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12 février 2018

Quel Jésus connaissons-nous ?

Quel Jésus connaissons-nous ?

Ex 34,27-35        2 Co 3,13-18

   Le message de ce matin reprend en grande partie un enseignement du pasteur argentin Juan Carlos Ortiz, extrait de son livre « Vivre avec Jésus aujourd’hui ». Les paragraphes que j’y ai ajoutés viennent en complément de cet enseignement très important pour notre foi personnelle et communautaire. Je lui ai donné pour titre : Quel Jésus connaissons-nous ?


   Ce titre, volontairement provocateur, a pour but de nous faire comprendre qu’il existe deux Jésus. Il y a le « Jésus historique » tel qu’il est rapporté dans les évangiles. C’est celui que les chrétiens comme les athées peuvent découvrir en lisant les évangiles. Mais il y a aussi le « Jésus vivant en nous » que seuls les chrétiens nés de nouveau et remplis du Saint-Esprit peuvent connaître.
   Il est bien sûr indispensable, pour nous chrétiens, de connaître le personnage Jésus tel que les évangiles en parlent. Mais si notre connaissance de Jésus se limite à cela, il nous manque l’essentiel. Pourquoi ? Parce qu’il nous manque la vie même de Jésus vivant en nous. C’est ce que Paul dit clairement en 2 Co 5,16 : « … même si nous avons connu le Christ selon la chair (c’est-à-dire le personnage historique), maintenant, nous ne le connaissons plus de cette manière ».
   À quoi Paul pense-t-il en disant cela ? Il pense que la vraie connaissance, c’est de connaître Jésus « selon l’Esprit ». N’est-ce pas lui qui a écrit en Gal 2,20 : "« Je suis crucifié avec Christ ; ce n’est pas moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ».

   Avant d’entrer dans le cœur de l’enseignement, je veux faire deux remarques importantes. La première, c’est que dans la nouvelle alliance, le Christ libère le chrétien de l’esclavage de la loi (Rm 7,4-6).
   Pourquoi la loi donnée par Dieu à Moïse rend-elle les croyants esclaves ? Ne serait-elle pas une loi juste ? Si, nous dit Paul : « La loi est sainte, et le commandement saint, juste et bon » (Rm 7,12). Alors, où est le problème ? Le problème, c’est la nature pécheresse de l’homme. À cause de cette nature, l’homme est incapable par lui-même de mettre la loi en pratique. Alors, à quoi sert cette loi ? Elle sert à lui faire comprendre qu’il est un pécheur, et que de ce fait, il a besoin d’un Sauveur. Ces principes de base que chaque chrétien doit avoir présent à l’esprit , l’apôtre Paul les annonce en Rm 3,20 et 7,7.
   La seconde remarque est en lien avec ce qui vient d’être dit sur l’esclavage de la loi. Je veux souligner que dans le texte de 2 Corinthiens que j’ai lu, Paul qualifie la loi de « lettre qui tue » (v 6), de « ministère de la mort » (v 7) et de « ministère de la condamnation » (v 9).
   Il est donc primordial de comprendre la différence qu’il y a entre l’ancienne alliance, dans laquelle de nombreux chapitres sont consacrés à la loi, et la nouvelle alliance.

   En 2 Co 3,3, Paul décrit les croyants de Corinthe — et donc nous — comme étant « une lettre de Christ, écrite par notre ministère, non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair ».
   Cette phrase très imagée signifie que l’enseignement que Paul et Timothée ont dispensé aux Corinthiens a fait d’eux des chrétiens réveillés qui marchent par l’Esprit et ne sont plus soumis à la loi.

   L’ancienne alliance, ce sont les Dix Commandements, qui furent gravés sur des tables de pierre. Mais la nouvelle alliance, ce n’est pas une loi écrite ; c’est le Christ lui-même vivant dans le cœur du croyant. Nous voyons là la différence radicale entre l’ancienne et la nouvelle alliance. D’un côté, la loi est à l’extérieur de l’homme ; de l’autre elle est à l’intérieur de l’homme.
   Bien avant la venue de Jésus, le prophète Ézéchiel (36,26) avait annoncé ce bouleversement de la place de la loi, tel que le décrit Paul : non plus une loi écrite gravée sur de la pierre, mais une loi intérieure animant le cœur de l’homme.
   Au v. 6, Paul insiste sur cette différence radicale en disant : « Dieu nous a aussi rendus capables d’être ministres d’une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l’Esprit ; car la lettre tue, mais l’Esprit fait vivre ».
   À quoi Paul pensait-il lorsqu’il parlait de l’Esprit dans ce verset ? Beaucoup de croyants pensent que l’ancien Testament, c’est « la lettre », et que le nouveau Testament, c’est « l’Esprit ». Et que les commandements que l’on trouve dans le Nouveau testament sont une version plus « spirituelle » de l’ancienne loi, comme par exemple ce que dit Jésus, à 6 reprises, en Mt 5 : « Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu ne commettras pas de meurtre, celui qui commet un meurtre sera passible du jugement. Mais moi, je vous dis quiconque se met en colère contre son frère sera passible du jugement… »
   Prenons conscience, frères et sœurs, que Paul considère aussi ces nouveaux commandements comme faisant partie de la lettre !
   En effet, Paul nous dit que la nouvelle alliance n’est pas une loi écrite, qu’elle soit de l’ancien ou du nouveau Testament. Elle n’est pas une interprétation spirituelle des Dix commandements. Elle n’est pas davantage le Sermon sur la Montagne. La nouvelle alliance n’est pas du tout une loi écrite. Elle est l’Esprit.
   Paul précise le sens de sa pensée : « Or, le Seigneur, c’est l’Esprit, et là où est l’Esprit, là est la liberté » (2 Co 3,17). La nouvelle alliance est une disposition par laquelle Dieu a choisi de venir vivre en nous personnellement, afin de permettre aux croyants que nous sommes d’accomplir sa volonté. C’est ce que prophétisait Ézéchiel : « Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon Esprit en vous et je ferai que vous suiviez mes prescriptions, et que vous observiez et pratiquiez mes ordonnances » (Ez 36,27).
   L’ancienne alliance est la lettre, la nouvelle alliance est l’Esprit. Le Seigneur lui-même est l’Esprit et il vit en nous. Être dans le royaume de Dieu, c’est être uni au Roi de telle sorte qu’il nous gouverne depuis notre cœur nouveau.

   Maintenant, prêtons attention à ce qui va être dit : Il est tout à fait possible de se servir des Évangiles et de toute partie du Nouveau Testament de la même manière que les Juifs, dont parle Paul, se servaient de l’Ancien Testament. Qu’est-ce que je veux dire ? Nous lisons le livre, puis nous essayons d’y conformer notre vie. Nous voyons comment a agi notre fondateur, et nous essayons de l’imiter. Si nous pratiquons de cette façon, qu’est-ce que cela donne ? Cela fait de nous une religion de plus parmi tant d’autres !
   Frères et sœurs, la nouvelle alliance n’est pas une religion ! Nous avons un fondateur vivant, Jésus. Il est vivant aujourd’hui. Il vit en nous ! Il est, en nous, la loi par laquelle nous vivons. Sa vie se reproduit en nous parce que nous avons été unis à Lui, rendu un même esprit avec lui, comme le dit Paul : « Celui qui s’attache au Seigneur est avec Lui un seul Esprit » (1 Co 6,17).
   J’ai déjà souligné que Paul décrit l’ancienne alliance comme un « ministère de mort ». C’était pourtant une alliance glorieuse parce qu’elle renfermait de nombreuses lois très belles. Mais elle apportait la mort à ceux qui essayaient d’obéir ces lois, parce qu’ils en étaient incapables. Pour cette raison, Paul appelait aussi l’ancienne alliance « le ministère de la condamnation » (2 Co 3,9).
   Ceux qui vivaient sous l’ancienne alliance avaient un voile sur leur cœur, nous dit Paul ( 2 Co 3,14).
   Je dois dire avec tristesse, écrit Juan Carlos, que moi aussi, pendant de longues années, je lisais la Bible avec un voile épais sur mon cœur. À cause de ce voile, je n’étais pas mieux loti que les gens de l’époque de l’Ancien Testament. Je voyais la lettre et rien d’autre. Je ne voyais pas l’Esprit. La lettre était donc comme un voile. Je ne pouvais pas voir l’intention de Dieu derrière la lettre. Je ne voyais que les exigences sans vie de la loi, exigences que personne n’a jamais été capable d’accomplir.
   Il poursuit : Je comprends maintenant pourquoi Paul appelait « condamnation » et « mort » l’ancienne alliance. J’essayais de vivre d’après la loi, et j’enseignais à d’autres comment vivre par elle. Mais nous nous sentions toujours en situation d’échec. Jamais on ne parvenait à vivre comme la loi le voulait. Alors, nous nous sentions condamnés et nous vivions avec un sentiment constant de culpabilité.
   Un très grand nombre de croyants se sentent terriblement découragés en essayant de vivre la vie chrétienne, parce que la distinction entre ancienne et nouvelle alliance n’est pas claire dans leur esprit. Ils savent que sous la nouvelle alliance, nous ne sommes plus sous la loi, mais ils essaient encore de vivre selon la loi. Quand ils découvrent qu’ils en sont incapables, ils se sentent condamnés.
   Nos églises sont remplies de chrétiens qui se sentent condamnés. Nous étions nombreux à avoir appris à porter un masque donnant l’impression que nous nous portions bien. Mais derrière ces masques, il y avait des sentiments d’échec et de découragement. Beaucoup de chrétiens désespèrent parce qu’ils ne parviennent pas à faire ce qu’ils croient devoir faire.
   C’est triste de voir tant de gens essayer de vivre la vie chrétienne et en déduire qu’ils en sont incapables. Lorsqu’un chrétien dit : « Je ne suis par sûr d’être sauvé ! », c’est le signe qu’il est encore prisonnier de la loi.
   Après avoir confessé qu’il a longtemps vécu sous la loi, le pasteur Juan Carlos témoigne comment il en est sorti. C’est un espoir pour tout ceux qui sont dans son cas : Dans ma propre expérience, ce ne fut qu’arrivé au bout de mes efforts personnels, quand j’ai compris que j’était incapable de faire tout ce qu’un chrétien était sensé faire, que j’ai déclaré forfait en me tournant vers le Seigneur.
Il est important d’entendre ce témoignage.
« Quand on se tourne vers le Seigneur, le voile de la loi est ôté » nous dit Paul au v. 16. Quand nous cessons d’essayer de faire par nous-mêmes et que nous nous reposons en Jésus, lui faisant confiance pour qu’il vive lui-même en nous la vie chrétienne, nous ne sommes plus aveuglés par le voile, nous voyons clairement.
   Lorsque quelqu’un vit sous la loi, essayant d’obéir à la lettre, il peut se débrouiller assez bien pendant un certain temps. Il se discipline et met sa vie en règle, de sorte qu’il réussit à donner l’impression d’une vie très sainte.
   Un jour, quelqu’un est venu à une réunion et à rendu témoignage : « Frères et sœurs, j’ai eu une expérience extraordinaire avec le Seigneur : il m’a délivré de la drogue ! ». Ce frère paraissait très saint pendant quelque temps. Il faisait tout ce qu’il devait faire et il était accepté par tout le monde comme étant très spirituel.
Après deux ou trois semaines, il était à nouveau avec une bande de copains en train de fumer un joint. Contrairement à ce qu’il avait dit, Christ ne l’avait pas délivré de la drogue ! En fait, si nous avions été sages, nous aurions mis un voile sur son visage pour que personne ne sache qu’il avait cessé de se droguer. La gloire qu’il avait manifestée était simplement la gloire de la loi, et elle s’est bien vite dissipée, parce que la sainteté de la lettre est généralement transitoire, elle ne dure jamais.

   Au v. 7, Paul écrit : "Si le ministère de la mort, gravé avec des lettres sur des pierres, a été glorieux, au point que les fils d’Israël ne pouvaient fixer les regards sur le visage de Moïse, à cause de la gloire, pourtant passagère de son visage, combien plus le ministère de l’Esprit ne sera-t-il pas glorieux !" 
   Comment Paul parle-t-il de ce ministère de l’Esprit ? Nous avons la réponse aux v. 17 et 18 : « Le Seigneur, c’est l’Esprit ; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté".
   La liberté par rapport à quoi ? Par rapport à l’esclavage de la loi ! Et il poursuit : « Or, c’est sans voile, le visage découvert, que nous tous, nous contemplons comme dans un miroir, la gloire du Seigneur. Ainsi, nous sommes constamment transformés d’après son modèle, pour lui ressembler davantage de jour en jour et en refléter une image toujours plus fidèle. Sa gloire devient progressivement nôtre. Il ne saurait en être autrement, car celui qui agit en nous, c’est le Seigneur lui-même par son Esprit ». (Traduction Parole Vivante)

   Au lieu de disparaître progressivement comme le fait la gloire de la loi, la gloire de Christ dans la vie d’une personne augmente sans cesse. La raison en est simple : Ce n’est pas une sainteté qui consiste à se conformer à ce que les autres attendent de vous en tant que chrétiens. C’est une sainteté intérieure qui jaillit spontanément, sans effort, naturellement, de notre cœur. Le vieux cœur qui était en chacun de nous à la naissance a été remplacé. Contrairement à ce que beaucoup pensent, il n’a pas été amélioré, rafistolé, rapiécé. Non ! Il a été remplacé. Nous avons un cœur nouveau. Le vieil homme essayait d’être saint, mais il était incapable d’y parvenir parce que son cœur n’était pas saint. Alors, la gloire disparaissait rapidement.
   Mais l’homme nouveau a un cœur qui est saint, il lui est donc naturel de vivre une vie juste. Il n’essaie plus d’imiter le Jésus d’il y a 2000 ans. Il laisse simplement le Christ vivant se manifester dans son caractère.

   Avons-nous vraiment compris ce que nous dit Paul ? Si oui, alors, nous pourrons faire l’expérience que préconise Juan Carlos Ortiz : Regardez-vous dans une glace. Mettez votre vision bien au point, et découvrez qui vous êtes. Vous êtes une expression du Christ glorifié, du Christ éternel qui vit en vous. Commencez à y croire, et vous commencerez à expérimenter sa vie comme une réalité quotidienne.

Commentaires

Merci Alain pour ce message !
On a parfois besoin d'un rappel même sur des points qui semblent évident ! Notre foi a tellement facilement tendance à se mettre en sommeil et oublier les fondamentaux entraînée en cela par le "ronron" d'une vie et d'un environnement qui se veulent de plus en plus permissif et "laïque" !
Je ne crois pas à la responsabilité de l'Église ni dans celle de son enseignement, en tout cas pour ce qui concerne les 30 dernières années mais je pense que nous sommes atteint d’une sorte de surdité quand le message entendu ne correspond pas à celui que notre société cherche à nous inculquer et qui est que le Christ est encore sur la croix je n'en veux pour preuve que l'importance 'mercantile" que l'on donne à Noël et qui tend à occulter Pâque qui devrait pourtant être LA fête Chrétienne. Dans nos églises, le Christ ne devrait plus figurer sur les crucifix ! (Tout ceci n'engageant que moi, bien sur !)
En plus ce message m'a permis de découvrir un auteur : "Juan Carlos Ortiz" très intéressant. internet est vraiment génial pour trouver même un auteur qu'on ne connais pas !
Je pense que Monsieur Juan Carlos Ortiz deviendra ma prochaine lecture !

Écrit par : GEORGES C. | 16 février 2018

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