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20 novembre 2017

Entrer dans les œuvres de Dieu

œuvres de dieuEntrer dans les œuvres de Dieu

Philippiens 2,8-10

  Lorsque notre petite église a pris la décision de se de réveiller spirituellement, poussée par le désolant constat d’effectifs en baisse, d’où sont absents enfants, adolescents et jeunes couples, c’est parce que nous avons enfin pris conscience que nous avions négligé la mission essentielle d’une église chrétienne digne de ce nom : l’évangélisation.


  De nombreuses églises comme la nôtre ont mis du temps à comprendre que l’époque est révolue où 2 ou 3 générations d’une même famille se retrouvaient régulièrement au culte dominicale, et où le renouvellement des effectifs était quasiment automatique, la génération qui disparaissait étant remplacée par celle qui naissait. C’était peut-être le « bon temps », comme on dit. C’était surtout un temps propice à la paresse spirituelle, puisque sans évangélisation l’église semblait bien se porter. On voit aujourd’hui les fruits de cette aberration. Comme l’a dit quelqu’un, notre église est passé insensiblement de l’été à l’automne, puis de l’automne à l’hiver. C’est là où en sommes aujourd’hui !
  Ne vous récriez pas intérieurement, frères et sœurs ! Ne pensez pas que je suis pessimiste, que je suis en train de vous saper le moral. C’est tout le contraire ! Tous les médecins le disent : tant qu’un homme n’a pas pris conscience qu’il est alcoolique, il ne se soigne pas. C’est la même chose sur le plan spirituel : tant qu’une église n’a pas fait le bon diagnostique sur les causes de son déclin, elle n’est pas capable de choisir le bon remède.
  Ayant enfin pris conscience qu’il fallait évangéliser, nous avons organisé, à partir de 2014, 3 parcours Alpha auxquels un bon nombre de membres ont participé activement, par leur présence physique et leur engagement spirituel. Que faut-il retenir de ces 3 moments d’évangélisation ?
Le premier a porté quelques fruits visibles pour lesquels nous avons loué Dieu. Les fruits du second sont pour l’instant invisibles, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en aura pas. Quant au 3e, il n’est pas allé jusqu’au bout, faute de participants. Et pourtant nous étions associés avec l’Église évangélique !
Pour les organisateurs, le bilan de ces trois expériences d’évangélisation est mitigé. Les uns sont optimistes, les autres beaucoup moins, chacun étant persuadé qu’il voit juste.
  Je veux simplement souligner le fait que nous n’avons pas organisé un 4e parcours Alpha. Cela me semble symptomatique d’un malaise. Et depuis, nous ne savons plus comment nous y prendre pour évangéliser. Pourquoi ? Parce que, inconsciemment ou pas, nous avons peur d’un nouvel échec.
Lorsqu’en mars 2017 nous avons demandé à Stéphane Kouyo de nous parler de l’évangélisation, nous avions tous plus ou moins en tête qu’il allait nous donner une technique, sinon « infaillible », du moins « pratique » pour évangéliser.
Heureusement pour nous, c’est l’Esprit-Saint qui lui avait soufflé ce qu’il allait nous dire : il ne nous pas parlé de technique, mais de notre cœur. Un cœur qui doit ressembler au cœur plein d’amour de Dieu pour chacun des hommes, c’est-à-dire, un cœur qui veut que tous les hommes soient sauvés (1 Tm 2,4). Dieu qui a un cœur missionnaire nous bénit pour que nous soyons en bénédiction pour les autres. Cette bénédiction passe par l’évangélisation. C’est là que nous serons dans le plan de Dieu. Oui, Dieu veut nous donner un cœur missionnaire. Mais l'évangélisation ne doit pas être un « devoir" de bon chrétien obéissant. Elle doit être un "désir" brûlant d'apporter la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ à ceux qui ne le connaissent pas encore.
Alors, plusieurs questions se posent : comment notre cœur peut-il ressembler à celui de Dieu ? Comment notre cœur va-t-il devenir brûlant pour parler de Jésus ? Comment ferons-nous taire en nous tous les arguments que nous invoquons sincèrement, et qui constituent autant d’obstacles pour nous empêcher de parler de Jésus aux non croyants : « je ne suis pas capable », « je suis timide », « je ne sais pas m’exprimer », « je ne connais pas assez la Bible, « les gens m’ont repoussé à chaque fois que j’ai essayé », les gens ne s’intéressent pas à la vie spirituelle », etc…etc…
  À la question : « comment notre cœur va-t-il pouvoir devenir brûlant pour parler de Jésus ? », le Seigneur voudrait nous faire prendre conscience que nous n’y arriveront jamais, si nous comptons sur nos propres forces.
Nous avons lu, dans Eph 2,8 : « C’est par grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous ; c’est le don de Dieu. Ce n’est point par le œuvres afin que personne ne se glorifie ».
Eh bien, de même que nous ne pouvons pas obtenir la grâce de Dieu par nos propres efforts, ou par nos œuvres, de même notre cœur ne ressemblera jamais à celui de Dieu par nos propres efforts. Parce que cela aussi, c’est le don de Dieu, c’est le don de la grâce.
  Pour que notre cœur devienne brûlant pour parler de Jésus, il faut d’abord que notre cœur soit brûlant pour Jésus lui-même. C’est dans l’intimité d’un cœur à cœur avec Jésus que cela devient possible. C’est dans ce cœur à cœur que Jésus va nous révéler les pensées de son propre cœur, qu’il va nous montrer le chemin sur lequel il veut nous envoyer, les œuvres qu’il a préparées pour chacun de nous.
Et pour s’approcher du cœur de Jésus, pour entendre sa voix, il n’y qu’un seul moyen : la prière de louange et d’adoration.
  Lorsque la louange et l’adoration seront au cœur de notre prière, nous verrons se transformer les motivations de notre engagement pour Jésus. Nous ferons tout pour la seule gloire de Dieu.
  Pour éclairer ce que je viens d’affirmer, je citerai quelques lignes de Sammy Tippit dans son livre « Digne d’adoration » :
« Le fait de parler de Jésus aux autres sert d’abord la gloire de Dieu. Beaucoup se sont découragés et ont cessé porter témoignage parce qu’ils n’avaient pas bien compris l’objet du témoignage. Si je demandais à la plupart des chrétiens évangéliques pourquoi nous devons parler de l’évangile aux autres, je recevrais sans doute des réponses très variées. Certains diraient : « Les gens meurent et vont en enfer ; il faut les sauver ». C’est vrai, mais ce n’est pas une réponse adéquate, et ce pour trois raisons fondamentales. Premièrement, elle oriente le salut vers les besoins de l’homme. Ensuite, elle place le plus gros du fardeau sur celui qui témoigne pour Christ plutôt que sur l’Esprit-Saint. L’œuvre de salut est l’œuvre de la grâce de Dieu qui est donnée par l’Esprit-Saint. Il est de la responsabilité du chrétien d’obéir et de partager sa foi. Il est de la responsabilité de l’Esprit-Saint d’attirer les gens vers le Sauveur. Troisièmement, le fait d’échapper à l’enfer est présenté alors comme un bienfait accessoire du salut. Le bienfait essentiel est que les hommes et les femmes sont amenés à établir une bonne relation avec Dieu, ce qui contribue à Sa gloire.
Lorsque j’ai compris cela, poursuit l’auteur, toute ma vision du témoignage a été transformée. J’ai cessé de parler de Christ aux autres parce que j’éprouvais un sentiment de culpabilité. J’ai commencé à parler de Christ à cause de mon amour et de mon adoration pour Lui. Je voulais que les autres le connaissent parce que Sa grandeur et Sa majesté sont immenses. Mon témoignage est devenu l’épanchement du trop plein de mon adoration. »
  De nombreux chrétiens, moi le premier, peuvent se reconnaître dans la vision « utilitaire » de l’évangélisation que l’auteur dénonce : sauver les gens, remplir les églises, accomplir un devoir chrétien.
Cette façon de voir les choses fait passer au second plan la gloire de Dieu. La conséquence, c’est que tout en appelant à l’aide le Saint Esprit, c’est en réalité en comptant sur ses propres forces que l’on entreprend l’évangélisation.
Je crois que les 3 parcours Alpha que nous avons organisés procédaient de cette vision erronée de l’évangélisation. Il est donc logique qu’il n’y en ait pas eu un 4e, devant l’échec caractérisé du 3e, et la peur d’un nouvel échec.

  Comment devons-nous procéder dorénavant pour entrer dans le plan de Dieu ?
D’abord, demander à Dieu qu’il convertisse notre cœur pour que nous comprenions que si nous sommes sur Terre, c’est avant tout pour adorer Dieu et pour que notre témoignage amène les autres à adorer Dieu à leur tour.
  C’est dans ce but que le conseil presbytéral a proposé à l’assemblée de commencer chaque culte dominicale par un moment de prière exclusivement réservée à convertir nos cœurs, à les rendre brûlants pour Jésus.
Lorsque l’Esprit-Saint aura fait ce travail en nous, l’évangélisation, sous toutes ses formes, deviendra aussi naturelle que la respiration. Elle ne constituera plus un « devoir » une « charge », un « souci », parce que ce même Esprit-Saint nous fera comprendre que nous n’avons pas à nous inquiéter de ce que nous avons à faire. Pourquoi ? Parce que Dieu a tout préparé d’avance, comme l’écrit Paul en Éphésiens 2,10 : « Ce que nous sommes, nous le devons à Dieu. Il nous a recréés en Christ pour nous faire accomplir, dans la communion avec lui, les bonnes actions qu’il a préparé depuis longtemps pour nous. Voilà la vie conforme à la volonté de Dieu, celle pour laquelle il a tout arrangé d’avance ; il a préparé notre chemin afin que nous n’ayons plus qu’à y marcher. »

  Comment peut-on résumer ces quelques phrases de Paul pour qu’elles nous montrent les erreurs à ne pas commettre et le chemin à suivre ?
Lorsque nous nous abandonnons totalement à Dieu, c’est lui-même qui va susciter l’œuvre dans laquelle il nous demande d’entrer et pour laquelle sa présence et sa puissance ne feront jamais défaut. C’est comme si le Seigneur nous disait : « Honore-moi, et travaille à ce que les gens m’honorent, et Moi, je fais le reste ».
Pour bien comprendre : Adorer Dieu nous conduit à l’abandon total, à être de plus en plus sensible à la voix du Saint-Esprit, au désir de lui obéir joyeusement, de faire connaître aux autres son amour et sa grâce. C’est dans cet abandon confiant que Dieu va nous permettre de faire connaître la puissance de son amour. Au contraire, lorsque le chrétien veut faire les choses par lui-même, il limite la puissance de Dieu.
Dans l’adoration, Dieu nous conduit entrer de plain pied dans son plan pour nous. Comme l’écrit l’apôtre Paul, c’est Dieu lui-même qui a préparé les œuvres pour nous depuis longtemps. Nous n’avons plus à nous inquiéter, à tirer des plans sur la comète, à nous demander si nous serons capables ou non.
  La seule chose que nous ayons à faire, c’est de garder les yeux fixés sur Jésus dans l’adoration. Au temps voulu et choisi par Dieu, les œuvres se présenteront à nous et nous pourrons y entrer avec confiance et dans la paix, sachant que c’est Dieu qui les aura suscitées et qu’il nous accompagnera, pour que son nom soit glorifié par le plus grand nombre.
  Il nous semble que l’interêt que manifeste le pasteur qui se verrait bien en poste à Thiers, et dont le ministère est précisément l’évangélisation, est un signe que Dieu nous fait pour nous dire : « Cherchez d’abord la gloire de Dieu ; je suscite les situations et les œuvres qui vont vous permettre de glorifier mon non ».
Autre petit signe qui vient renforcer le précédent : toutes ces dernières années, notre stand sur le marché de Noël avait des allures de « marchands du temple ». Or, cette année, à l’unanimité des 3 églises qui l’organisent, il n’y aura rien à vendre, à l’exception de Bibles, et tous nos efforts porteront sur l’accueil des visiteurs, petits et grands, pour essayer susciter un dialogue sur la vie spirituelle.
Dans cette orientation radicalement différente, nous sommes nombreux à ne pas voir de hasard., mais une circonstance que Dieu a préparée d’avance. Entrons joyeusement et confiant dans son œuvre.
  Dimanche dernier, dans une prière, l’une d’entre nous a employé une image forte qui résume tout ce que je viens de dire : lorsqu’un jardinier sème une graine en terre, il le fait avec confiance. Ce qu’il se passe sous la terre pendant des jours ou des semaines, il n’en a aucune idée. Et pourtant, il se passe quelque chose invisible à ses yeux. Et un jour, une pousse sort de terre.
  Chaque croyant, chaque église doit avoir la même confiance qu’un jardinier. La semence, c’est sa prière de louange et d’adoration. Au début, le travail qui se fait dans le monde spirituel est caché à nos yeux. Et puis un jour, Dieu suscite des circonstances, des œuvres bien visibles qu’il avait préparées, bien longtemps à l’avance, « afin que nous les pratiquions ».
  Je crois vraiment que Dieu a pris cette petite église par la main pour la conduire sur un chemin nouveau. Ne nous relâchons pas dans la prière. Mais passons plus de temps à le louer et à l’adorer. Et nous serons émerveillés par la façon dont il nous conduira pour que d’autres le louent et l’adorent à leur tour.

Commentaires

Bonjour,
quel message ! en le lisant j'ai vraiment cru qu'il s'adressais à notre église et qu'il parlais d'elle !
Nous nous sommes arrêtés au troisième parcours Alpha, nous recherchons et avons beaucoup de mal à trouver un pasteur, et même si notre église grandissait lentement mais surement pendant près de trente ans, ces dernières années non seulement elle ne prospère plus mais diminue même au fur et à mesure que les jeunes quittent la région et tout ceci malgré le mal que nous nous donnons pour essayer de résoudre nos problèmes.
"Chaque croyant, chaque église doit avoir la même confiance qu’un jardinier. La semence, c’est sa prière de louange et d’adoration."
encore une fois merci pour ce partage.
Georges.

Écrit par : collardé | 22 novembre 2017

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