aussi. Les verbes « témoigner » et « être » sont au présent intemporel : « vous témoignez, parce que vous êtes avec moi dès le commencement ». « Dès le commencement » signifie donc aussi que notre origine, l’origine de ce que nous sommes, l’origine de notre témoignage ne peut être qu’en Dieu. De toute éternité, Dieu nous a mis dans le Christ Jésus Ephésiens 1/4. Notre témoignage a pour origine l’amour éternel de Dieu pour nous en Jésus-Christ.

Amen.


 

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21 mai 2012

La promesse du Père

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La promesse du Père

 

Vous pouvez écouter ou lire la méditation ci-dessous


La promesse du Père


podcast

Je vous invite d'abord à lire Act 1.1-14

  Pour beaucoup de nos contemporains, l’Ascension n’est rien d’autre que le pont qui permet à certains salariés de prendre 4 jours consécutifs de détente. Mais en quoi cette fête est-elle importante pour les chrétiens ? C’est que nous allons essayer de comprendre.

   L’Ecriture rappelle qu’après sa résurrection, Jésus s’est montré à ses disciples pendant 40 jours, puis a quitté cette Terre pour remonter au ciel. Matthieu et Jean ne parlent pas de cet événement. Marc l’évoque en une seule phrase (16.19). Luc dans son Evangile et surtout dans les Actes des Apôtres accorde plus de place à l’ascension de Jésus. Voyons en quoi ce qu’il nous dit est important.

  Le récit des dernières heures du Ressuscité sur Terre est accompagné de 2 promesses qui ne peuvent pas nous laisser indifférents :

1) Les disciples vont bientôt recevoir la promesse du Père : être baptisés d’Esprit Saint (v 5)

2) Jésus reviendra un jour (v 11). Le croyant peut donc vivre dans l’espérance de son retour.

Commençons par la seconde promesse

  Le retour de Jésus est un thème fréquent dans le Nouveau Testament. Jésus avait enseigné ses disciples sur l’avènement du Fils de l’homme (Mt 24 ; Mc 13 ; Lc 21) ; peu avant son arrestation, il leur avait dit : Je reviendrai et je vous prendrai avec moi (Jn 14.3). La fin de l’Apocalypse (22.20) reprend également cette promesse : Celui qui atteste cela dit : Oui, je viens bientôt. Enfin, plusieurs paraboles (Les talents : Mt 25.14-30 ; le Maître absent : Mc 13.33-37 ; Les serviteurs qui attendent le retour de leur Maître : Lc 12.35-40…) évoquent aussi  ce retour.

  La perspective de cet événement (qui ne manquera pas de se produire) peut déclencher en nous la peur ou la joie. S’il déclenche la peur, c’est le signe que la question de notre salut n’est pas encore réglée. C’est peut-être l’occasion de demander au Seigneur de nous mettre au clair sur ce point. En effet, ne pas être certain de son salut cache souvent le fait que le salut doit se mériter, donc que l’on doit faire quelque chose pour son salut ; avec la peur toujours présente de n’en avoir pas fait assez. Cette pensée profondément ancrée en soi et les attitudes qui en découlent ne signifient pas que l’on ignore ce que Paul a écrit aux Ephésiens : C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu (Eph 2.8). On peut parfaitement connaître, intellectuellement, cette promesse centrale de l’Evangile et ne pas la vivre spirituellement, en essayant de mériter son salut pas ses œuvres ! Si les hommes ont inventé les indulgences, et si elles ont eu tant de succès, c’est bien à cause de cette incertitude !  Et cela a des conséquences : Plus on cherche à faire son salut soi-même, moins on comprend ce qu’est la grâce de Dieu ; et donc, moins on est reconnaissant pour cette grâce imméritée. A l’inverse, plus on a conscience que la grâce est immérité, plus on a le désir de servir Dieu gratuitement, par amour, par reconnaissance.

   S’il subsiste en vous le moindre doute à propos de votre salut, relisez Ephésiens 2.8 et demandez à Dieu de vous éclairer. Et si cela ne suffit pas, allez voir votre pasteur le plus tôt possible. Ne laissez pas vos pensées et vos actes être conduits par des compréhensions contraires à la vérité de l’Evangile.

Venons-en à la première promesse du texte : Le baptême dans l’Esprit

  Cette promesse devrait enthousiasmer les croyants. Pourquoi ? Parce que c’est une promesse du Père (Act 1.4)

  Quel enfant ne voudrait pas recevoir la promesse de son Père, s’il l’aime ? Quel fils ne voudrait pas recevoir tout ce que son Père a prévu pour lui, s’il l’aime et veut le servir ?

   En effet, Jésus nous présente le baptême dans l’Esprit comme une puissance dont Dieu revêt le croyant afin qu’il devienne son témoin : Vous recevrez une puissance, celle du Saint Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre (1.8).

  Si les mots que Jésus emploie ont une valeur (j’espère que nous n’en doutons pas), cela veut dire qu’annoncer l’Évangile sans avoir reçu le baptême dans l’Esprit, c’est parler de l’Évangile sans la puissance de l’Esprit. Jésus n’envisage pas que son Eglise se construise ainsi. Il y a un rapport de cause à effet entre recevoir le baptême dans l’Esprit et une annonce de l’Évangile comme en parle le NT, c’est-à-dire une annonce confirmée par des actes de puissance et des dons de l’Esprit : conversions, guérisons, délivrances, prophéties… : Le Seigneur agissait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient (Mc 16.20). Bien que n’étant plus présent sur Terre, c’est toujours le Seigneur qui agit, par son Esprit !

  Le fait d’annoncer l’Evangile n’est pas forcément le signe de la présence de l’Esprit. N’importe qui, normalement intelligent et instruit, avec une petite connaissance de la Bible, est capable de prêcher à partir d’un texte de la Bible. Mais l’annonce de l’Évangile dont nous parle le Nouveau Testament n’a rien à voir avec cela. Deux versets nous font mieux comprendre ce que je veux dire : Les scribes étaient des hommes intelligents ; ils connaissaient parfaitement la Torah. Et pourtant, les 3 premiers évangiles nous disent que lorsque les foules écoutaient Jésus, elles étaient frappées de son enseignement ; car il les enseignait en homme qui a autorité et non comme leurs scribes (Mt 8.28 ; Mc 1.22 ; Lc 4.32). Les scribes avaient pour eux leurs connaissances de la Torah ; Jésus, lui, avait l’autorité que lui donnait le Saint-Esprit. En promettant à ses disciples qu’ils allaient être baptisés dans l’Esprit, Jésus voulait leur donner d’exercer cette même autorité, la sienne.

  Avez-vous remarqué ce que Luc écrit lorsque Jésus envoie ses disciples en mission ? Jésus appela les Douze et leur donna puissance et autorité sur tous les démons, et pour guérir les maladies. Il les envoya proclamer le règne de Dieu et guérir les malades… (Lc 9.1). De quelle autorité s’agit-il ? La sienne !

  Autre exemple : Après que Pierre ait guéri un infirme de naissance, il est jeté en prison (avec Jean) par les chefs religieux qui ne supportent pas de l’entendre parler de la résurrection de Jésus. On les fait comparaître  et on leur pose la question : Par quelle puissance ou par quel nom avez-vous fait cela ? Pierre répond : C’est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth… que cet homme se présente en bonne santé devant vous (Act 4.10). Et Luc commente l’attitude des chefs religieux : En voyant l’assurance de Pierre et de Jean, ils étaient étonnés, car ils se rendaient compte que c’était des gens du peuple sans instruction… Mais comme ils voyaient debout près d’eux l’homme guéri, ils n’avaient rien à répliquer (Act 4.13).

  Pierre, Jean et les autres n’avaient pas une maîtrise ou un doctorat en théologie comme en ont les pasteurs. Par contre, ils avaient été revêtus de la puissance de l’Esprit à la Pentecôte, ce qui leur permettait non seulement d’enseigner la Parole, comme le font les pasteurs, mais aussi, et c’est cela qui fait parfois toute la différence, de confirmer la vérité de la Parole par des signes : guérisons, miracles… que tous les docteurs en théologie du monde ne pourront jamais produire s’ils n’ont pas reçu ce baptême de l’Esprit promis à tous les croyants.

  Dans beaucoup de communautés chrétiennes, l’annonce de l’Évangile est très éloignée de ce que nous montrent les Evangiles et les Actes. Les faits parlent d’eux-mêmes. La 1ère question qui se pose est la suivante : Sommes-nous assez humbles pour reconnaître que nous manquons cruellement de cette puissance de l’Esprit qui nous est promise, individuellement et communautairement ? La 2e  question : Sommes-nous disposés à recevoir cette puissance ? Si oui, comment faire ?

Le texte des Actes nous donne la réponse : Jésus commande à ses disciples d’attendre la promesse du Père.

Qu’est-ce qui caractérise l’attente ? C’est le désir que l’attente prenne fin, le désir de parvenir au but. Ici, le but est de recevoir l’Esprit promis, afin d’être équipé comme le Seigneur le promet.

  Comment peut-on affirmer que les disciples étaient dans cet état d’esprit ? Le texte nous répond : v 12-14 : Après que les anges leur aient parlé, le texte nous dit : Alors ils retournèrent à Jérusalem… Quand ils furent entrés, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient d’ordinaire… Tous d’un commun accord persévéraient dans la prière, avec les femmes, avec Marie, mère de Jésus, et avec ses frères. Nous voyons que leur attente n’est pas passive, mais active. Le texte ne nous renseigne pas sur le contenu de leurs prières. Mais on peut aisément le deviner : Ils demandent que la promesse se réalise ; ils attendent d’être baptisés dans l’Esprit. Pourquoi ? Parce qu’ils veulent être des témoins bouillants et puissants du Christ ressuscité (v 8).

    Les disciples ont attendu 10 jours. Et le jour de la Pentecôte, ils ont reçu la promesse du Père. Et ils ont tout de suite commencé à témoigner avec puissance : 3000 conversions à la première prédication de Pierre, et de nombreux signes et prodiges (Act 2.41-43).

  Cette promesse est pour chacun de nous aussi, si nous y accordons de l’importance. Si nous avons soif de ce baptême, Christ nous baptisera dans l’Esprit Saint, comme l’avait prophétisé Jean Baptiste : Moi, je vous ai baptisés d’eau ; mais lui (Jésus) vousbaptisera d’Esprit Saint (Mc 1.8).

Avons-nous soif de recevoir la promesse du Père ?


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17 avril 2012

Développer sa vie de prière

 

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Développer sa vie de prière

 

Vous avez le choix d'écouter ou de lire le message qui suit
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Je vous invite d'abord à lire Ephésiens 6.10-18

 

   Dans ce passage, nous voyons que Paul parle de la prière comme une des armes que Dieu donne aux croyants pour pouvoir résister et tenir ferme dans les combats spirituels que les croyants rencontrent au cours de leur vie. Il est donc important d’utiliser cette arme avec son efficacité maximum, l’efficacité que Dieu a voulue pour remporter la victoire. Ce matin, j’aimerais que nous nous laissions enseigner par l’Ecriture pour développer notre vie de prière.

   Les évangiles nous rapportent que Jésus priait souvent, et passait parfois toute la nuit en prière (Lc 6.12). La prière était pour lui la force conductrice de sa vie et le secret de la puissance de son ministère. Même chose pour les apôtres : Tous, d’un commun accord, étaient assidus à la prière, avec les femmes, avec Marie, mère de Jésus, et avec ses frères (Act 1.14). Le NT ne nous montre pas souvent Paul en prière, à l’exception du jour où il a été jeté en prison avec Silas pour avoir délivré une servante d’un esprit de Python (Act 16.25). Mais on ne peut pas imaginer que celui qui a exhorté les croyants à prier sans cesse (1 Thes 5.17) ne mette pas en pratique ses exhortations. Dans chaque génération, tous les grands serviteurs de Dieu ont accordé beaucoup d’importance à la prière. Martin Luther disait : Si je ne réussis pas à passer 2 heures dans la prière chaque matin, le diable aura la victoire dans la journée. John Wesley priait 2 heures par jour et avait l’habitude de dire : Dieu ne fait rien d’autre que de répondre à la prière. On pourrait également citer  Yonggi Cho, ce pasteur sud-coréen qui a commencé à prier tout seul sous une tente plantée dans une banlieue de Séoul, et qui est maintenant pasteur d’une église de plus de 700 000 membres. Lorsqu’on lui demande le secret de cette croissance, il répond simplement : Je prie, j’écoute Dieu et je fais ce qu’il me dit.

    Avec ces exemples, il est difficile de ne pas se rendre compte du déficit important qu’il y a dans notre propre vie de prière. Absorbés par nos activités, nous trouvons difficilement du temps pour la prière, nous le réduisons parfois à la portion congrue. Et lorsque nous prions, nous avons souvent l’impression que nos prières sont inefficaces ; nous expérimentons que notre esprit s’égare souvent, nous manquons de persévérance. Comment pouvons-nous développer notre vie de prière afin d’en faire une arme spirituelle efficace ? Je voudrais indiquer quelques points essentiels.

   Le premier, c’est : Etre discipliné. C’est une clé indispensableN’importe qui sait qu’il doit avoir une discipline s’il veut atteindre les objectifs qu’il s’est fixés. Que ce soit pour passer un examen, acquérir un métier ; ou dans le domaine du sport, des arts (musique, écriture, danse), de la tenue de la maison, de l’éducation des enfants, etc… : tout est une question de discipline librement consentie. Sans discipline, tout va à vau l’eau. Il en est de même pour la prière. Avoir une discipline dans la prière, c’est décider de mettre à part un moment de la journée qui sera consacré uniquement à la prière. J’insiste sur le « uniquement ». En effet, j’ai souvent entendu dire : Je prie en faisant la vaisselle, ou en faisant le ménage, ou en conduisant. Si c’est en plus  d’avoir consacré une demi-heure ou une heure en tête-à-tête avec le Seigneur et rien qu’à cela, je n’ai rien à redire. Mais si c’est une façon habituelle de prier, je crois que dans ce cas, le sens de la prière n’a pas été compris. Imaginerait-on quelqu’un allant voir son meilleur ami pour lui ouvrir son cœur, pour lui parler de choses importantes, alors que ce dernier continue de faire la vaisselle ou de passer l’aspirateur ? La prière, c’est comme un rendez-vous que Dieu nous fixe, un moment privilégié où il veut nous parler cœur à cœur, et écouter ce que notre cœur a à lui dire. Cela demande toute notre attention, et donc, cela s’accommode mal du cliquetis des assiettes et des couverts, du bruit de l’aspirateur et de l’attention que l’on doit avoir en conduisant pour éviter un accident. La discipline librement consentie nous permettra petit à petit de nous réjouir de ce temps mis à part dans notre journée. Nous savons que l’appétit vient en mangeant. Cette discipline nous permettra aussi de ne plus tomber dans la tentation de prier « plus tard » ou « quand j’aurai le temps » ou « quand j’en aurai envie ». Nous savons tous que remettre à plus tard, c’est souvent remettre à jamais. Je ne connais pas beaucoup de personne qui dise, plusieurs fois par semaine : Je déjeunerai quand j’aurai le temps, et qui remette son déjeuner au surlendemain ! De même que nous ne remettons pas notre déjeuner aux calendes grecques, car s’alimenter régulièrement est vital pour notre santé physique, de même, ne remettons pas à plus tard notre rendez-vous de prière avec le Seigneur, car c’est vital pour notre santé spirituelle.

   Le second point, c’est : Entrer dans la présence de Dieu. C’est la première volonté à avoir lorsqu’on entre dans la prière. Pourquoi ? Pour que notre cœur puisse s’ouvrir à Dieu. S’il est ouvert, Dieu pourra nous parler. S’il n’est pas ouvert, nous n’entendrons rien ! C’est dans cette volonté d’ouverture à Dieu que l’Esprit Saint nous révèlera si un obstacle s’interpose entre lui et nous, nous empêchant d’entrer en communion avec lui. Le but du Saint-Esprit, c’est toujours de nous ramener vers Dieu. S’il nous montre une situation, un péché, une habitude, un comportement qui attristent Dieu, demandons pardon, déposons-les à la croix et laissons-les là. Dieu est fidèle et juste : il nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de toute injustice (1 Jn 1.9). La communion totale peut alors être restaurée immédiatement.

   Entrer dans la présence de Dieu, c’est lui demander d’être transparent devant lui. C’est ne pas craindre un regard accusateur de sa part, lorsque nous avons conscience que notre vie n’est pas en ordre. Entrer dans la présence de Dieu, c’est apprendre à tout Lui dire : les craintes, les doutes, les péchés qui nous rendent prisonniers et dont nous avons honte, les souffrances morales, les aigreurs, les non-pardons, les colères dont nous n'arrivons pas à nous débarrasser, les rivalités, toutes ces choses qui rongent notre cœur. Dieu ne nous donne pas rendez-vous pour nous juger ou nous humilier ; mais pour nous pardonner, pour nous guérir, pour nous donner ou nous redonner du courage. Le temps de la prière n’est pas un conseil de discipline où l’on vient en tremblant, redoutant la sanction qui va tomber ! Le temps de la prière c’est un moment où un Père parfait veut entendre son enfant lui ouvrir son cœur, sans rien lui cacher, sans essayer de lui cacher quoi que ce soit, par crainte ou par honte. Si Dieu nous demande une transparence totale, c’est pour éliminer tous les obstacles entre Lui et nous, obstacles qui nous empêchent d’entrer dans la repentance, et donc d’être pardonnés ou guéris ou remis debout. C’est parce qu’il nous aime et veut nous guérir que Dieu nous demande d’être transparents.

   Bien sûr, entrer dans la présence de Dieu, c’est aussi laisser notre cœur exploser de joie devant son amour, sa tendresse, les grâces qu’il nous accorde, l’émerveillement que nous avons devant la beauté de sa Création. Notre Dieu n’est pas un Dieu lointain. Il est Emmanuel, Dieu avec nous. Il s’intéresse à notre vie dans ses moindres détails comme l’exprime le psalmiste : Eternel ! tu me sondes et tu me connais, tu sais quand je m’assieds et quand je me lève, tu comprends de loin ma pensée ; tu sais quand je marche et quand je me couche, et tu pénètres toutes mes voies (Ps 1391-3). Alors, ouvrons lui largement notre cœur.

   Un 3e point essentiel est : Etre à l’écoute de Dieu.  Dans Jn 10.4-5, Jésus dit que les brebis suivent leur berger car elles connaissent sa voix. Et il ajoute : Elles ne suivront point un étranger ; mais elles fuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers. Il est donc important de connaître la voix de Dieu pour ne pas suivre n’importe qui. Quand nous entrons dans la présence de Dieu, il est important que notre cœur soit apaisé afin de pouvoir écouter la voix de Dieu. Dieu parle rarement à haute et intelligible voix, mais par des pensées, des images, des songes, des mots, des passages de l’Ecriture qui s’imposent dans notre esprit. En passant du temps dans la prière avec le Seigneur, nous mettons toutes les chances de notre côté pour qu’il ait le temps de nous parler. Comment pourrions-nous l’entendre si, pendant que nous prions, notre esprit est préoccupé par les rendez-vous qui vont suivre, si nous avons le souci de l’heure ou des diverses tâches qui nous attendent ? Choisissons donc bien le moment de la journée où nous ne serons pas dérangés, ainsi que le lieu où nous sentons le mieux dans la présence de Dieu. Apprenons sérieusement à nous consacrer exclusivement à un cœur à cœur avec Dieu lorsque nous prions et demandons-lui, comme Samuel : Parle, Seigneur, ton serviteur écoute (1 S 3.10).

   Le 4e point est : S’attendre à une réponse de Dieu.  Si nous avions conscience que Dieu est à côté de nous lorsque nous prions, nous ne passerions pas d’un sujet à l’autre aussi facilement que nous le faisons en général. Nous lui ferions une demande précise, et nous attendrions qu’il nous réponde d’une façon ou d’une autre. N’oublions pas que la prière ne se résume pas à parler à Dieu, mais surtout à écouter Dieu. La prière est un dialogue ; n’en faisons pas un monologue. Avez-vous observé comment fait un enfant lorsqu’il demande quelque chose à son père ou à sa mère ? Il attend une réponse. Et la crise de nerfs n’est pas loin si les parents ne répondent pas ! Je me demande parfois si Dieu n’aimerait pas que nous prenions nous aussi une crise de nerfs lorsque nous n’entendons pas sa réponse. Il y verrait au moins une preuve que nous voulons vraiment ce que nous lui demandons, une preuve que nous nous attendons à Lui ! Mais soyons attentifs à ce que nous demandons. L’épitre de Jacques (4.3) nous met en garde : Vous demandez et ne recevez pas, parce que vous demandez mal, afin de tout dépenser pour vos passions. Je crois vraiment qu’aujourd’hui encore, Dieu voudrait parler à chaque croyant comme il parlait à Moïse. Ex 33.11 nous dit : Le Seigneur parlait à Moïse face à face, comme un homme parle à son ami.

   Le 5e et dernier point est : Persévérer.  Dans la parabole du juge inique (Lc 18.1-8), Jésus insiste sur le fait qu’il faut toujours prier, sans se lasser. Cette parabole nous enseigne que nous ne devons pas cesser de prier lorsque la réponse de Dieu se fait attendre. C’est un combat auquel tous les croyants sont confrontés, car l’attente prolongée est souvent démobilisatrice et fait naître le doute. Pour remporter ce combat, il faut avoir foi en ce que Jésus dit dans cette parabole : Dieu ne ferait-il point justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et tarderait-il à leur égard ? Je vous le dis, il leur fera promptement justice (v 7-8). Dieu honore toujours la persévérance.  Lisez aussi le chapitre 10 de Daniel et méditez le v 12 . Après avoir prié et jeûné pendant 3 semaines, Daniel est exaucé : L’ange me dit : Daniel, n’aie pas peur ; dès le premier jour où tu as décidé de comprendre et de t’humilier devant ton Dieu, tes paroles ont été entendues, et c’est à cause de tes paroles que je suis venu.

   Dans toute l’histoire de l’Eglise, le Réveil a toujours été le fruit d’une vie de prière intense. Notre église ne pourra pas faire l’impasse de la prière si nous voulons qu’elle connaisse un Réveil. Ce matin, je veux vous encourager à développer votre vie de prière. C’est à la portée de tous les croyants qui cherchent à être sensibles à l’Esprit et qui veulent être attentifs aux 5 points que je viens de commenter :

Etre discipliné

Entrer dans la présence de Dieu

Etre à l’écoute de Dieu

S’attendre à une réponse de Dieu

Persévérer

 

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26 mars 2012

Ne jugez pas !

 

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 Ne jugez pas !


Je vous invite à écouter 2 passages bibliques (Matthieu 7.1-5 et Jean 8.1-11) qui feront l'objet de la méditation de ce jour.
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    On imagine bien la scène : Jésus est assis sur les marches du Temple et parle à la foule qui a soif d’être enseignée. Soudain, une délégation de scribes et de Pharisiens, spécialistes de la Loi de Moïse, surgissent devant Jésus, traînant de force une femme qu’on vient de surprendre en flagrant délit d’adultère.

  L’air faussement calme, le chef de cette délégation , Torah en mains, s’approche de Jésus, et en pointant du doigt la pécheresse que ses collègues ont placée bien en vue au centre d’un cercle d’accusation, lui dit : Dans la Loi, Moïse nous a prescrit de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu ?

 Un esprit religieux pourrait dire : Enfin des gens droits qui veulent relever le niveau moral du peuple ! Ils veulent faire disparaître du milieu d’eux toute pourriture morale susceptible de contaminer l’ensemble du peuple. Vous avez tous remarqué, en effet, qu’un seul fruit pourri dans un panier peut faire pourrir l’ensemble des autres fruits. Enlevez le fruit pourri, et les autres restent sains. N’est-ce pas vrai ? 

   En réfléchissant à l’accusation de ces gardiens de la morale, on se dit qu’il y a quand même quelque chose qui cloche, car l’adultère se commet à deux !

  Au fait, que dit ce fameux verset qu’ils citent à Jésus (Dt 22.23-24) ? Si une jeune fille vierge est fiancée à quelqu’un, et qu’un homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les ferez sortir tous deux à la porte de la ville, vous les lapiderez, et ils mourront, la jeune fille pour n’avoir pas crié dans la ville, et l’homme pour avoir fait violence à la femme de son prochain.

(Remarque : Seul l’homme était lapidé si l’agression avait eu lieu en rase campagne, car la jeune fille avait pu crier sans que personne ne vienne à son secours Dt 22.25-27)

  Ne trouvez-vous pas étonnant que ces spécialistes de la Loi tronquent ainsi un commandement de la Torah ? Ils oublient tout simplement de parler de l’homme qui, selon la loi, doit être condamné avec la femme !

   Et puis, en réfléchissant un peu, on se demande : Pourquoi n’ont-ils pas réuni directement le Sanhédrin pour juger cette femme, s’ils sont aussi scandalisés qu’ils le disent par ce péché d’adultère ? Pourquoi viennent-ils vers Jésus qui n’a aucun pouvoir de justice ?

  Le verset suivant (6a) nous donne la réponse ? Ils disaient cela pour le mettre à l’épreuve afin de pouvoir l’accuser.

  Voilà donc leur motif caché ! Ils font semblant d’être scandalisés par l’attitude de cette femme, mais en réalité c’est à Jésus qu’ils en veulent. Pour l’instant, ils se moquent pas mal de la morale ; ce qu’ils veulent c’est faire arrêter Jésus par le pouvoir romain en place, en essayant de le piéger sur un commandement de la Loi de Moïse. Pourquoi font-ils cela ? Parce que Jésus leur fait de l’ombre en menaçant la notoriété et l’autorité qu’ils ont sur le peuple. Ils tiennent tellement à garder cette autorité qu’ils sont prêts à tout.

  Leurs motifs et leurs intentions sont clairement exprimées dans le chapitre précédent (7.31-32) : Plusieurs (habitants de Jérusalem) parmi la foule, crurent en lui et disaient : Le Christ, quand il viendra, fera-t-il plus de miracles que n’en a faits celui-ci ? Les Pharisiens entendirent ce que la foule murmurait à son sujet. Alors les principaux sacrificateurs  et les Pharisiens envoyèrent des gardes pour l’arrêter (Jn 7.32). Et un peu plus loin (7.46), le texte nous dit que les gardes avaient tellement été subjugués par les paroles de Jésus qu’ils ne l’avaient pas arrêté. On imagine que ces principaux sacrificateurs et ces Pharisiens étaient fous de rage. Ils tentent donc de compromettre Jésus une nouvelle fois, en leur présentant la femme adultère, et en lui demandant ce qu’il faut faire d’elle.

  Il y a une grande ambiguïté dans l’attitude de ces chefs religieux : Il est vrai que leur but principal est de piéger Jésus pour le discréditer et le faire condamner. Mais il n’est pas moins vrai qu’ils traînent devant Jésus une femme qu’ils méprisent parce qu’elle a commis un adultère.

  Notre problème à nous, êtres humains, hommes et femmes, c’est que nous sommes aveugles sur la gravité nos propres péchés. Et nous éprouvons un immense réconfort lorsque nous pensons avoir trouvé un plus grand pécheur que nous. Pourquoi ? Parce que c’est comme si un gros péché chez les autres, excusait un plus petit péché chez nous. Nous aimons hiérarchiser les péchés. C’est rassurant !

   Soyons attentif au mécanisme subtil qui se déclenche dans notre esprit : Lorsque j’accuse l’autre, lorsque je me focalise sur son péché ; je finis par oublier mon propre péché. Et c’est bien confortable moralement ! Je vois avec précision la paille dans l’œil de l’autre, mais je ne vois pas la poutre qui est dans mon œil (Mt 7.3).

  Ceci devrait nous faire réfléchir sur cette exhortation de Christ : Ne jugez pas ! (Mt 7.1) En effet, le jugement que l’on porte sur l’autre engendre presque automatiquement, sans que l’on s’en rende compte, un aveuglement sur son propre péché. Et ceci a des conséquences redoutables : Lorsqu’on est aveugle sur ce plan, on ne sait plus vraiment ce qu’est la repentance. Nous risquons de devenir comme ce pharisien qui priait : O Dieu,  je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes qui sont accapareurs, injustes, adultères, ou même comme ce péager. (Lc 18.11).

  Quelle est l’intention de Jésus lorsqu’il dit aux accusateurs de la femme : Que celui de vous qui est sans péché lui jette le premier la pierre ? Il veut les amener à sortir de ce cercle vicieux où le jugement qu’on porte sur les autres ne permet plus de voir clairement ses propres péchés. Il veut leur faire prendre conscience qu’ils ne peuvent pas s’ériger en juges de cette femme parce qu’ils sont eux-mêmes pécheurs.

 Il veut leur faire comprendre aussi qu’en condamnant cette femme, ils se condamnent eux-mêmes. Et pour qu’ils comprennent cela, Jésus leur donne du temps. Le texte nous dit : De nouveau, Jésus se baissa et se mit à écrire avec le doigt sur la terre (v 8). Qu’a-t-il écrit ? On ne le saura jamais avec certitude. Tout ce qu’on a pu avancer ne sont que des hypothèses. Alors, je n’en dirai pas plus.

   Par contre, remarquons que Jésus qui connaît parfaitement les intentions malfaisantes de ses adversaires ne cherche pas à se venger. Il veut seulement les amener à réfléchir sur le fait qu’ils s’érigent en juges. Et cela réussit. Le texte nous dit : Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, à commencer par les plus âgés et jusqu’au dernier (v 9). Même devant ses ennemis les plus acharnés, Jésus essaie de parler à leur coeur pour qu’ils trouvent le chemin du salut.

   Voilà donc Jésus seul avec la femme. Jésus se redresse et lui dit : Où sont tes accusateurs ? Personne ne t’a condamnée ?

-         Personne, Seigneur.

-         Moi non plus, je ne te condamne pas. Va et ne pèche plus.

   Jésus est-il laxiste en disant cela ? L’adultère  serait-il une pécadille à ses yeux ? Bien sûr que non ! Remarquons en effet qu’il ne dit pas à la femme : Je te pardonne. Il lui dit : Je ne te condamne pas. En lui disant cela, il lui laisse le temps de mesurer la grâce qui lui est faite. Lorsqu’elle aura compris cette grâce, elle demandera pardon et elle sera pardonnée.

Avons-nous mesuré le poids de la grâce qui pèse sur nos vies ?

   La grâce, c’est ce qui fait que tout en étant pécheurs, Dieu ne tient pas compte de notre péché, parce que nous avons foi en l’œuvre de Jésus à la croix ; nous pouvons lui confesser nos fautes, et être certains d’être pardonnés.

Soyons attentifs à une chose : Jésus ne s’est pas contenté de dire à cette femme : Je ne te condamne pas. Il a ajouté : Va et ne pèche plus. Dieu ne tient pas le coupable pour innocent (Ex 34.7). Mais Dieu pardonne toujours celui qui se repent. C’est la compréhension de ce qu’est la grâce qui va nous pousser à mettre notre vie en ordre, parce que nous voulons honorer celui qui nous a fait grâce de façon totalement imméritée. C’est la compréhension de ce qu’est cette grâce imméritée qui va aussi nous empêcher de juger et condamner les autres lorsqu’ils pèchent.

  Lorsqu’un frère pèche, ne soyons pas son accusateur, ne le jugeons pas. Nous sommes aussi pécheur que lui. Souvenons-nous que nous sommes au bénéfice d’une grâce imméritée. Aidons-le plutôt, dans un dialogue fraternel dénué de tout jugement, comme nous le demande Jésus : Si ton frère a péché, va reprends-le seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère (Mt 18.15). Aidons-le aussi dans la prière ; plaçons-le sous la grâce du Seigneur, afin qu’il vienne de lui-même vers le Christ et se repente. Alors, au lieu de juger, c’est-à-dire de désobéir à Dieu, nous pourrons nous réjouir, car, comme Jésus nous le dit : Tu as gagné ton frère.


 

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21 janvier 2012

Sagesse du monde, Sagesse de Dieu

 

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Sagesse du monde, Sagesse de Dieu


Vous avez le choix d'écouter ou de lire le message qui suit

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Je vous invite à lire les 2 passages bibliques qui sont commentés ci-dessous.

   1 La Sagesse a bâti sa maison, elle a taillé ses sept colonnes. 2 Elle a égorgé une bête, mêlé son vin et dressé sa table. 3 Elle a envoyé ses servantes, elle crie sur les points culminants des hauteurs de la ville : 4 Quiconque est stupide, qu'il fasse un détour par ici ! A celui qui est dépourvu de sens, elle dit : 5 Venez, mangez de mon pain et buvez du vin que j'ai mêlé ; 6 abandonnez la stupidité et vous vivrez, dirigez-vous dans la voie de l'intelligence (Proverbes 9.1-6)

   15 Veillez avec soin sur votre conduite, non comme des fous, mais comme des sages ; 16 rachetez le temps, car les jours son mauvais. 17 C'est pourquoi ne soyez pas sans intelligence, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur. 18 Ne vous enivrez pas de vin : c'est de la débauche. Mais soyez remplis de l'Esprit : 19 Entretenez-vous par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels ; chantez et célébrez le Seigneur de tout votre coeur ; 20 rendez toujours grâces pour tout à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ ; 21 soumettez-vous les uns aux autres dans la crainte de Christ (Ephésiens 5.15-21)

***

    Avez-vous remarqué que lorsqu’on imagine un sage, on se représente souvent un homme âgé avec une grande barbe, calme dans ses attitudes et dans son discours. Ainsi, dans la compréhension commune, la sagesse est sensée venir avec l’âge et les expériences de la vie : plus on aurait vécu d’expériences, bonnes et mauvaises, plus on deviendrait sage. Voyons si la Bible entre dans cette logique.

  Le texte de ce matin représente la Sagesse sous les traits d’une femme. Pas n’importe laquelle puisqu’elle a bâti une sorte de palais avec 7 colonnes sur la façade. Le nombre 7, dans la Bible, c’est le nombre parfait. Cela semble vouloir dire qu’aucune maison n’est plus belle que la maison de Mme Sagesse. Non seulement cette maison est belle, mais il fait bon y vivre, car Mme Sagesse a préparé un banquet pour tous ceux qui seront invités et qui accepteront l’invitation : viandes succulentes et vin aromatisé (c’est sans doute ce que veut dire vin mêlé).

  Lorsque tout est prêt, elle envoie ses servantes pour lancer les invitations à tous les hommes. Mais, comme si cela ne suffisait pas, elle se charge aussi elle-même d’inviter. Et pour que personne ne puisse dire : je n’étais pas au courant de cette invitation…, elle se place sur les hauteurs de la ville, pour que tous les habitants l’entendent (v 3).

   Le livre des Proverbes insiste particulièrement sur la volonté qu’a Mme Sagesse de s’adresser à tous les hommes : elle ne susurre pas dans des endroits où il n’y a personne. Non ! elle crie là où se trouvent les hommes : C’est au sommet des hauteurs près de la route, c’est à la croisée des chemins qu’elle se place ; à côté des portes, au seuil de la ville, à l’approche des entrées, elle fait entendre ses cris : hommes c’est à vous que je crie, et ma voix s’adresse aux humains (Pr 8.2-4 ; Cf Pr 1.20-21).

  Dans le texte de ce matin, l’invitation est surprenante, directe, pas diplomatique pour un sou : Quiconque est stupide, qu’il fasse un détour par ici ! (v 4). Mme Sagesse ne caresse pas ceux qui l’entendent dans le sens du poil ; et elle a même l’air de sous-entendre qu’il y a beaucoup de stupides dans cette ville. Et elle leur donne un conseil : Venez, mangez de mon pain et buvez du vin que j’ai mêlé ; abandonnez la stupidité et vous vivrez, dirigez-vous dans la voie de l’intelligence !

  Remarquons une chose importante : Son palais a beau être magnifique, ce n’est pas le fait de s’y trouver qui va rendre intelligents les stupides. C’est le fait de manger la nourriture qu’elle a préparée. De même que ce n’est pas le fait d’entrer chez Troisgros à Roanne ou chez Lassère à Paris qui va vous nourrir et vous régaler;  c'est de vous mettre à table chez eux !

  Deux remarques importantes :

  1) L’intelligence dont parle Mme Sagesse n’a rien à voir avec les capacités intellectuelles ; il s’agit de l’intelligence du cœur.

   2) La nourriture dont elle parle (le pain et le vin, v 5) n’est pas une nourriture physique (pour le corps), ni même intellectuelle (pour l’intelligence) ; c’est une nourriture spirituelle (pour l’esprit), c’est-à-dire capable d’établir, d’entretenir et d’approfondir un lien vivant entre Dieu et l’homme.

  En effet cette nourriture qui rend intelligent les stupides, c’est la Parole de Dieu. Souvenez-vous : Avant que son peuple entre dans la Terre promise, Dieu lui a dit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Dt 8.3) ; il voulait parler des commandements. Et Dieu ajouta : Reconnais en ton cœur que l’Eternel, ton Dieu, t’éduque comme un homme éduque son fils. Tu observeras les commandements de l’Eternel, ton Dieu, pour marcher dans ses voies et pour le craindre (Dt 8.5-6). 

  Dans la Bible, Sagesse et Intelligence ont le même sens (Pr 8.1). Cette sagesse et cette intelligence sont offertes aux hommes pour leur permettre d’entrer dans la connaissance de Dieu et dans l’obéissance à ce qu’il dit : Le début de la sagesse, c’est la crainte de l’Eternel, dit le proverbe (9.10). (Je rappelle que la crainte de Dieu n’est pas la peur que Dieu inspire. C’est le désir de l’honorer, de marcher dans ses voies et donc de lui obéir).

  Plusieurs textes du Nouveau Testament exhortent les hommes à rechercher la  sagesse et à rejeter la stupidité. Dans la parabole des 10 vierges (Mt 25.1-13), on voit que 5 d’entre elles sont dans l’attente de la rencontre avec l’époux. On sent que cette rencontre est au centre de leur vie, car elles prévoient de l’huile pour leurs lampes afin d’accueillir l’époux dignement. Pour les 5 autres, cette rencontre est secondaire, et elles agissent avec légèreté et négligence : elles oublient de prendre de l’huile. Les unes sont qualifiées de sages ; les autres de folles.

  Même opposition sagesse/stupidité dans la parabole des deux hommes qui construisent chacun leur maison (Mt 7.24-27) : l’un accorde de l’importance aux fondations ; il construit sur le rocher (de la Parole de Dieu). L’autre construit sur le sable (de la sagesse humaine). On sait ce qui est arrivé lorsque la tempête (de la vie) s’est levée ! Une maison a résisté, l’autre a été détruite.

  Dans le texte d’Ephésiens, on retrouve la même exhortation : Veillez donc avec soin sur votre conduite, non comme des fous, mais comme des sages. Si nous n’avions pas encore compris comment l’homme peut trouver la sagesse dont parle la Bible, le v 17 nous le dit clairement : C’est pourquoi ne soyez pas sans intelligence, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur. Comprendre et faire la volonté de Dieu, voilà ce qu’est la sagesse. Cette volonté s’exprime dans les Ecritures. Chacun peut donc en prendre connaissance. Nous voyons bien que la Sagesse, selon la Bible, n’est pas liée à l’âge, ni aux diverses expériences heureuses ou malheureuses que l’homme a pu faire.

  Dieu et Sagesse ne sont qu’un. Il a tout préparé pour que les hommes qui se croient sages (parce qu’ils ont reçu et développé des capacités intellectuelles étonnantes) sortent de leur stupidité qui les conduit à l’impasse spirituelle. Il a envoyé ses serviteurs et ses servantes (les prophètes) pour montrer aux hommes le chemin de la vraie sagesse, la sagesse selon Dieu. Il les prévient lui-même, dans la personne de Jésus-Christ qui a dit : Moi, je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif (Jn 6.35).

  Beaucoup d’hommes préfèrent le pain et le vin que le monde nous offre. Ils s’en délectent sans modération jusqu’à être ivres de vanité, d’orgueil, de suffisance ; mais lorsque l’ivresse est passée, c’est la gueule de bois de l’amertume  et de la désespérance, de la solitude et du vide qui prend le relais. Car ce pain-là ne rassasie pas et ce vin-là ne désaltère pas le coeur profond. C’est comme une drogue qui maintient l’homme dans un état second, et qui le trompe sur le but de la vie. Le pain et le vin du monde ne comblent les désirs que pour un instant ; mais l’instant d’après, il laisse un vide dans le cœur et dans l’âme, car la sagesse de ce monde est une folie devant Dieu, dit Paul (1 Co 3.19). N’êtes-vous pas frappés par la fin souvent pitoyable (suicide, drogue, alcool) de nombreux artistes ou vedette du cinéma et de la chanson ?  Ils avaient la beauté, l’argent, la gloire, l’admiration (pour ne pas dire l’adulation) des foules, ainsi que tout ce que le monde peut offrir de plus beau : les palaces, les voitures et les demeures de luxe, les yachts, les fêtes grandioses, les voyages de rêve, les relations avec ceux qu’on appelle « les grands de ce monde »… bref, une vie que des millions d’anonymes leur envie !

   Face au caractère flamboyant de ces vies montrées comme des modèles de réussites par les média people, que pèsent les mots de l’apôtre ? : Veillez donc avec soin sur votre conduite, non comme des fous mais comme des sages ; faites un bon usage du temps présent car les jours son mauvais. C’est pourquoi ne soyez pas sans intelligence, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur. Ne vous enivrez pas de vin : c’est de la débauche. Mais soyez remplis de l’Esprit.

    Que pèsent-ils ces mots ? Pas lourd pour ceux qui ont décliné l’invitation de Mme Sagesse à venir goûter les mets qu’elle a préparés. On le voit bien autour de nous, parfois dans nos propres familles ! Combien d’hommes vivent comme si Dieu n’existait pas, comme si la Bible n’était qu’un simple conte pour utopiques invétérés !

   Et pour vous qui lisez ce texte, quel poids ont-ils ces mots ? Le menu que nous propose l’apôtre pour être rempli de l’Esprit est-il notre menu quotidien ? Ou bien est-ce le menu des occasions exceptionnelles ? Je rappelle le menu : Entretenez-vous par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels ; chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur ; rendez toujours grâces pour tout à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ ; soumettez-vous les uns aux autres dans la crainte du Christ.

   Si vous allez au culte ou à la messe le dimanche matin, j’ai envie de dire que c’est le dessert supplémentaire, le dessert de fête de la semaine. Mais avez-vous des repas spirituels complets et équilibrés les 6 autres jours ? Quelle place accordez-vous chaque jour à la méditation de la parole de Dieu et à la prière ?

   Nous savons tous qu’il faut manger 5 fruits et légumes chaque jour et faire au moins 3 demi-heures d’exercice physique par semaine pour bien se porter physiquement. Et nous mettons tout en œuvre pour atteindre ce but. En est-il de même pour notre santé spirituelle ? Ne soyons pas des chrétiens anorexiques ! Nourrissons-nous avec délectation et reconnaissance de la nourriture spirituelle que nous offre l’Ecriture.

    Soyez remplis de l’Esprit Saint, nous dit l’apôtre (Eph 15.18). Ecoutons-le, car seul l’Esprit Saint permet aux croyants de ne pas confondre sagesse du monde et Sagesse de Dieu. Il leur permet aussi de résister aux sirènes du monde et de choisir librement le chemin de vérité et de vie avec le Christ.  


 

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03 décembre 2011

Le péché contre le Saint-Esprit

JARDIN DE TEMENI (7).JPG

Dites que l'arbre est bon et que son fruit est bon,

ou dites que l'arbre est mauvais et que son fruit est mauvais,

car on reconnaît l'arbre à son fruit (Mt 12.33)


Le péché contre le Saint-Esprit

 

   Prenez d'abord le temps de lire Matthieu 12.22-37

 

   Je vais plus particulièrement examiner avec vous les v 33-37 qui constituent l’enseignement de Jésus concernant le péché contre le Saint-Esprit. Mais il est important de lire à partir du v 22 pour replacer les paroles de Jésus dans leur contexte. En effet, s’il réagit en prononçant des paroles aussi solennelles et graves (quiconque parlera contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle, ni dans le siècle à venir), c’est parce des Pharisiens en apprenant que Jésus a délivré un démoniaque aveugle et sourd-muet, mettent cette guérison, non pas sur le compte de la puissance de Dieu, mais sur le compte de la puissance de Satan. En fait, ces Pharisiens accusent Jésus de faire l’œuvre de Satan !

Comment des chefs religieux en sont-ils arrivés à une telle dérive ?

   De nos jours, beaucoup de chrétiens, qu’ils soient paroissiens ou responsables d’église, ne croient pas à l’existence des démons, malgré tous les récits du NT où l’on voit Jésus ou les apôtres chasser des démons. Ce n’était pas le cas des Pharisiens. Ils croyaient à l’existence des démons ; ils croyaient que les hommes pouvaient être habités par des démons. Et ils croyaient qu’une personne peut être délivrée de démons. La preuve, c’est qu’il y avait à cette époque des exorcistes juifs qui chassaient les démons (cf v 27 et Actes 19.13), sans que les Pharisiens s’opposent à eux.

  Lorsque les Pharisiens de notre texte ont appris qu’un démoniaque avait été délivré par Jésus (v 22), que cet homme avait retrouvé la vue et l’usage de la parole, ils auraient dû avoir la même réaction que la foule qui avait assisté à cette délivrance : être étonnés, émerveillés.  En effet, le bon sens élémentaire ne peut  voir qu’un bon fruit dans cet acte de délivrance d’un homme. C’est pour essayer de leur montrer la gravité de leur hostilité partisane à son égard que Jésus leur dit : Si Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même, comment donc son royaume subsistera-t-il ? (v 26). Si je parle d’hostilité partisane, c’est que ces pharisiens savent, au fond d’eux-mêmes, que cette délivrance opérée par Jésus vient de Dieu. En effet, ils n’ignorent pas que Satan ne libère jamais les hommes, mais au contraire, oeuvre pour les rendre prisonniers. La preuve, c’est qu’ils savaient et admettaient que des coreligionnaires Juifs chassent eux aussi les démons. Jésus les place devant leur contradictions : Et si moi, je chasse les démons par Béelzébul, vos fils par qui les chassent-ils ? (v. 27).

   Pour essayer de les faire sortir de leur opposition systématique, Jésus va faire appel à leur connaissance du Pentateuque où un récit rapporte qu’à l’occasion de la 3e plaie d’Egypte, les magiciens du Pharaon, incapables de reproduire cette plaie (comme ils l’avaient fait pour les 2 premières), avaient mis en garde le Pharaon contre un endurcissement qui allait se révéler dramatique pour lui et son pays, en lui disant : C’est le doigt de Dieu ! (Ex 8.15). Jésus leur dit : Mais si c’est par l’Esprit de Dieu (= par le doigt de Dieu) que moi, je chasse les démons, le Royaume de Dieu est donc parvenu jusqu’à vous (v 28). C’est comme si Jésus leur disait : Ne soyez pas aussi stupides que Pharaon qui, malgré les avertissements de ses magiciens, a voulu nier que c’est Dieu qui opérait les signes par Moïse.

   Jésus veut placer ces pharisiens devant l’incohérence de leurs paroles et de leur façon de penser pour qu’ils sortent de la spirale infernale de l’opposition à sa personne, cette opposition forcenée qui les entraîne, à la vue d’une œuvre merveilleuse de libération d’un homme, à dire que Jésus opère par la puissance de Satan. On est là au comble de l’ignominie ! Et on mesure la puissance d’aveuglement qui peut tous nous atteindre, quand, pour une raison ou pour une autre, on s’oppose à Dieu.

   Ils auraient dû être les plus aptes à discerner et à proclamer qu’un acte est bon ou mauvais, puisqu’ils connaissaient la Torah et étaient les guides spirituels du peuple. Alors, pourquoi accusent-ils Jésus de collusion avec Satan ?

  Jésus nous donne la réponse au v 34 : C’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. Que veut dire cette phrase ?

   Pour bien comprendre, je me sers de l’image que Matthew Henry a employée : Le cœur est la source, les paroles sont les ruisseaux.

   On comprend aisément que si l’eau de la source est pure, l’eau du ruisseau le sera aussi. Mais si l’eau de la source est boueuse, l’eau du ruisseau le sera aussi. Aussi longtemps que la source sera trouble, l’eau du ruisseau le sera aussi.

   Pour nous faire comprendre cette règle qui n’a pas d’exception, Jésus se sert de deux images : L’image de l’arbre et de son fruit, et l’image du trésor que l’on porte en soi.

L’image de l’arbre et de son fruit nous permet de démasquer les apparences, les faux semblants chez les autres, mais aussi en nous. Jésus dit : On reconnaît l’arbre à son fruit. Cela veut dire que pour juger de l’état bon ou mauvais d’un arbre, on doit regarder la qualité de son fruit.

   Nous avons tous fait l’expérience d’arbres fruitiers d’apparence splendide, beau feuillage, belle ramure, et qui pourtant ne donnent pas de fruits ou des fruits rabougris, véreux ou pourris. Aussi beaux soient-ils d’apparence, ces arbres sont de mauvais arbres, car leurs fruits sont mauvais ou inexistants.

   Les Pharisiens de notre texte avaient sans doute une belle apparence religieuse. Et beaucoup d’hommes pouvaient s’y laisser prendre et être séduits par leurs paroles et leurs attitudes pieuses. Mais la réflexion qu’ils font en apprenant la délivrance du démoniaque aveugle et muet (v 24) trahit l’état de leur cœur : En connaissance de cause, ils disent le contraire de ce qu’ils savent être la vérité.  Leur fruit est mauvais. Jésus les démasque : Races de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, mauvais comme vous l’êtes ? (v 34).

  Ils sont mauvais dans le sens que leur cœur est devenu orgueilleux parce qu’ils ont une haute opinion d’eux-mêmes et de leur rôle de responsables religieux. Ils ne supportent pas que Jésus vienne ébranler leur autorité et attirent les foules à lui en opérant des guérisons et en chassant des démons. Cet orgueil les entraîne dans l’opposition à la personne, à la parole et à l’œuvre de Jésus, ce qui les rend capables de dire que Jésus a opéré cette délivrance par la puissance du prince des démons, alors qu’ils savent parfaitement que ce n’est pas vrai. C’est cela le blasphème contre le Saint-Esprit.

   Mais ils font pire, si je puis dire, puisqu’ils essaient d’entraîner les témoins de la délivrance, qui ont loué Dieu, à adopter leur point de vue, c’est-à-dire à blasphémer comme eux. Remarquons, en effet, qu’ils ne s’adressent pas directement à Jésus, mais clament à qui veut l’entendre : Cet homme ne chasse les démons que par Béelzébul, prince des démons (v 24). Dans plusieurs autres passages, on voit leur opposition à Jésus se manifester dans leurs tentatives de le piéger, de le mettre à l’épreuve (Mt 22.15 ; 35), de nier l’évidence, dans l’épisode de la guérison d’un aveugle-né (Jn 9.32), ou de comploter pour le faire mourir (Mt 12.14 ; 26.4 ; Mc 3.6).

L’autre image employée par Jésus est celle du trésor que l’on porte en soi. Ce trésor, c’est notre être profond, notre cœur profond. Notre cœur profond s’exprime à travers des mots et inversement, les mots, les paroles que nous prononçons reflètent fidèlement l’état de notre cœur profond. C’est ce trésor, ce cœur profond qui dirige concrètement toute notre vie, en bien ou en mal. Jésus le dit clairement : L’homme bon tire du bien de son bon trésor, et l’homme mauvais tire du mal de son mauvais trésor (v 35). Un commentateur, Pierre Bonnard, écrit : Le blasphème des pharisiens et leur parole contre Jésus ne sont pas accidentels ; ils correspondent à ce que les adversaires de Jésus sont dans leur cœur. Races de vipères, leur dit Jésus, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, mauvais comme vous l’êtes, c’est-à-dire avec un cœur qui s’oppose, en toute connaissance de cause, aux œuvres que Dieu fait à travers moi. L’esprit d’opposition à Jésus engendre automatiquement un aveuglement profond qui place l’homme dans une position peu enviable : Au jour du jugement, dit Jésus, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu’ils auront proférée (v 36).

 Une parole vaine n’est pas une plaisanterie ou une parole sans importance, mais un mauvais fruit, c’est-à-dire une parole  qui s’oppose sciemment à la personne et à l’œuvre du Christ. Jésus nous montre de nouveau, au dernier verset, la gravité de cette attitude : Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné (v 37).

A quoi nous ce texte nous invite-t-il ?

   A prendre conscience de la puissance d’aveuglement que constitue l’opposition à Christ, à sa parole et à son œuvre. Je suis frappé de voir que des croyants nient la résurrection de Christ, alors que c’est un point central de la foi. Paul a clairement dit les choses : Si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés et ceux qui sont morts en Christ sont perdus. Si c’est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes (1 Co 15.17-19). Je suis frappé lorsque j’entends des chrétiens nier l’existence de Satan et parler de lui comme d’un concept, alors que la victoire du Christ sur la mort est aussi le signe de la victoire de Christ sur le prince de ce monde. Nier cela revient à dire que la mort de Christ et sa résurrection n’ont servi à rien, contrairement à la vision de Jean dans Ap 20.10 : Satan est jeté dans l’étang de feu et de soufre d’où il ne pourra jamais plus nuire aux hommes.

   Ce texte nous invite aussi à prendre conscience que nos paroles (mais aussi nos actes) révèlent toujours ce qu’il y a dans notre cœur profond. Et donc, à faire un diagnostic de l’état de notre être profond en « analysant » nos paroles et nos actes. Il ne s’agit pas de faire de l’introspection maladive. Il s’agit de ne pas nous opposer au Saint-Esprit lorsque ce dernier nous montre que nos paroles et nos actes contredisent ce que nous dit l’Évangile. C’est seulement après cette prise de conscience que nous pouvons dire au Seigneur : Toi seul peut purifier la source de mon cœur ; toi seul peut me donner le bon trésor pour faire ta volonté ; toi seul peut me faire porter de bons fruitsSeigneur, j’ai besoin de ton aide, j’ai besoin de ta grâce.

Ne doutez jamais que le Seigneur exauce toujours cette prière.

   Je veux aborder un dernier point pour rassurer ceux qui pensent qu’ils ont pu blasphémer contre le Saint-Esprit et se trouver ainsi sous le jugement terrible exprimé par Jésus : ne pas être pardonné ni dans ce siècle, ni dans le siècle à venir (v 32).

   Il faut d’abord comprendre que cette parole de Jésus n’est pas donnée pour nous condamner, mais pour nous prévenir des dangers qu’il y a s’opposer, en toute lucidité, à l’œuvre de salut de Christ. Jésus est mort sur la croix non pour condamner les hommes, mais pour les SAUVER.

  Le corolaire de cela, c’est que celui a peur d’avoir péché contre le Saint-Esprit, par ignorance ou dans une période de sa vie où il a blasphémé contre Dieu, peut avoir la certitude que sa peur même d’avoir commis ce péché est la preuve qu’il ne veut pas s’opposer pas à Dieu, ou qu’il s’en est repenti. Il n’est donc pas sous le coup de ce jugement. En effet, ce qui ne pourra jamais être pardonné, c’est l’attitude de ceux, croyants ou non, qui persistent à s’opposer sciemment à l’œuvre du Christ, parce que cette attitude les met hors d’état de se repentir et donc de recevoir le pardon. Dieu nous laisse libre d’accueillir Christ et son œuvre, ou de les rejeter. Mais son cœur de Père nous dit : Choisis la vie ! (Dt 30.19).


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14 novembre 2011

Les ténèbres et la lumière

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Les ténèbres et la lumière

 

Je vous invite d'abord à lire Genèse 1.1-5 puis Jean 1.1-13

 

  Ce n’est pas un hasard, si l’Evangile de Jean commence par la même expression que le livre de la Genèse : Au commencement. Derrière cette allusion au récit de la Création, Jean veut nous faire comprendre une chose essentielle : Les hommes naissent dans les ténèbres, mais Christ est venu sur la terre pour leur apporter la lumière. Comprendre cela, c’est l’a.b.c. de la foi chrétienne.

  Que nous disent les premiers versets de la Genèse ? Au commencement, c’est-à-dire lorsque Dieu est intervenu pour la première fois, la vie n’existait pas ; ce n’était que tohou ve bohou, comme le dit le texte hébreu, c'est-à-dire vide et néant, et c’était le règne des ténèbres.  Pour remédier à ces ténèbres et pour que la vie apparaisse, la première chose que Dieu a faite, c’est de créer la lumière. Le texte précise qu’il l’a séparée des ténèbres (v 4), afin qu’il n’y ait pas de confusion possible entre les ténèbres et la lumière. Après cela, le texte nous dit que Dieu vit que la lumière était bonne (v 4), sous-entendu, bonne pour l’homme que Dieu allait créer par la suite.

  Lorsqu’on lit le début de l’évangile de Jean, on est frappé par les multiples allusions qu’il fait aux premiers versets de la Genèse. Jean parle aussi de lumière et de ténèbres. Là où Genèse dit que Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres, Jean écrit que la lumière brille dans les ténèbres. Là où Genèse dit que Dieu créa le ciel et la terre, Jean écrit  que tout a été fait par la Parole, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle.

  Remarquons que Jean parle de la Parole, puis de la lumière. Il passe de l’un à l’autre sans les différencier : En elle (la Parole) était la vie, et la vie était la lumière des hommes (v 3). Un peu plus loin,  il parle de la véritable lumière qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme (v 9). Pour lui, Parole et Lumière désignent un seul et même personnage : le Christ.

  Le parallèle entre Gn 1 et Jn 1 est suffisamment clair pour qu’on puisse énoncer la leçon à en tirer : Le commencement, c’est le temps où Dieu a entrepris son plan de salut. De même que pour que la vie apparaisse sur terre, et qu’il soit mit fin aux ténèbres et à la confusion, Dieu a créé la lumière et l’a séparée des ténèbres ; de même pour que l’homme connaisse la vie, pour qu’il ne reste pas dans la confusion et prisonnier des ténèbres, Dieu a donné Jésus-Christ. Et c’est lui qui a dit : Moi, la lumière, je suis venu dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres (Jn 12.46).

 De quelles ténèbres les hommes sont-ils prisonniers ? Des ténèbres de la nature pécheresse que nous avons tous héritée d’Adam, parce qu’il a désobéi à Dieu dans le Jardin d’Eden. Relisez attentivement Gn 5.1 et 3. En 5.1, le texte nous dit qu’Adam fut créé à la ressemblance de Dieu ; mais en 5.3, le texte nous dit qu’Adam engendra un fils à sa ressemblance, c’est-à-dire non plus à la ressemblance de Dieu, mais à la ressemblance de son père qui, entre temps, était devenu pécheur.

   L’apôtre Paul a souligné les conséquences dramatiques des ténèbres qui nous habitent à cause de cet héritage : les tendances de la chair (c’est-à-dire les tendances de l’homme qui ne vit pas encore dans la lumière du Christ) sont ennemies de Dieu, parce que la chair ne se soumet pas à la loi de Dieu, elle en est même incapable (Rm 8.7). Pour remédier à cela, Christ est venu dans ce monde. D’abord pour que les hommes prennent conscience qu’ils sont dans les ténèbres. Ensuite pour les sortir de ces ténèbres en leur donnant la lumière de la vie.

   La prise de conscience est primordiale, essentielle ; sans elle, en effet, aucun changement n’est possible. Elle est essentielle, mais beaucoup d’hommes n’admettent pas qu’ils sont dans les ténèbres. Je me souviens de la réflexion d’une personne qui, à propos de ce problème disait : C’est scandaleux de culpabiliser les hommes. Je ne me sens pas pécheur !

   Cette réaction violente et courante, inhérente à notre nature pécheresse, est vieille comme le monde. C’est la raison pour laquelle Jean insiste tant sur l’aveuglement spirituel des hommes. A trois reprises, il mentionne le fait que la lumière (Christ) est bel et bien venue dans notre monde, mais que de nombreux hommes ne veulent ou ne peuvent pas la voir : v 5 : La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas accueillie ; v 10 : La lumière était dans le monde et le monde a été fait par elle, et le monde ne l’a pas connue ; v 11 : La lumière est venue chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçue.

  Comment appelle-t-on un homme qui marche en plein jour, mais qui pourtant ne voit rien de ce qui est autour de lui ? C’est un aveugle, physiquement parlant. La lumière parvient bien à son oeil, mais son nerf optique malade ne la transmet pas au cerveau. Il est dans les ténèbres.

  Spirituellement, il se passe exactement la même chose. Jésus-Christ, la lumière du monde, est venu dans notre monde pour éclairer l’esprit de tout homme. Et pourtant, dans notre pays, une écrasante majorité de nos contemporains sont aveugles, spirituellement parlant. Cela signifie-t-il que Dieu aurait besoin d’un conseiller en communication pour faire passer son message de salut ? Pas du tout ! Dieu a bien fait tout ce qu’il fallait pour faire comprendre aux hommes l’urgence qu’il y a à sortir des ténèbres, et à venir vers la lumière. Dieu explique tout cela dans la Bible. Encore faut-il que les hommes ouvrent la Bible et la lisent sérieusement, c’est-à-dire en tenant compte de ce qu’ils lisent.  Seule la connaissance de ce que dit la Bible et la volonté de s’y soumettre est capable de faire sortir un homme de son aveuglement, de ses ténèbres spirituelles. Dieu l’a voulu ainsi. C’est par l’enseignement qu’elle nous donne, par la connaissance de la vie et de l’œuvre de Christ que l’homme comprend :

1)     Que sa nature héritée d’Adam le place sous la colère de Dieu et sous son jugement : Tous les hommes ont péché et sont privés de la gloire de Dieu (Rm 3.23)

2)     Que Dieu lui offre, gratuitement, le salut en Jésus-Christ, car il l’aime  et ne peut pas se résoudre à le voir se perdre : Mais ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption  qui est dans le Christ-Jésus (Rm 3.24).

   Il est particulièrement important de comprendre que sans une prise de conscience aigue de notre condition de pécheurs qui nous condamne à la mort spirituelle,

1) notre repentance sera formelle, ou superficielle ; ou même inexistante.

2) nous serons dans l’incapacité de comprendre, existentiellement (pas intellectuellement), le sens profond du sacrifice de Jésus à la croix.

3) nous ne comprendrons pas non plus ce que signifie le salut par grâce.

  Dans ces conditions, la vie chrétienne se réduit à une pratique routinière; ou à une habitude que l’on perd vite dès que survient le moindre changement de vie. Elle peut être aussi une illusion mensongère : Je crois en Dieu, mais je ne pratique pas !

  La vie chrétienne est trop souvent confondue avec

-         une morale : il ne faut pas voler, ni mentir…,

-         une pratique religieuse : Dès que je peux, je vais à l’église,

-          une expérience du passé : J’ai été baptisé et j’ai fait ma confirmation,

-          une cérémonie future : Il y aura une cérémonie au Temple avant mon enterrement.

   Pour beaucoup de nos contemporains ceci est suffisant pour être qualifié de croyant. Paul a voulu combattre cette fausse compréhension de la foi, en prenant l’exemple de la circoncision, signe de l’alliance entre Dieu et son peuple. Beaucoup de Juifs se sentaient en règle avec Dieu simplement parce qu’ils étaient circoncis. Paul leur dit : Le Juif, ce n’est pas celui qui en a les apparences ; et la circoncision, ce n’est pas celle qui est apparente dans la chair. Mais le Juif, c’est celui qui l’est intérieurement ; et la circoncision, c’est celle du cœur, selon l’esprit et non selon la lettre (Rm 2.28-29).

     Comprenons bien ce que Paul veut nous dire : La vie chrétienne, c’est une vie de foi en Jésus-Christ. Et la foi c’est une relation intime avec Dieu qui se vit dans la confiance, la soumission, l’obéissance et la dépendance.  Devenir croyant c’est un changement radical, puisque c’est passer des ténèbres à la lumière, comme le dit Paul : Autrefois, en effet, vous étiez ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière ; car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité (Eph 5.8).

  Devenir croyant, c’est passer obligatoirement par une nouvelle naissance, comme nous le dit le texte : Mais à tous ceux qui ont reçue la lumière (Christ) elle a donné le pouvoir de devenir enfant de Dieu, à ceux qui croient en son nom et qui sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu (Jn 1. 11-13). Que signifie : naître de la volonté de Dieu ? Cela signifie que l’initiateur de cette nouvelle naissance, de cette naissance spirituelle, et Celui qui la rend possible, c’est Dieu lui-même par Jésus-Christ.

  L’homme n’a qu’une seule chose à faire pour naître de nouveau : Reconnaître que sans la foi en Christ il est dans les ténèbres ; et donner sa vie à Christ. Dieu fait le reste. La nouvelle naissance, indispensable pour entrer dans le Royaume de Dieu (Jn 3.5), c’est l’œuvre exclusive de Dieu, avec le consentement émerveillé et reconnaissant de l’homme. On n’est pas sauvé en présentant à Dieu la liste de ses états de service : Regarde, Seigneur, tout ce que j’ai fait pour toi ! Le salut ne se mérite pas ! Etre enfant de Dieu ne se mérite pas non plus. C’est seulement par grâce que nous pouvons le devenir, lorsque, en accueillant le Christ, Dieu nous fait passer par la nouvelle naissance pour nous sortir des ténèbres. Autrefois, en effet, vous étiez ténèbres, dit Paul, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur (Eph 58.8).


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17 août 2011

Découvrir le pardon et l'amour du Père

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Découvrir le pardon et l'amour du Père

 

   Je vous invite d'abord à lire Lc 15.11-32                             


Voici 2 fils qui suivent des chemins bien différents. Et pourtant, chacun est certain qu’il est sur la bonne voie : Le plus jeune est certain que sa liberté se trouve dans l’indépendance vis-à-vis de son père. Il agit en conséquence : il demande sa part d’héritage et coupe les ponts avec son père.

L’aîné est certain de mériter l’amour de son père. Cette conviction de mériter l’amour de son père est encore renforcée lorsqu’il se compare avec son vaurien de frère : Lui n’a pas demandé sa part d’héritage ! Lui a fait son devoir de fils en travaillant dur pour son père, sans désobéir, sans jamais rien lui demander ! Lui a eu une vie droite ! Alors que l’autre a vécu dans la débauche et dilapidé l’argent de son père avec des prostituées ! Il a un accès de fureur lorsqu’il constate l’injustice que son père lui fait subir lorsqu’il apprend la fête qui se déroule dans la maison familiale, parce que l’autre est revenu ! : Tu as osé tuer le veau gras, pour lui, alors que tu ne m’as jamais donné  un seul chevreau pour me réjouir avec mes amis !

   Honnêtement, cela ne vous est-il jamais arrivé d’avoir une réaction semblable. Je ne parle pas de l’avoir exprimée avec virulence, comme dans ce texte. Nous savons ce qui est pieux, ce qui peut se dire et ce qui ne doit pas se dire ! Mais de l’avoir pensé ? Lorsqu’on a le sentiment de mériter l’amour de Dieu, on trouve que c’est injuste que Dieu pardonne aussi facilement ceux qui sont des pécheurs notables, comme ce fils cadet ! Si Dieu pardonne si facilement, à quoi servent les efforts que l’on fait pour mériter l’amour de Dieu ? Les ouvriers de la 1ère heure trouvent aussi que c’est parfaitement injuste que les ouvriers de la 11e heure reçoivent le même salaire qu’eux ; eux qui ont travaillé toute la journée sous le soleil ! (Mt 20.11-12). Eh oui ! Depuis notre petite enfance, nous sommes imprégnés de la logique du mérite ! Et nous avons tant de mal à comprendre la logique de l’amour de Dieu !

   Apparemment, le parcours de ces deux frères semble bien différent. Et pourtant, ces deux fils se ressemblent sur un point : Ni le rebelle, ni le consciencieux ne connaissent vraiment leur père. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas encore expérimenté son amour. Je vous propose de regarder de près le parcours du plus jeune fils.

  Pensez-vous qu’il aurait voulu se séparer de son père s’il avait su que la relation avec son père était la source de sa vie ?

   Non ! En effet, tout le monde sait, même lui, que lorsqu’on se coupe de sa source, volontairement ou involontairement, on se coupe de soi-même, on se coupe de son centre. Mais ce fils ignore que son Père est sa source. Il ignore l’importance vitale du lien avec le père. Donc il rompt les relations. Le texte nous dit : il partit pour un pays lointain ; il met de la distance entre son père et lui, car il pense que loin de lui, il sera libre. Le grand mot est lâché : LIBERTE. Faire enfin ce qui lui plait, sans aucune contrainte ! Il soupire après cette liberté-là.  Mais c’est le contraire qui se produit ; il devient esclave : il dissipa sa fortune en vivant dans la débauche (v 13). L’esclavage ne consiste pas seulement à être sous la domination d’un homme. L’esclavage officiel n’existe plus aujourd’hui, mais on peut cependant être l’esclave de tant de choses : l’argent, l’alcool, le tabac, le sexe, la drogue, le pouvoir, le travail… Chez son père, il était un « fils » ; loin de son père, il devient « ouvrier ». Chez son père, il avait une tâche noble ; loin de son père, il garde des cochons, animaux considérés comme impurs. Chez son père, il était rassasié ;  loin de son père, il meurt de faim et envie même la nourriture des cochons qu’il garde.

Jésus veut nous faire comprendre que loin de Dieu, l’homme se retrouve en exil, affamé intérieurement. Quand l’homme se construit sans référence à la Parole de Dieu, dans la volonté de s’assumer lui-même, d’être indépendant de Dieu, il s’exile lui-même. Sur le plan humain, cet homme peut faire illusion : sa part d’héritage lui a permis de briller, d’assouvir ses désirs, de faire la fête, d’être reconnu par les autres. Mais c’est un artifice qui ne dure pas. Privé de cet artifice (l’argent, le pouvoir, la position sociale…), il découvre que son cœur est comme un champ en friche : il n’y pousse que des fruits fades ou amers qui n’apportent ni la paix ni l’harmonie avec soi-même. Ceci est logique, puisqu’il s’est coupé de sa source de vie.

  La vie de ce fils a pris un tour tellement douloureux, c’est un tel échec, que s’il ne veut pas mourir, il va être contraint de se repentir. Finies les fausses assurances, les fausses excuses, les faux discours. Il doit entrer dans le silence intérieur et faire le point : Rentré en lui-même, il se dit : Combien d’employés chez mon père ont du pain en abondance, et moi ici, je péris à cause de la famine (v 17-19). L’épreuve a ceci de positif qu’elle lui fait se souvenir qu’il a un père. Ce père dont il a voulu fuir la présence parce qu’il considérait qu’elle empiétait sur sa liberté, voilà qu’il commence à le voir autrement lorsque tous ses rêves de liberté s’évanouissent parce que son estomac crie famine.

    Il a dû en verser des larmes, lorsqu’il a pris conscience du vide qui s’était creusé en lui. Mais ces larmes ont été salutaires car c’était les larmes de la repentance. La tristesse selon Dieu produit une conversion qui mène au salut et que l’on ne regrette pas, tandis que la tristesse du monde produit la mort (2 Co 7.10). En un instant, tout va basculer en lui: Il aspire à revenir chez son père pour retrouver sa vie de fils, une vraie nourriture, et un sens à sa vie.

 L’attrait de son indépendance et sa liberté, il en parle maintenant comme d’un péché : J’ai péché contre le ciel et envers toi. Il est même prêt à échanger sa position de fils contre celle de serviteur pour retrouver la présence et la sécurité du père : Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ; traite-moi comme l’un de tes employés.

Sa repentance est sincère, car elle le met en route : Il partit pour rentrer chez son père. Il fait demi-tour. Il fait le chemin inverse, celui qui le ramène vers son père. Il ne veut pas passer sa vie à garder des cochons. Il fait un choix ; et ce choix est une grâce de Dieu, qui lui permet de sortir d’une culpabilité stérile qui l’aurait empêché de se repentir. Il va faire le pas vers la vie !

  Parce que Dieu nous aime, il donne à chacun la possibilité de pouvoir revenir vers Lui. Avons-nous compris que Dieu ne nous enferme jamais dans notre passé, quel que soit ce passé, ou dans notre péché, quel que soit ce péché. Quel que soit notre parcours, il nous donne toujours possibilité de revenir vers lui, de se repentir.

  Maintenant que sa décision est prise, ce fils va pouvoir, enfin, découvrir la grandeur de l’amour de son Père. Mieux vaut tard que jamais ! (Ce n’est pas ironique). Il s’attendait à des remontrances ; or voilà que son père, qui le guettait de loin, se précipite vers lui pour le serrer contre lui et l’embrasser. Avez-vous remarqué qu’il n’a même pas le temps d’aller jusqu’au bout de la phrase qu’il avait prévu de dire à son père ? Il n’a pas le temps de dire : traite-moi comme l’un de tes employés, que son Père lui donne les insignes d’un fils : la plus belle robe, une bague, des sandales. Mais ce n’est pas tout : il donne aussi un ordre : Apportez le veau gras, sacrifiez-le ! Mangeons et faisons bombance. Le verbe grec employé dans le texte  - sacrifiez-le - nous suggère que la fête qui va suivre n’est pas simplement une réjouissance autour d’un plat de viande succulente. Il y a l’idée d’un sacrifice de communion et de reconnaissance, tel qu’on le voit en Lv 7.12, où la majeure partie de l’animal sacrifié était mangé par l’adorateur et sa famille. Mais aussi, sans doute, allusion au sacrifice de Jésus sur la croix qui nous accorde le pardon.

  Ce fils fait l’expérience extraordinaire du pardon total, immérité : Dans les bras de son Père, le fils doit se demander : Comment mon Père peut-il encore m’aimer après ce que je lui ai fait ?

  Ce père aimant, qui pardonne totalement quand on revient à lui, c’est aussi NOTRE Père.

Etes-vous revenus à votre Père ? On ne devient pas enfant de Dieu simplement en naissant dans une famille chrétienne ou en allant au culte ou à la messe ! Les 2 fils de la parabole étaient bien nés chez leur père, ils étaient « fils » par les liens du sang, mais ils ne connaissaient pas l’amour de leur père ! Il faut passer par une nouvelle naissance, spirituelle, pour comprendre cet amour. Mais, sans repentance, cette nouvelle naissance est impossible. Comme ce fils, nous sommes tous rebelles par notre nature pécheresse. Nous avons donc tous besoin de revenir vers le Père.

 Si vous vous sentez-vous concernés par ces paroles, c’est-à-dire, si vous n’êtes pas encore revenu vers votre Père, n’attendez pas pour faire la même démarche que ce fils. Ne reportez pas votre décision à demain. Ne tombez pas dans ce piège qui consiste à dire : Aujourd’hui, je ne suis pas prêt ; on verra demain

   Peut-être une partie de votre cœur est-elle encore loin de Dieu, en friche ; et vous expérimentez le vide ou l’amertume des fruits qui y poussent. N’en prenez pas votre parti ! Ne pensez pas qu’il y a des fatalités ! C’est à la totalité de votre cœur, de votre être, que Dieu veut redonner la vie. Pour cette « friche » où  vous tenez Dieu à l’écart, Dieu attend que vous rentriez en vous-même, que vous reveniez à lui, car il veut guérir, par son pardon et son amour.

  Même lorsque nous sommes loin de Lui, Dieu nous cherche, nous attend, guette le moindre signe de retour de notre part. Nous savons maintenant que, quel que soit notre situation, nous pouvons nous lever et revenir vers le Père. Ce mouvement de repentance peut nous paraître insignifiant, insuffisant, inapproprié  pour que Dieu nous pardonne. Il le serait effectivement si notre pardon dépendait de nous, d’une phrase que nous adressons à Dieu. Mais notre pardon dépend de ce que Jésus a accompli à la croix : il a pris sur lui notre péché et a payé, à notre place, les conséquences de nos fautes. La repentance, c’est le signe que nous reconnaissons que nous avons offensé Dieu. Mais la repentance ne serait rien sans l’amour inconditionnel de Dieu manifesté à la croix à l’égard de chacun d’entre nous.

   Lorsqu’on a compris cela, le Seigneur nous guérit progressivement de l’attitude du frère aîné qui pensait mériter l’amour de son père et qui l’empêchait de se réjouir du retour de son frère, pécheur notoire. Pourquoi ? Parce que lorsqu’on a pris conscience du pardon immérité que le Père nous accorde, on n’a plus envie de se comparer aux autres pour établir une hiérarchie des mérites. On a juste envie de louer Dieu pour son immense amour et la puissance vie de son pardon.

 

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14 juillet 2011

Associés à la victoire de Christ

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Associés à la victoire du Christ

 

Ephésiens 1.15-2.7

  Paul est venu une première fois à Ephèse au cours de son 2e voyage missionnaire. Malgré l’insistance des Juifs qui voulaient le retenir, il n’y est resté que quelques jours (Act 18.19). C’est au cours de son 3e voyage qu’il fit un long séjour dans cette ville, puisqu’il y a enseigné la Parole de Dieu quotidiennement, dans une école, pendant 2 ans. Cet enseignement porta beaucoup de fruits, puisque le texte nous dit que tous ceux qui habitaient l’Asie, Juifs et Grecs, entendirent la parole du Seigneur et que Dieu faisait des miracles extraordinaires par les mains de Paul, au point qu’on appliquait sur les malades des linges ou des étoffes qui avaient touché son corps ; alors les maladies les quittaient, et les esprits mauvais sortaient (Act 19.10-12).

  Quelque temps après, Paul écrit aux croyants d’Ephèse pour leur rappeler, ainsi qu’à nous, une chose importante : La mort de Christ sur la croix et sa résurrection n’ont pas seulement pour conséquences le pardon de nos péchés et l’assurance de notre vie éternelle. Elles signifient aussi la défaite totale et définitive des puissances des ténèbres : Je demande au Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ…que vous compreniez…quelle est la puissance extraordinaire dont il dispose pour nous les croyants. Cette puissance est celle-là même que Dieu a manifestée avec tant de force quand il a ramené le Christ d’entre les morts et l’a fait siéger à sa droite dans le monde céleste. Le Christ y est placé au-dessus de toute autorité, de tout pouvoir, de toute puissance de toute domination et de tout autre titre qui puisse être cité non seulement dans ce monde-ci mais aussi dans le monde à venir. Dieu a mis toutes choses sous les pieds du Christ et il l’a donné à l’Eglise comme chef suprême. L’Eglise est le corps du Christ ; c’est en elle que le Christ est pleinement présent, lui qui remplit tout l’univers (Eph 1.19-23 BFC).

   Lorsque nous allumons la télévision, ou lorsque que nous ouvrons un journal, où voyons-nous la défaite totale et définitive des puissances des ténèbres ? Où voyons-nous que Christ a été placé par Dieu au-dessus de tout pourvoir ? Ne voyons-nous pas, au contraire, le mal dominer sur tout ? C’est le genre d’objections soulevées par tous les incroyants. C’est le genre de questions que se posent tous les hommes avant d’être éclairé par l’Esprit Saint. Paul en est bien conscient. C’est la raison pour laquelle il adresse à Dieu cette prière pour les croyants d’Ephèse : Je prie afin que Dieu…illumine les yeux de votre cœur (v 18). Nos yeux de chair ne verront jamais la preuve de notre pardon en Jésus-Christ, mais les yeux de notre cœur, les yeux de la foi n’ont aucun doute. Nos yeux de chair ne verront jamais la preuve de l’amour que Dieu a pour nous à travers la maladie, le chômage, le divorce, les accidents, la pauvreté, la persécution…, mais les yeux de la foi n’ont aucun doute. Même contredite par la réalité, c’est une réalité spirituelle que les puissances des ténèbres sont définitivement vaincues, et que Christ a été placé par Dieu au-dessus de tout pouvoir.

  Paul reprend cette idée de la défaite des puissances des ténèbres dans sa lettre aux Colossiens : Christ a effacé l’acte rédigé contre nous et dont les dispositions nous étaient contraire ; il l’a supprimé, en le clouant à la croix ; il a dépouillé les principautés et les pouvoirs, et les a publiquement livrés en spectacle, en triomphant d’eux par la croix (Col 2.14-15).

Quelles sont les conséquences pratiques de cette victoire sur ces puissances ?

  C’est de pouvoir dire aux les croyants, aux familles, aux églises, aux nations qu’ils ne sont plus condamnés à vivre indéfiniment sous la domination des puissances des ténèbres. C’est de pouvoir agir pour qu’ils soient libérés, délivrés. En effet, les croyants sont au bénéfice de la victoire de Christ sur ces dominations et ces pouvoirs. De plus, ces mêmes croyants peuvent exercer une autorité sur ces puissances. Comment ? Le texte le dit clairement : Parce que nous qui étions morts par nos fautes, il nous a rendus à la vie avec le Christ… il nous a ressuscités ensemble (avec Christ) et fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Jésus-Christ (Eph 2.5-6). C’est notre union au Christ vainqueur, et notre position d’enfants de Dieu assis avec Christ dans les lieux célestes, qui nous permet d’exercer cette autorité, et d’être délivré.

    Un enseignement de Jésus à ses disciples confirme en tous points ce que Paul dit aux Ephésiens. De retour de mission où ils avaient annoncé l’évangile, les 70 (disciples) revinrent avec joie et dirent : Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. Jésus leur dit : Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. Voici : je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions et sur toute la puissance de l’ennemi, et rien ne pourra vous nuire (Lc 10.17-19).

  Il existe une réalité spirituelle qui ne se voit pas et qui pourtant est bien réelle. C’est la lutte des forces spirituelles mauvaises contre Dieu et ceux qui aiment Dieu : Nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang (les hommes), mais contre les principautés, contre les pouvoirs, contre les dominateurs des ténèbres d’ici-bas, contre les esprits du mal dans les lieux célestes (Eph 6.12). Ces forces mettent tout en œuvre pour entraîner les hommes à la révolte contre Dieu, à l’indifférence vis-à-vis de Dieu, à l’apathie des croyants. Elles essayent de les séduire avec les fausses religions, l’ésotérisme, l’occultisme.

  Dans un autre registre, ces puissances œuvrent pour que les croyants tolèrent le péché dans leur vie, grâce à la libéralisation des mœurs et les lois non conformes à la Bible, refusent de pardonner,  confondent la religion et la foi, ignorent les malédictions qui pèsent sur leur vie à cause du péché de leurs ancêtres. Elles travaillent à diviser les familles, à travers la banalisation du divorce, de l’adultère. Elles travaillent à diviser les communautés chrétiennes et les églises à travers les différents courants théologiques, l’interprétation des textes, les luttes pour le pouvoir. Elles travaillent pour que le rationalisme envahisse la pensée des chrétiens afin que ces derniers relativisent l’Ecriture, dénigrent les dons de l’Esprit, fassent plus confiance aux psy, aux médecins et aux médicaments qu’au Saint-Esprit pour guérir des traumatismes du rejet, de la maltraitance, du manque d’amour dans la petite enfance, etc … autant de maux terribles qui handicapent la vie des hommes, chrétiens ou non.

  Depuis longtemps, l’église est entraînée dans un cercle vicieux : Parce qu’on a minimisé la puissance de l’Esprit, parce que la victoire définitive de Christ sur les puissances des ténèbres n’est la plupart du temps qu’un simple discours, parce qu’on a souvent nié la réalité des dons de l’Esprit  ou négligé son enseignement, trop peu de chrétiens sont équipés de la puissance du Saint-Esprit pour venir en aide à leurs frères ayant besoin d'aide. Si les églises étaient en bonne santé spirituelle, fidèles à la totalité de l’Ecriture, il y aurait dans chaque communauté des hommes et des femmes équipés pour exercer l’autorité de Christ sur les puissances qui veulent maintenir les hommes sous leur joug en les détournant de la puissance de libération de la mort et la résurrection de Christ. Lorsqu’on lit les exhortations de Christ et celles de Paul, on ne peut pas douter un instant que c’est ce que Dieu veut pour son Eglise.

  Aujourd’hui, beaucoup de chrétiens et  d’églises vivent comme si c’était Satan qui avait remporté la victoire sur le Christ. C’est l’inverse qui s’est produit ! C’est Christ qui a vaincu Satan. Et par la foi, il associe les croyants à sa victoire sur ces puissances des ténèbres en leur donnant son autorité, pour que concrètement dans nos vies, dans la vie de l’Eglise nous ayons la victoire. Voilà la Bonne Nouvelle de ce texte. Gardons-là précieusement au fond de notre cœur, et mettons-là en œuvre. Nous avons tout reçu pour le faire, et Christ est notre « allié » et Celui qui agit à travers nous.

  Je demande que vous receviez la lumière dans votre intelligence, afin que vous compreniez à quelle espérance Dieu vous a appelés, quelle est la richesse des biens magnifiques qu’il réserve à ceux qui appartiennent, et de quelle puissance extraordinaire il dispose pour nous les croyants. Cette puissance est celle-là même que Dieu a manifestée avec tant de force quand il a ramené le Christ de la mort à la vie et l’a fait siéger à sa droite dans le monde céleste (Eph 1.18-20, Traduction Français Courant).

 

 

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02 juin 2011

La nécessité de la conversion

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 La nécessité de la conversion

 

  

Je vous invite d'abord à lire Ezéchiel 36.25-27 :

25 Je ferai sur vous l'aspersion d'une eau pure, et vous serez purifiés ; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. 26 Je vous donnerai un coeur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j'ôterai de votre chair le coeur de pierre et je vous donnerai un coeur de chair. 27 Je mettrai mon Esprit en vous et je ferai que vous suiviez mes prescriptions, et que vous observiez et pratiquiez mes ordonnances.


  Le directeur d’un établissement de rééducation fait venir un médecin du sport réputé pour sa force de conviction, pour donner une conférence sur les bienfaits de la marche. Le jour dit, la salle est presque pleine ; les personnes présentes sont attentives.

  Il est indispensable de pratiquer 2 à 3 heures de marche par semaine si vous voulez rester en bonne santé physique. Contrairement à d’autres sports, tout le monde peut pratiquer la marche ; elle fait travailler tous les muscles du corps, sans traumatisme pour les articulations. C’est bon pour le cœur aussi : Une demi-heure de marche chaque jour peut vous éviter des problèmes cardiaques, sans compter les bienfaits sur le plan mental, car le mental et le physique sont liés…

  A la fin de la conférence, le directeur félicite chaleureusement l’orateur pour ses arguments convaincants.

  15 jours après, le médecin téléphone au directeur et lui demande : Avez-vous constaté que plus de gens se sont mis à marcher, après mon intervention ?

  Le directeur répond : Non ! Rien n’a changé ! C’est comme s’ils ne vous avaient pas écouté. Et pourtant, ce que vous aviez dit était juste !

  Ah ! J’ai oublié de vous dire : l’établissement en question est un centre de rééducation pour accidentés de la route. Les auditeurs présents étaient privés de l’usage de leurs jambes !

    Pourquoi est-ce que je vous raconte cette histoire inventée de toute pièce ?  Parce que ce qui se passe dans les lieux de cultes, le dimanche matin, ressemble souvent à la situation que je viens de décrire. En effet, beaucoup de prédications ressemblent à cette conférence : elles parlent de choses bibliquement justes et pertinentes. Mais beaucoup d’auditeurs sont incapables de les mettre en pratique parce qu’ils sont handicapés spirituellement.

  Pour demander à quelqu’un, qui est cloué sur un fauteuil roulant, de pratiquer la marche, il faut d’abord qu’il retrouve l’usage de ses jambes. C’est seulement à partir de ce moment-là qu’il pourra mettre en pratique le conseil pertinent de marcher régulièrement. Avant cela, vous pouvez lui répéter tous les jours qu’il est de son intérêt de marcher, il ne le fera pas, et pour cause : il en est incapable !

  Beaucoup de baptisés se trouvent dans cette même situation d’incapacité. On peut bien leur répéter dimanche après dimanche : Marchez par l’Esprit, et vous n’accomplirez point les désirs de la chair, s’ils sont infirmes spirituellement, ils ne pourront pas marcher par l’Esprit, c’est-à-dire avoir une vie droite, consacrée au Seigneur, être persévérant dans la prière, la méditation de l’Ecriture, se réjouir de la vie communautaire, de l’engagement dans l’Eglise, etc…

  Pour pouvoir marcher par l’Esprit, il faut d’abord une guérison de tout son être. Avant cette guérison, tous les hommes sont infirmes spirituellement. Il est inutile de se révolter contre cela : c’est la nature dont nous héritons tous à notre naissance. Paul appelle cela notre nature charnelle, c’est-à-dire l’homme non régénéré et livré à lui-même ; et il affirme : Les tendances de la chair (c’est-à-dire l’inclination naturelle de notre être non transformé par Dieu) sont ennemies de Dieu, parce que la chair ne se soumet pas à la loi de Dieu, elle en est même incapable (Rm 8.7).

   Pour retrouver l’usage de nos jambes spirituelles qui nous permettront de marcher par l’Esprit, il n’y a qu’un seul moyen : il faut subir une opération : la CONVERSION, la métanoïa, en grec ; c’est-à-dire le changement total de direction dans notre vie, le changement total de notre être profond. Le seul chirurgien qui réussit cette opération, c’est Dieu lui-même : JE vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair (Ez 36.26).

Deux choses importantes à comprendre :

 1) Un chirurgien n’opère pas un patient sans son consentement. Il lui demande son accord. Dieu fait de même avec nous. La conversion ne se fera jamais sans notre plein accord.

 2) On ne se fait pas opérer par plaisir, mais parce qu’on sait qu’on a un organe malade ou un mal en nous qui doit être ôté si on ne veut pas mettre sa vie en péril. Encore faut-il savoir qu’on est malade. Les tumeurs cancéreuses ont ceci de terrible qu’on peut vivre 30 ans avec sa maladie sans se douter qu’on est malade.

  La tumeur que constitue notre vieille nature, notre nature charnelle, a ce même côté sournois : on peut très bien vivre avec et se croire en bonne santé spirituelle. Mais ce n’est pas ce que dit l’Ecriture : Ceux qui sont sous l’emprise de la chair (c’est-à-dire ceux qui sont conduits par leur nature non transformée par Dieu) ne peuvent pas plaire à Dieu (Rm 8.8).

  Pour plaire à Dieu, il faut passer par la conversion. C’est la première étape, l’étape indispensable de tout commencement de la vie chrétienne.

  C’est la raison pour laquelle Jean Baptiste et Jésus n’ont pas commencé par dire aux foules : Marchez par l’Esprit ! Mais : Convertissez-vous ! (Mt 3.2 ; 4.17). Pierre fait de même lorsqu’il s’adresse aux Juifs après la Pentecôte. Il commence par le commencement : Repentez-vous (Act 2.38) ; Repentez-vous donc et convertissez-vous pour que vos péchés soient effacés (Act 3.19).

  Alors, pourquoi Paul enseigne-t-il : Marchez par l’Esprit ? Parce les épîtres ont été écrites après la résurrection de Christ et après la Pentecôte. Lorsque Paul exhorte ses auditeurs à marcher par l’Esprit, il le fait car il sait que les croyants à qui il s’adresse sont déjà passés par l’étape incontournable de la conversion et de la nouvelle naissance. Ce n’est pas toujours le cas dans les églises multitudinistes comme l’Eglise réformée, l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe. Dans ces églises, la conversion n’est pas souvent l’objet d’un enseignement précis et suivi. Le catéchisme qui devrait enseigner les jeunes pour les amener à se convertir, se réduit trop souvent à une accumulation des connaissances bibliques, sans aborder franchement la nécessité de la conversion. Beaucoup de catéchètes et de pasteurs font preuve d’une timidité incroyable lorsqu’il s’agit d’aborder clairement la conversion.

   L’absence de cet enseignement a de graves conséquences. En effet, lorsque la conversion a été ignorée ou mal comprise, la vie spirituelle ressemble un accouchement qui s’est mal passé : l’enfant, et plus tard l’adulte, peut garder des séquelles handicapantes.

   Sur le plan spirituel, c’est la même chose. Lorsqu’on ne veut pas vraiment reconnaître qu’on est un être pécheur pour qui Jésus a accepté de mourir sur la croix afin de nous sauver, lorsque la repentance est superficielle ou inexistante, la mort et la résurrection du Christ restent des notions intellectuelles ; la foi est faible, fragile, fluctuante, plus conduite par le doute que par la confiance. Dieu est perçu comme un Dieu lointain, injuste ou indifférent. On remet toujours en cause son amour pour nous. Les commandements de Dieu ressemblent à des contraintes ; la vie de l’église, la présence aux cultes, la méditation des Ecritures, la prière, la communion fraternelle, le désir de témoigner de sa foi sont des choses secondaires, qui passent bien après les occupations quotidiennes, le travail, les loisirs…

  La marque d’une conversion véritable, c’est la volonté, toujours renouvelée, de donner sa vie à Christ et de demeurer en Christ. Cette volonté s’exprime dans une prière claire et précise : Seigneur, je reconnais que je suis pécheur ; je te demande pardon ; je crois que tu me sauves par ton sacrifice sur la croix, et je te donne ma vie, aujourd’hui !

   Dieu ne nous donnera pas un cœur nouveau si nous sommes satisfaits de notre cœur de naissance, si nous pensons que nous ne sommes pas si mal que ça, par rapport aux autres ; si nous ne reconnaissons pas que nous avons besoin d’un Sauveur. Dieu ne mettra pas en nous un esprit nouveau dans notre cœur pécheur, mais dans le nouveau cœur qu’il nous réserve, si nous sommes d’accord pour abandonner l’ancien.

  Dieu ne mettra pas en nous son Esprit si nous préférons nos ténèbres à sa lumière (Eph 5.8-11). Sans la conversion et la nouvelle naissance que Dieu opère en nous, nous resterons des infirmes spirituels incapables de comprendre les choses de l’Esprit : L’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, car c’est spirituellement qu’on en juge (1 Co 2.14)

  Dans le texte d’Ezéchiel, Dieu ne commence pas par dire : Je mettrai mon Esprit en vous. Mais : Je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. C’est l’étape de la repentance qui est la première étape de la conversion.

   Lorsque le Saint-Esprit nous conduit dans la repentance, ce n’est pas un moment très agréable à vivre. Cela se passe souvent dans un flot de larmes amères, car l’Esprit nous montre la noirceur de notre cœur, de nos pensées, de nos actes ; noirceur que nous savons si bien dissimulée aux autres, mais que le Seigneur met en lumière à ce moment là. Non pas pour nous écraser, pour nous dire que nous ne valons rien. Mais au contraire pour nous libérer. Car au moment où nous confessons ces noirceurs et que nous demandons pardon, l’Esprit nous fait comprendre que nous sommes totalement pardonnés. Alors, les larmes amères cèdent la place aux larmes de reconnaissance et de joie, car nous nous sentons lavés, purifiés par le sang de Jésus.

   N’ayons jamais peur d’être placé par le Seigneur en face de ce que nous sommes vraiment. Car c’est une grâce qu’il nous accorde. En effet, après cette expérience, on ne se leurre plus sur ce que nous sommes vraiment et on comprend beaucoup mieux l’œuvre de Jésus à la croix, la puissance du pardon et la grandeur de l’amour de Dieu.

   Ensuite, le texte d’Ezéchiel dit : Je vous donnerai un cœur nouveau et un esprit nouveau. C’est l’étape de la nouvelle naissance qui nous fait naître à la vie de l’Esprit. (Souvenons-nous de l’entretien de Jésus avec Nicodème : A moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. Jn 3.5). Et enfin, il promet : Je mettrai mon Esprit en vous et je ferai que vous suiviez mes prescriptions : C’est l’étape du baptême dans l’Esprit, où le croyant est revêtu de puissance pour être un témoin du Christ (Act 1.8).

  Pour terminer, je voudrais poser une question simple : Etes-vous passé par la conversion ?

 Si vous hésitez à répondre « oui », c’est que cette étape reste à faire, même si vous fréquentez l’église depuis longtemps.

 Dieu vous appelle à la faire, sans tarder. Pourquoi pas maintenant ?

 

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25 mars 2011

Esprit-Saint et Révélation

 

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Esprit-Saint et Révélation

Jean 16.1-15

   1 Je vous ai parlé ainsi, pour que vous ne soyez pas scandalisés. 2 Ils vous excluront des synagogues ; et même, l'heure vient où quiconque vous fera mourir pensera offrir un culte à Dieu. 3 Et ils feront cela, parce qu'ils n'ont connu ni le Père, ni moi. 4 Je vous ai parlé ainsi, pour que l'heure venue, vous vous souveniez que je vous l'ai dit. Je ne vous l'ai pas dit dès le commencement, parce que j'étais avec vous. 5 Maintenant, je m'en vais vers celui qui m'a envoyé, et nul de vous ne me demande : Où vas-tu ? Mais parce que je vous ai parlé ainsi, la tristesse a rempli votre coeur. 7 Cependant, je vous dis la vérité : il est avantageux pour vous que je parte, car si je ne pars pas, le Consolateur ne viendra pas vers vous ; mais si je m'en vais, je vous l'enverrai. 8 Et quand il sera venu, il convaincra le monde de péché, de justice et de jugement : de péché, parce qu'ils ne croient pas en moi ; 10 de justice, parce que je vais vers le Père et que vous ne me verrez plus ; 11 de jugement, parce que le prince de ce monde est jugé. 12 J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les comprendre maintenant. 13 Quand il sera venu, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera dans toute la vérité ; car ses paroles ne viendront pas de lui-même, mais il parlera de tout ce qu'il aura entendu et vous annoncera les choses à venir. 14 Lui me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est à moi et vous l'annoncera. 15 Tout ce que le Père a, est à moi ; c'est pourquoi j'ai dit qu'il prendra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera.

 

  Ce texte fait partie des derniers entretiens de Jésus avec ses disciples, avant son arrestation. Ses paroles prennent donc un caractère particulièrement solennel. Au v.5, il leur annonce qu’il va les quitter pour remonter vers le Père. Et il constate que la tristesse a rempli leurs cœurs. Pourquoi ? Pas seulement parce que c’est toujours triste lorsqu’un groupe uni se sépare. Leur tristesse est provoquée aussi par ce que Jésus vient de leur dire : Ils vous excluront des synagogues ; et même, l’heure vient où quiconque vous fera mourir pensera offrir un culte à Dieu (16.2). Il est vrai que ce n’est pas un avenir particulièrement réjouissant ! Alors, Jésus va leur montrer que son absence ne va pas seulement engendrer des menaces pour eux, mais va aussi leur ouvrir un nouveau chemin, et se révéler être un avantage. Pourquoi ? Parce que c’est son départ qui va déterminer l’envoi du Saint-Esprit : Il est avantageux pour vous que je parte, car si je ne pars pas, le Consolateur ne viendra pas vers vous ; mais si je m’en vais, je vous l’enverrai (v 7). Nous savons que c’est ce qui s’est effectivement passé à Jérusalem, quelques semaines plus tard, le jour de la Pentecôte.

 

Pourquoi est-il tellement important que les disciples reçoivent le Saint-Esprit, lorsque Jésus sera parti ?

C’est à cette question que la suite du texte va nous permettre de répondre.

  Si le Nouveau Testament s’était limité aux 3 premiers évangiles (les évangiles synoptiques), la révélation de Dieu concernant le salut des hommes aurait été incomplète. En effet, pendant les 3 années au cours desquelles il a formé ses disciples, Jésus leur a seulement annoncé que des chefs religieux le condamneraient à mort, qu’il mourrait et qu’il ressusciterait (3 fois chez Matthieu : 16.21 ;17.9 ; 20.17-19 ; 3 fois chez Marc : Mc 8.31 ; 9.30 ; 10.33-34 ;  3 fois chez Luc : 9.22 ; 9.44 ; 18.32). Mais, à l’exception d’une allusion dans l’évangile de Marc (10.45), Jésus n’a pas parlé du sens de sa mort et de sa résurrection. Même discrétion dans l’évangile de Jean où Jésus dit seulement qu’il est le bon berger qui donne sa vie pour ses brebis : 10.11 et 28. Sur ce point tellement important, l’enseignement de Jésus a été très succinct, pour ne pas dire inexistant.

   De même, Jésus n’a jamais évoqué le plan de salut pour les païens ; ni le fait que les Juifs le reconnaîtront un jour comme leur Messie ; ni les rapports entre la grâce et la loi, ou la destinée de l’Eglise dans les derniers temps. Tous ces thèmes si importants pour notre foi, notre connaissance de Christ et notre compréhension des plans de Dieu, c’est Paul et quelques apôtres (Pierre, Jean et Jacques) qui nous en ont parlé à travers les épitres et l’Apocalypse. Quand ? Après la Pentecôte !

 

Pourquoi Jésus n’a-t-il pas tout dit à ses disciples, pendant qu’il était physiquement présent avec eux ?

   Parce qu’il savait que sans l’onction de l’Esprit-Saint, ses disciples seraient dans l’incapacité spirituelle de comprendre certaines choses. Jésus le dit clairement au v. 12 : J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les comprendre maintenant. Et pour montrer l’importance de l’action de l’Esprit dans la compréhension des choses spirituelles, il ajoute tout de suite après : Quand il sera venu, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité (v.13).

On voit bien, en lisant les évangiles, puis les épitres, que c’est ce qui s’est effectivement passé. Pour ne prendre qu’un exemple significatif, je citerai le moment où Jésus annonce sa mort et sa résurrection à ses disciples. Le texte nous dit : Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole (Mc 9.32). Luc va même plus loin. Après que Jésus leur ait annoncé sa mort, le texte dit : Les disciples ne comprenaient pas cette déclaration ; elle était voilée pour eux, afin qu’ils n’en saisissent pas le sens (Lc 9.45).

   Mais tout a changé après la venue de l’Esprit. Jean, qui lui non plus n’avait rien compris lorsqu’il avait entendu Jésus parler de sa mort et de sa résurrection, écrivait dans son épître, après la Pentecôte : Mes petits enfants, je vous écris ceci, afin que vous ne péchiez pas. Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. Il est lui-même victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier (1 Jn 2.1-2). Le Saint-Esprit avait fait son œuvre en lui ! Tout devenait clair pour lui ! Aujourd’hui, ce même Saint-Esprit  veut faire la même œuvre en nous tous, pour que nous ayons la pleine révélation de l’œuvre de Christ pour nos vies et pour ceux qui nous entourent.

 

Pourquoi le Saint-Esprit permet-il aux premiers disciples et aux croyants de tous les temps de mieux entrer dans la révélation ?

La 2e partie du v 13 apporte la réponse : Quand il sera venu, lui, l’Esprit de Vérité, il vous guidera dans toute la vérité ; car ses paroles (les paroles de l’Esprit) ne viendront pas de lui-même, mais il parlera de tout ce qu’il aura entendu et vous annoncera les choses à venir.

  Pour bien comprendre ce que dit Jésus, il faut ajouter quelques mots à cette phrase : le Saint-Esprit parlera de tout ce qu’il aura entendu dire par le Père à mon sujet, et vous annoncera les choses à venir. Ceci est très important : C’est le Père lui-même qui, par l’intermédiaire de l’Esprit, enseignera les disciples au sujet de Jésus et de son œuvre, et de la fin des temps (les choses à venir).

   C’est ce qu’il s’est passé exactement : Inspirés par l’Esprit, les auteurs des épitres et de l’Apocalypse ont non seulement pu connaître Jésus et son œuvre d’une façon beaucoup plus profonde après la venue de l’Esprit, mais ils ont aussi été ceux qui ont complété la révélation voulue par Dieu.   L’Apocalypse, qui parle de la destinée de l’Eglise dans les derniers temps, est l’exemple même de la révélation faite à Jean par l’Esprit Saint : Révélation de Jésus-Christ, que Dieu… a fait connaître par l’envoi de son ange à son serviteur Jean… (Apo 1.1). La reconnaissance par les Juifs de Jésus comme Messie est un autre exemple de la révélation faite par l’Esprit à Paul (Lire Rm 11). De même, l’annonce du salut pour les païens au même titre que pour les Juifs est une révélation de l’Esprit. Paul écrit à ce propos : Ce mystère n’avait pas été porté à la connaissance des fils des hommes dans les autres générations, comme il a été révélé maintenant par l’Esprit à ses saints apôtres et prophètes (Eph 3.5). Maintenant, c’est-à-dire après que l’Esprit ait été répandu.

   Dans le texte, Jésus parle aussi d’une œuvre qui aurait été impossible sans la venue de l’Esprit. Relisons les v. 7 et 8 : Il est avantageux pour vous que je parte, car si je ne pars pas, le Consolateur ne viendra pas vers vous ; mais si je m’en vais, je vous l’enverrai. Quel vont être les conséquences de cet envoi ?  La suite du verset le précise : Et quand il sera venu, il convaincra le monde de péché, de justice et de jugement.

 Remarque : Je précise, conformément à ce que dit Jésus aux v.9-11, qu’ici, le péché n’est pas une faute morale, mais le fait de ne pas croire à l’œuvre de Jésus ; la justice n’est pas la justification, mais le fait que Jésus n’a pas usurpé le titre de Fils de Dieu, puisqu’après sa mort, il est ressuscité et est remonté vers le Père. Quand au jugement, ce n’est pas celui des hommes, mais celui de Satan, dont le sort est scellé, puisqu’il est déjà jugé.

   Je parlais à l’instant d’une œuvre impossible sans la venue de l’Esprit. De quoi s’agit-il ? A votre avis, comment le Saint-Esprit s’y prend-il pour convaincre le monde de péché de justice et de jugement dont je viens de parler ? Oh ! bien sûr, il peut le faire tout seul ! Mais ce n’est pas sa façon habituelle de procéder. Si le Saint-Esprit est envoyé sur des disciples, c’est pour que ces disciples, par la prédication, convainquent les hommes du monde entier de la vérité de ces 3 points. On est ici au cœur de la mission de l’Esprit-Saint. Et pour que cette mission s’accomplisse par des disciples, il faut d’abord que l’Esprit-Saint ait agit en eux, comme on l’a dit plus haut, et comme on le voit au v 14 : Lui (l’Esprit) me glorifiera.

  En introduisant les apôtres et les croyants dans la vérité, en leur dévoilant les attributs de Christ (sa sainteté, sa grandeur, son amour…) qui sont aussi ceux du Père (tout ce que le Père a est à moi, v 15), en leur dévoilant le sens de sa mort et de sa résurrection, le cœur des croyants ne pourra que glorifier le Fils. En effet, le Fils ne travaille qu’à glorifier le Père, et l’Esprit ne veut que glorifier le Fils. Lorsqu’un croyant vit par l’Esprit, lorsqu’il laisse le Saint-Esprit guider sa vie (pensées, paroles et actes), la connaissance de Jésus en lui grandit ; l’amour pour Jésus grandit ; l’Ecriture devient une nourriture spirituelle dont il ne peut plus se passer, son oxygène spirituel ; le sens de la mort et de la résurrection de Christ prend une signification nouvelle qui va le conduire dans une prière de reconnaissance, de louange et d’adoration plus spontanée et intense. Mais aussi le mobiliser pour annoncer aux autres ce que l’Esprit lui a fait connaître de Christ et de son oeuvre. Voilà une mission essentielle de chaque disciple ; mission impossible sans l’Esprit.

 

  La fête de Pâques est célébrée, à juste titre, comme un événement majeur dans l’histoire du monde et dans celle de chaque chrétien. Pour beaucoup de croyants, elle semble même reléguer la Pentecôte au second rang, si on en juge par l’assistance bien plus faible dans les lieux de culte, lorsque l’Eglise célèbre Pentecôte. C’est pourtant un événement aussi essentiel que celui de la résurrection de Jésus. Le texte d’aujourd’hui nous en montre toute l’importance. Mais il nous montre aussi que c’est un événement à vivre, personnellement et communautairement, si nous ne voulons pas en rester à la compréhension limitée qu’avaient les disciples avant la Pentecôte. Le plan de Dieu pour chaque croyant, pour chaque communauté, c’est ce que Jésus dit au v 13 : Quand il sera venu, lui, l’Esprit de Vérité, il vous conduira dans toute la vérité.

  Viens, Esprit-Saint, et conduis-moi, conduis-nous dans toute la vérité.

 

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14 février 2011

La guérison des blessures de l'âme

 

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La guérison des blessures de l'âme

 

N.B.: La seconde partie du texte ci-dessous reprend de larges extraits du livre de Leanne PAYNE, L'âme, cette oubliée, Editions Raphaël, 1992 (p. 86 à 89). Je ne saurais trop vous conseiller de le lire pour approfondir ce sujet très important.

 

 Je vous invite d'abord à lire Luc 4.14-21

    Dans la note Christ libérateur, j’avais pris ce texte de Luc pour montrer que la mission de Jésus sur cette terre ne se limitait pas au pardon de nos péchés et au salut de notre âme, même si ces deux choses sont premières et essentielles dans le plan de Dieu et l’œuvre de Christ. Je faisais remarquer que les enfants abandonnés, martyrisés ou abusés, les adultes blessés par d’autres adultes, par les drames de la vie, culpabilisés par des comportements passés dont ils ont honte, ont besoin de quelque chose de plus que le pardon de leurs péchés et l’assurance de leur salut. Ils ont besoin de la guérison des blessures de leur âme pour vivre libérés de ces fardeaux.

   Lorsque, après avoir lu le texte d’Esaïe, Jésus dit : Aujourd’hui, cette parole de l’Ecriture que vous venez d’entendre est accomplie (v 21), ce n’est pas un effet d’annonces, une parole en l’air, comme tant d’hommes savent si bien le faire. C’est la vérité !  Si nous connaissons tant soit peu les évangiles, nous savons que c’est effectivement ce que Jésus a fait pendant les 3 années de son ministère sur terre. Il a guéri des gens malades physiquement (aveugles, paralytiques, lépreux…) ; il a délivrés des hommes tourmentés par des démons (Mt 8.28 ; Lc 11.14…) ; il a délivré les cœurs enchaînés par le péché (Lc 7.36-50 : La pécheresse qui pleure aux pieds de Jésus ; Jn 4 : La Samaritaine ; Jn 8 : La femme adultère). Il a guéri Pierre du souvenir terrible de son reniement (Jn 21.15-18).

  Tout cela est vrai, me direz-vous. Mais c’était Jésus, le Fils de Dieu ! En quoi sommes-nous concernés aujourd’hui, alors qu’il ne vit plus au milieu des hommes ? En ceci : Le rôle des disciples de toutes les époques, comme les 12 choisis par Jésus est de POURSUIVRE sa mission. Si Jésus s’est entouré de 12 disciples, ce n’était pas pour assurer l’intendance : préparer ses repas, planifier ses itinéraires, retenir les auberges où il devait dormir ! Non ! C’était pour les former et les équiper pour qu’ils poursuivent son œuvre : Jésus appela ses 12 disciples et leur donna l’autorité pour chasser les esprits impurs, et guérir toute maladie et toute infirmité… En chemin, prêchez que le royaume des cieux est proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons (Mt 10,1 et 7-8). C’est parfaitement clair dans ce passage de Matthieu : Jésus demande à ses disciples de faire exactement ce qu’il a fait lui-même. Et pour cela, il ne les laisse pas partir les mains vides ; il les équipe. Le texte nous dit : Jésus leur donna l’autorité pour…. Quelle autorité ? Celle qu’il avait lui-même reçue de son Père pour faire tout ce qu’il a fait pendant son ministère public.

   Comme je l'ai écrit dans la note Christ libérateur, si nous pensons que Jésus enseignait, guérissait toutes sortes de maladies et chassait les démons par son propre pouvoir, nous n’avons plus qu’à nous croiser les bras devant les souffrances des hommes, car nous disons : Nous n’avons pas les pouvoirs qu’avait Jésus. Si, par contre, nous comprenons que Jésus n’avait aucun pouvoir personnel mais recevait tout de son Père pour faire ce qu’il a fait, et si nous comprenons qu’aujourd’hui il équipe ses disciples de la même autorité qu’il a reçue, alors il devient évident que la mission de Jésus peut se poursuivre aujourd’hui, et que c’est le rôle-même du disciple de la poursuivre.

   Dans la note Le regard de Jésus, je disais que nous traînons souvent dans nos vies des boulets qui sont dû à des blessures de notre âme qui nous paralysent et nous rendent plus ou moins prisonniers. Je soulignais aussi que Dieu connaît ces situations et veut que nous en soyons guéris, libérés, délivrés.

   Aujourd’hui, je voudrais montrer le processus de guérison des blessures de notre âme. Pour cela, il est important que nous comprenions bien ce que sont l’âme et l’esprit de l’homme.

-         L’âme désigne notre cœur, nos pensées et inclue notre volonté, nos facultés sensibles, nos souvenirs, etc… L’âme est donc la nature immatérielle de l’homme, tournée vers la terre. Elle entre en contact avec le monde sensible, c’est-à-dire le monde qui nous entoure et que nous percevons avec nos sens.

-         L’esprit de l’homme désigne le lieu où l’Esprit de Dieu veut faire sa demeure en l’homme. C’est aussi la capacité offerte à l’homme de connaître Dieu. L’Esprit dit à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu (Rm 8.16). L’esprit est donc la nature immatérielle de l’homme, tournée vers Dieu.

  Bien entendu, l’esprit et l’âme sont unis dans la constitution même de l’homme. L’esprit de l’homme n’est pas isolé de son âme, et l’âme de l’homme n’est pas non plus isolée de son esprit.

  Cette définition de l’esprit de l’homme comme lieu tourné vers Dieu, nous fait comprendre que l’esprit de l’homme est malade lorsqu’il est séparé de Dieu. Au départ, donc, l’esprit de tous les hommes, sans exception, est malade, à cause de la nature pécheresse dont nous avons héritée et qui nous sépare de Dieu : Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu (Rm 3.23). C’est la raison pour laquelle la conversion à Christ et la nouvelle naissance par laquelle Christ nous fait passer, sont indispensables : … Et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est dans le Christ-Jésus (Rm 3.24).

  Comprenons bien ce qui se passe : Lorsqu’une personne se donne à Christ, l’Esprit de Dieu descend dans son esprit et l’unit à Dieu. Le croyant est alors né d’en haut (Jn 3.3 et 5). Il y a désormais un lieu en lui-même où le Saint-Esprit demeure. La parole de Jésus dans Jn 14.23 n’est pas simplement une belle image : Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons vers lui et nous ferons notre demeure chez lui. Le croyant a en lui un fondement saint et juste à partir duquel le Saint-Esprit rayonne dans son âme, ainsi que dans son corps physique.

Cette réalité permet la remarque suivante :

  Dès l’instant de sa nouvelle naissance, le croyant doit savoir et comprendre que le Christ demeure en lui, dans son esprit. Il doit comprendre aussi que c’est cette présence de Christ dans son esprit qui va rendre possible la guérison dans son âme blessée. Il ne doit surtout pas confondre son âme meurtrie qui a besoin de guérison, et son esprit où Dieu a fait sa demeure et qui est le lieu intact, comme l’écrit Leanne Payne.

  Prenons un exemple : Lorsqu’un chrétien reçoit la guérison des émotions à la suite d’abus ou de carences affectives, il éprouve souvent une grande douleur et une grande confusion pendant le temps de la guérison de son âme. En effet, tous les sentiments, tous les souvenirs et toutes les émotions refoulés vont se manifester, ainsi que toutes les voix méchantes qui leur sont associées. Si ce chrétien pense que cette partie de son âme secouée par la tempête représente son esprit, il se sentira très éloigné de Dieu et pensera même que Dieu ne peut aimer un être aussi confus. Il risque de perdre courage, pensant qu’il n’y a pas d’espoir de guérison pour lui. Il est donc très important de faire la différence entre son âme et son esprit.

   Dans un processus de guérison, ce n’est pas son esprit qui est dans la tempête, c’est la partie blessée de son âme que Dieu est en train de guérir.  Il est donc capital que ce chrétien comprenne que malgré cette tempête qui souffle dans son âme, Dieu est toujours présent dans son esprit. Il pourra continuer à affirmer : Mon esprit est un avec l’Esprit de Dieu. C’est mon lieu sûr ! Il pourra ainsi résister au découragement et faire confiance à Dieu qui est en train de guérir les blessures de son âme.

  Plus une personne a été blessée, plus il est nécessaire qu’elle comprenne et affirme continuellement que Christ demeure dans son esprit. Il faut qu’elle apprenne à pratiquer la présence de l’Esprit : Seigneur, je sais que tu vis dans mon esprit et que tu rayonnes dans mon être intérieur. Je sais qu’il y a un lieu intact en moi. Je t’appartiens, Seigneur, et je sais que c’est par ton Esprit que les blessures de mon âme guériront. Parce que c’est aussi pour cela que tu es venu sur la terre des hommes et que tu as répandu ton Esprit.

   Parler de la prière pour la guérison des blessures de l’âme, c’est parler principalement d’une prière qui libère l’autre de souffrances émotionnelles dues à des blessures et des carences du passé. La prière pour la guérison des souvenirs entre dans cette catégorie. Lorsqu’une personne éprouve un tel besoin, elle a une barrière psychologique qui la prive de sa liberté en Christ. Bien que l’esprit humain soit uni à Christ, l’Esprit de Dieu ne peut rayonner dans les parties meurtries de la personne, tant qu’elle ne trouve pas de l’aide pour les comprendre et y faire face. C’est là que les compétences en relation d’aide, les dons de compassion et de guérison entrent en jeu. Et celui qui est aidé doit s’ouvrir dans la prière pour recevoir ce qui lui est donné. Tant qu’il ne le fait pas, il sera déterminé par les difficultés de son passé et privé de liberté.

   Si vous vous sentez concernés par ce message, ne restez pas seul avec vos blessures de l’âme ; ne prenez pas votre partie de vivre avec, comme si aucune guérison n’était possible. L’Ecriture ne ment pas ; Jésus ne ment pas. L’Esprit saint est le même, hier comme aujourd’hui et il agit avec la même puissance. Demandez de l’aide. Dans l'Eglise, le Seigneur équipe des croyants pour venir en l'aide à ceux dont l'âme est blessée.

 

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29 janvier 2011

Le regard de Jésus

 

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Israël : Le Mont Guilboa où le roi Saül et ses fils trouvèrent la mort (1 S 31)

 

 

 

Le regard de Jésus

 

  

Je vous invite d'abord à lire Jn 1.35-49

  Il est beaucoup question de regards dans ce passage, tantôt pour parler du regard des hommes sur Jésus, tantôt du regard de Jésus sur les hommes. Je m’intéresserai plus particulièrement à 2 de ces regards de Jésus : sur Pierre et sur Nathanaël. Nous verrons que le regard que Jésus a posé sur eux a été déterminant pour le restant de leur vie, et nous essayerons de comprendre pourquoi.

  Lorsque nous regardons quelqu’un, nous pouvons faire passer une grande variété de messages sans prononcer un seul mot : l’amour, la joie, la surprise, l’incrédulité, l’indifférence, la peur, la moquerie, la colère, le mépris, la haine, et j’en oublie sans doute. Nos regards sont comme nos mots : ils sont capables de construire ou de détruire un être ; de le rassurer ou de l’inquiéter ; de l’encourager ou de le décourager. Prenons conscience du bien ou du mal que nous pouvons faire au travers d’un regard.

  En ce qui concerne le regard de Jésus, les évangiles ne nous décrivent pas une palette de sentiments aussi variés que celle des hommes. L’Evangile de Marc nous parle d’un regard de colère sur les Pharisiens lorsque Jésus leur demande s’il est possible de faire du bien le jour du sabbat, et que ces derniers refusent de répondre (Mc 3.5). A part ce passage (et peut-être un ou deux autres), les évangiles nous montrent que le regard de Jésus exprime l’amour, la compassion. En dehors du texte d’aujourd’hui, je citerai 2 exemples. Le premier, c’est au moment de la rencontre de Jésus avec le jeune homme riche. Il sait que cet homme est prisonnier sa richesse, mais il ne le blâme pas, il ne le juge pas. Le texte dit : Jésus l’ayant regardé l’aima (Mc 10.21). Le second exemple se situe au moment où Pierre renie Jésus, pendant que les chefs religieux sont en train de le juger. Quelques jours avant, Pierre avait affirmé, avec force, qu’il n’abandonnerait jamais son maître. Mais lorsqu’une servante le soupçonne d’être disciple de Jésus il jure 3 fois de suite qu’il ne le connaît pas. Juste après le 3e  reniement, le texte nous dit : Le Seigneur se retourna et regarda Pierre (Lc 22.61). Comment puis-je affirmer qu’il n’y avait ni reproches ni jugement dans ce regard, mais seulement de l’amour ? Si Jésus, cloué sur la croix, a prié son Père de pardonner à ceux qui l’avaient condamné et crucifié (Lc 23.34), il est certain qu’il a regardé Pierre avec compassion, même après son reniement. Ce qui confirme cela, c’est qu’après sa résurrection, Jésus considère toujours Pierre comme son disciple.

  Lorsque Jésus regarde un homme, c’est toujours un regard d’amour qu’il pose sur lui. Il est très important que nous comprenions cela pour nous-mêmes : Le regard que Jésus pose sur chacun d’entre nous est un regard d’amour.

  Venons-en au texte d’aujourd’hui où on assiste au premier regard de Jésus sur Pierre : Fixant son regard sur lui, Jésus dit : Tu es Simon, fils de Jonas : tu seras appelé Céphas (v 42). La façon dont Jésus a regardé Pierre a complètement changé la vie de ce dernier. Apparemment, son avenir était tout tracé : Toute sa vie, il serait pêcheur sur le lac de Tibériade. C’était sans compter sur sa rencontre avec Jésus : Désormais, Jésus lui donne un autre nom, Pierre, et les autres évangiles nous disent que Jésus en a fait un pêcheur d’hommes (Mt 4.19), un disciple de Jésus.

Qu’a-t-il de particulier le regard de Jésus pour bouleverser à ce point la vie d’un homme ? Pour le comprendre, nous allons suivre la rencontre de Nathanaël avec Jésus.

  Le lendemain de ce jour mémorable pour Pierre, Nathanaël voit venir vers lui quelqu’un qu’il connaissait bien, Philippe. Ce dernier, tout excité, lui raconte qu’il vient de rencontrer un homme dont il est sûr que c’est celui dont il est parlé dans la loi de Moïse et dans les prophètes (v 45). En d’autres termes, il lui dit : Nous avons trouvé le Messie dont parle la Torah !

  Surpris d’une telle nouvelle, Nathanaël lui demande alors : Comment s’appelle-t-il celui dont tu me parles ? Philippe répond : Jésus de Nazareth, fils de Joseph. Nathanaël réfléchit un instant, essaye de se remémorer tout ce qu’il a étudié dans la Torah ; mais il ne se souvient d’aucun passage de la Torah où la ville de Nazareth est mentionnée. Alors, il exprime son scepticisme à Philippe : Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ? C’est-à-dire : Un événement aussi extraordinaire que celui que tu m’annonces peut-il venir d’une localité dont ne parle pas la Torah ?

Philippe sait que Nathanaël a raison : Nazareth n’est jamais mentionné dans la Torah. Mais il sait aussi que son ami est un chercheur de Dieu et que, lorsqu’il sera en face de Jésus, tous ses préjugés tomberont. Alors, il lui dit simplement : Viens et vois (v 47). Nathanaël accepte cette proposition. Et Philippe le conduit vers Jésus. Alors qu’ils s’approchent, Nathanaël entend Jésus dire à son propos : Voici vraiment un Israélite dans lequel il n’y a pas de fraude (v 47). Un peu interloqué de constater que Jésus parle de lui comme s’il le connaissait, il lui demande : D’où me connais-tu ? La réponse de Jésus va le bouleverser : Avant que Philippe t’ait appelé, quand tu étais sous le figuier, je t’avais vu (v 48).

  Pourquoi Nathanaël est-il bouleversé au point de laisser tomber, d’un seul coup, tous les préjugés qu’il avait quelques instants avant, et d’affirmer avec force : Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le Roi d’Israël ? Parce que Nathanaël prend conscience, tout à coup, que le regard que Jésus a porté sur lui lorsqu’il était sous le figuier, n’était pas un regard physique, mais un regard surnaturel qui a percé les secrets de son cœur.

  On ne pourra jamais affirmer avec certitude ce que Nathanaël faisait sous ce figuier, puisque le texte ne nous le dit pas. Mais on a un indice dans ce que Jésus dit de lui : Voici vraiment un Israélite dans lequel il n’y a pas de fraude. Il est vraisemblable que Nathanaël était dans une prière de repentance, demandant à Dieu de lui donner un cœur pur.

  Alors, lorsqu’il entend Jésus lui dire : quand tu étais sous le figuier, je t’avais vu, Nathanaël comprend immédiatement que cet homme est bien celui annoncé depuis plusieurs siècles dans les prophéties, car seul le Fils de Dieu a un regard capable de lire dans le cœur.

   Pierre avait fait la même expérience la veille : Le regard de Jésus était allé jusqu’au fond de son cœur. Le psalmiste dit la même chose : Eternel ! tu me sondes et tu me connais (Ps 139.1) Même affirmation dans l’évangile de Jean 2.23 : Pendant que Jésus était à Jérusalem, à la fête de la Pâque, plusieurs crurent en son nom, à la vue des miracles qu’il faisait, mais Jésus ne se fiait pas à eux…il savait de lui-même ce qui était dans l’homme. Nathanaël s’est senti transpercé par ce regard de vérité. En l’espace que quelques instants, il est passé du scepticisme à la foi : il a compris qui était Jésus. Il est devenu son disciple, sous le nom de Barthélémy (Mc 3.18).

Vous sentez-vous mal à l’aise de savoir que Jésus peut lire dans votre cœur et tout connaître de vous ?

   Si cela nous rend mal à l’aise, cela veut dire que nous avons encore peur de Dieu. Lorsque nous essayons de dissimuler à Dieu des actes, des attitudes ou des pensées dont nous avons honte, cela veut dire que nous avons peur que Dieu nous juge et nous punisse. En agissant ainsi, nous restons enfermés dans notre culpabilité ! Cela peut vouloir dire aussi que nous aimerions pouvoir vivre en lui cachant des choses ou des situations contraires à l’esprit de l’Evangile. Cela montre que nous aimerions pouvoir vivre en désobéissant à Dieu, tout en essayant de passer pour de bons chrétiens ! Dans les 2 cas, ce n’est pas le Saint-Esprit qui nous guide ! Dans les 2 cas, nous sommes prisonniers du péché !

   Il faut considérer, au contraire, que c’est une grâce que Jésus puisse lire en nous. En effet, puisqu’il connaît tout de nous, nous ne commettons plus l’erreur d’essayer de dissimuler nos fautes, de les minimiser et ainsi de nous enfermer dans la culpabilité ou le péché. Le fait qu’il connaisse tout de nous, et que son regard ne nous juge pas, nous permet de venir librement vers lui pour lui demander pardon et recevoir son pardon. Plus nous désirons que le regard du Seigneur pénètre en nous, plus nous sommes libérés des pièges du péché, et plus nous découvrons que c’est un regard d’amour que Dieu pose sur nous.

   Jusqu’à présent, j’ai insisté sur le regard. Mais le texte nous montre que ces regards sont accompagnés par une parole. Qu’est-ce qui a été déterminant dans le bouleversement opéré chez Pierre et Nathanaël ? Le regard ? Ou la parole ? L’Ecriture nous dit que la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole du Christ (Rm 10.17). C’est donc assez clair : la parole prime sur le regard. Alors, à quoi sert le regard ? Pour Nathanaël, la parole prononcée par Jésus a été le révélateur de l’acuité du regard de Jésus sur son cœur. Il n’existe pas de hiatus entre la parole de Jésus et son regard, entre son regard et sa parole. L’un ne va pas sans l’autre ; l’un ne peut pas contredire l’autre. Ils sont complémentaires. La vie de Pierre, celle de Nathanaël ont basculé lorsque le regard et les paroles de Jésus ont atteint leur cœur.

Qu’en est-il pour nous ?

   Aujourd’hui, Jésus n’est plus présent physiquement près de nous, mais par l’Esprit Saint donné à la Pentecôte (Act 2), son regard surnaturel est toujours là, et pénètre toujours au fond de notre cœur, même si nous n’en avons pas conscience, même si nous refusons l’idée de cette connaissance que le Seigneur a de chacun de nous. Qu’est-ce qui me permet d’affirmer que le regard de Jésus est toujours présent ? Les textes bibliques ! J’ai cité plus haut 2 passages bibliques (Ps 139.1 et Jn 2.23). En voici un 3e, He 4.12 : La parole de Dieu est vivante et efficace, plus acérée qu’aucune épée à double tranchant ; elle pénètre jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle est juge des sentiments et des pensées du cœur.

   Lorsqu’on entend la fin de ce verset : la parole de Dieu …est juge des sentiments et des pensées du cœur, on a toujours tendance à considérer le verbe juger comme une menace. Cette compréhension est fausse ! Dieu ne veut pas notre condamnation, mais notre salut. Dieu ne menace pas à travers sa parole, mais nous donne un signal d’alarme pour nous détourner du péché et de ses conséquences humaines et spirituelles ? Lorsque le signal sonore de votre détecteur de fumée retentit,  ce n’est pas le signal sonore qui vous menace, c’est la fumée qui risque de vous asphyxier.C’est la même chose pour la parole : quand il y a un danger de prendre le mauvais chemin, la parole nous le signale. A chacun de nous d’en tenir compte !

   Cette parole pénétrante est aussi donnée aux hommes pour les guérir. Les guérir du découragement, de l’incrédulité, d’une foi vacillante, des peurs multiples, de l’angoisse de la mort, du manque d’estime de soi, de l’orgueil, du mensonge, de l’hypocrisie, de la fascination du pouvoir ou de l’argent, de souvenirs traumatisants, des séquelles du rejet, des séquelles d’une enfance volée, de la rancune, du non-pardon, etc… Tout ce que viens d’énumérer, et beaucoup d’autres situations encore, sont autant de boulets que nous traînons dans nos vies, qui nous paralysent et nous rendent plus ou moins prisonniers. Dieu connaît ces situations et veut que nous en soyons guéris, libérés, délivrés pour faire de chacun de nous des serviteurs et des servantes du Christ, libres  (Lc 4.17-18 et 21). Aujourd’hui encore, le regard de Jésus peut bouleverser la vie d’un homme, d’une femme, quel que soit son âge, et quel que soit son parcours avant cette rencontre décisive. N’ayons pas peur du regard de Jésus sur nous ! C’est un regard libérateur, un regard d’amour.

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Israël : Lac de Tibériade, près de Tabgha

 

22 décembre 2010

La foi de Joseph

 

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Jérusalem : Peinture murale représentant la piscine de Siloé

du temps de Jésus

La foi de Joseph

 

Le texte que vous allez lire est une méditation de Matthias Helmlinger,

pasteur de l'Eglise Réformée de France à Thiers

Matthieu 1.18-25 :

Voici comment arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, était fiancée à Joseph ; avant leur union elle se trouva enceinte par l'action du Saint-Esprit. Joseph, son époux, qui était une homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle. Comme il y pensait, voici qu'un ange du Seigneur lui apparut en songe et dit : "Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l'enfant qu'elle a conçu vient du Saint-Esprit, elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera sonpeuple de ses péchés". Tout cela arriva afin que s'accomplisse ce que le Seigneur avait déclaré par le prophète : "Voici que la vierge sera enceinte; elle enfantera un fils et on lui donnera le nom d'Emmanuel, ce qui se traduit : Dieu avec nous". A son réveil, Joseph fit ce que l'ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme chez lui. Mais il ne la connut pas jusdqu'à ce qu'elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus.

 

   Dès qu’on ouvre l’évangile selon Matthieu, on devine de quelle famille est issu l’auteur, Matthieu. Il est de la tribu de Lévy. Les Lévites servent le Seigneur Dieu dans le temple de Jérusalem. Ils sont très attachés à leur généalogie. Car le privilège et la responsabilité que constitue le service de Dieu au temple se transmettent de façon héréditaire uniquement dans la tribu de Lévy.

   Il n’est donc pas étonnant que Matthieu soit le seul évangile qui commence par la généalogie de Jésus. Pour que Jésus soit le Messie, il faut prouver qu’il est descendant de David, et d’Abraham bien sûr. Cette descendance de David, Jésus peut la revendiquer, mais uniquement par Joseph, son père adoptif. Ici sur terre, l’adoption peut paraître comme une parenté secondaire, une parenté de substitution. Il n’en est pas ainsi dans la Bible. Tous les enfants de Dieu sont adoptés.  Et cette adoption, loin de constituer une identité secondaire, constitue au contraire leur véritable identité. Jésus est adopté par Joseph et cette adoption permet de dire et d’écrire qu’il est « Fils de David ». L’apôtre Paul écrit par exemple qu’il a été mis à part pour annoncer l’Evangile de Dieu et que cet Evangile concerne Son Fils, le Fils de Dieu « issu selon la chair de la lignée de David, établi, selon l’Esprit Saint, Fils de Dieu avec puissance par sa résurrection d’entre les morts, Jésus-Christ notre Seigneur » (Romains 1/3).

   Il est remarquable que ce titre de « fils de David » typiquement messianique, soit attribué dans le texte de Matthieu à Joseph. L’ange l’interpelle ainsi : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint » (v.20). Des années plus tard, quand Jésus entrera à Jérusalem pour accomplir le pardon de nos péchés par sa mort, la foule l’accueillera avec ce même titre : « Fils de David » (Matthieu 21/9).

   Matthieu ne craint pas d’utiliser pour Jésus comme pour son père adoptif Joseph, la même expression : « fils de David ».    Quelle dignité éminente est ainsi donnée à Joseph ! La foi de Joseph est rarement admirée. Elle est plus souvent tournée en dérision : « Quel benêt, ce Joseph, de croire que sa femme est enceinte du Saint-Esprit ! » Si nous mettons de côté ces moqueries qui peuvent surgir dans notre propre esprit, si nous lisons simplement et tranquillement le récit de la genèse de Jésus-Christ – c’est le mot que Matthieu utilise au v.18: « genèse » de Jésus-Christ – si nous lisons le récit de Matthieu, nous sommes obligés de constater l’importance de la foi de Joseph. Pas de genèse possible de Jésus-Christ sans la foi et l’obéissance simple de cet homme juif qu’est Joseph ! Matthieu dit que c’était un « homme juste ». Il ne voulait pas porter préjudice à sa femme, dont il pensait pourtant qu’elle l’avait trompé.

   Quelle leçon extraordinaire nous avons déjà dans ce comportement : quelqu’un vous a fait du tort ? Votre propre épouse vous a trompé ? Ne lui faites pas de tort. Ne rendez pas le mal pour le mal ! Cette dernière phrase est même un verset de la Bible (I Thessaloniciens 5/15). Joseph est de la trempe de ces Juifs qui sont justes. Devant l’antisémitisme qui ravage à nouveau nos sociétés aujourd’hui, il est bon de se souvenir de cela : il y a des hommes justes parmi les Juifs. Joseph était de ceux-là. Non seulement il était juste, mais il a été capable d’écouter la Parole de Dieu et d’agir en conséquence. C’est lui qui permet à la prophétie de l’Immanouël de se réaliser. C’est lui qui est à l’origine de ce que nous avons aujourd’hui un Sauveur, quelqu’un qui nous sauve de nos péchés – c’est ce que signifie le nom de Jésus donné par Joseph à son fils.

   Que signifie « sauver de nos péchés » ? Ne restons-nous pas pécheurs jusqu’à notre mort ? Sinon, pourquoi y aurait-il une confession des péchés à chaque culte, le dimanche matin ? Pourquoi les Juifs demanderaient-ils pardon pendant toute une journée chaque année à Yom Kippour ? « C’est Lui qui sauvera son peuple de ses péchés » dit l’ange (v.21). Jésus a posé des actes salutaires. Ces actes salutaires nous aident à sortir de nos péchés. Regarder à la croix lorsque nous avons péché est toujours possible. Jésus est définitivement pour nous le Crucifié Ressuscité, les deux en même temps. Tout ce que nous recevons, nous le recevrons toujours par grâce. Le Saint-Esprit nous sera toujours à nouveau donné. Le Sauveur qui nous sauve de nos péchés s’est associé avec nous sur la croix pour toujours. Son pardon et son aide pour que nous soyons sanctifiés nous sont pour toujours promis.

   Permettez-moi d’insister sur la simplicité de la foi de Joseph : il envisage une procédure en divorce, il reçoit une parole de Dieu, il croit à cette parole et agit selon cette parole. On ne nous dit rien de plus. Le récit est très simple et c’est ce qui fait justement sa force.

   Mais il y a quand même quelque chose que Matthieu a ajouté : il a ajouté une citation d’Esaïe. Cette citation est extraite du début du livre d’Esaïe, de cet ensemble de chapitres qui parlent à plusieurs d’un enfant qui sera un signe : Immanouël. Cet enfant cristallisait toutes les attentes, tous les espoirs à une époque de grande incrédulité. Esaïe était découragé par l’incrédulité des dirigeants politiques de son époque, qui étaient pourtant des fils de David. Il n’arrivait pas à leur faire partager sa foi dans le Dieu d’Israël qui tient toutes choses dans ses mains, qui tient dans ses mains même les rois étrangers, même les forces militaires des nations voisines. Esaïe semble même avoir perçu un découragement en Dieu Lui-même, puisqu’il s’exprime ainsi : « Ecoutez donc, maison de David ! Est-ce trop peu pour vous de fatiguer les hommes, que vous fatiguiez aussi mon Dieu ? » (Esaïe 7/13). Quelle audace chez certains prophètes ! Parler du découragement du Seigneur Dieu Lui-même ! Mais que cela nous aide à comprendre combien Dieu veut s’impliquer dans notre histoire et combien il est déçu quand nous lui fermons la porte. Ce qui ferme la porte à Dieu, c’est l’incrédulité. Le fils de David, Ahaz, roi de Jérusalem à l’époque d’Esaïe, ne voulait même pas demander un signe à Dieu, un signe qui l’aurait aidé à croire dans la promesse de Dieu. Il était fermement décidé à ne pas croire en Dieu, même s’il donnait un signe. Il croyait fermement dans l’alliance politique qu’il espérait négocier avec les Assyriens.

   Mais malgré l’incrédulité, Dieu donne quand même le signe : c’est la naissance d’un nouveau fils de David, Immanouël. Esaïe a la certitude que sous son règne imminent, les promesses de Dieu s’accompliront. Mais que de souffrances pour Jérusalem, entre-temps ! Quelle folie pour Ahaz de se confier dans l’Assyrie, au lieu de se confier dans le Seigneur Dieu tout-puissant, Roi et Père d’Israël ! Esaïe exprime cela par une très belle image, triste et terrible mais belle : « parce que ce peuple refuse les eaux de Siloë qui coulent doucement… à cause de cela le Seigneur fera monter contre eux les eaux puissantes et abondantes du Fleuve – le roi d’Assyrie et toute sa gloire. Il s’élèvera partout au-dessus de son lit, il franchira toutes ses berges. Il envahira Juda, il débordera, inondera, arrivera jusqu’au cou, et l’extension de ses rives remplira la largeur de ton pays, ô Immanouël ! » (Esaïe 8/7-8). Ceux qui ont visité Jérusalem, savent que la source de Siloë coule en permanence, doucement, mais de façon permanente, ce qui est très étonnant dans le pays désertique qu’est la Judée. La nation d’Israël avait beaucoup d’admiration pour les pays comme l’Assyrie ou l’Egypte qui eux, ont des fleuves au débit impressionnants, des fleuves garantissant la fertilité et donc la richesse et la force.

   Nous sommes encore aujourd’hui devant le même choix qu’Israël : croire en la présence douce et permanente de notre Seigneur et Dieu, d’Immanouël, ou croire à la puissance objective et visible des forces naturelles et des nations de ce monde.

   Du côté de Jésus crucifié percé par la lance d’un soldat romain a coulé de l’eau et du sang. Cette eau et ce sang coulent encore, doucement mais en permanence pour la vie et le pardon, pour la paix et la joie. Quelle efficacité allons-nous choisir ?

Appartenir à Israël, c’est choisir la source de Siloë. Le Psaume 24 (v.6) que nous avons écouté au début de ce culte nous le dit d’une autre manière, mais c’est la même idée : appartenir à Jacob, c’est chercher la face du Seigneur.

Jacob avait deux femmes : Léa et Rahel. L’évangile de Matthieu nous parlera des souffrances de Rahel à la naissance de Jésus. Ecoutons ce qu’a écrit le père Louis-Marie Baudouin au début du 19° siècle. Il a été cité récemment par le père Michel Remaud qui vit depuis des années en Israël.

Louis-Marie Baudouin compare Jacob à Jésus.  Je le cite librement, car Louis-Marie Baudouin n’a jamais voulu qu’on publie ses textes. Il les avait même détruits, mais des sœurs avaient fait des copies : « Jacob avait deux femmes, Léa et Rahel. C’est Rahel que Jacob a aimé la première. Jésus a aimé en premier la synagogue. Elle reste pour Lui son épouse préférée, la belle Rahel. Mais c’est Léa qui fut la première épouse de Jacob. Léa, c’est l’église des nations. Certes, Léa est l’épouse féconde, mais malheureusement trop féconde. Les différents peuples qui ont composé l’Eglise, comme les Grecs, les Romains, les Barbares, y ont apporté une variété merveilleuse, mais combien de taches dans chaque peuple que le baptême n’efface pas ! Les guerres, les hérésies ont noirci un peu cette Epouse trop féconde. L’Eglise a été composée de fidèles de diverses nations, par conséquent de divers intérêts et caractères et passions. Des intérêts temporels, des points d’honneur particuliers ont divisé des pays chrétiens contre des pays chrétiens. L’Eglise telle quelle, avec tout ce paganisme ne répond pas à l’attente de Jésus. Jésus aime toujours Rahel, la belle synagogue. »

Nous ne sommes pas obligés de prendre telles quelles ces interprétations allégoriques du père Marie-Louis Baudouin. Je considère qu’elles ouvrent une piste. Une piste qui nous aide à ne pas oublier que, d’après le récit de Noël de Matthieu (Matthieu 2/18), c’est Rahel qui a souffert pour que Jésus puisse naître dans ce monde. C’est elle qui a pleuré.

Les souffrances d’Israël ne sont pas rien. La foi de cet homme juif juste qu’est Joseph, ce n’est pas rien. Un minimum de reconnaissance, ce ne serait pas du luxe !

  Amen.

 

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