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23 septembre 2019

Combattre la peur

peurComment combattre la peur ?

Mt 14,22-33


podcast

   Si j’ai été conduit à vous parler de la peur, aujourd’hui, c’est parce que j’ai été confronté à cette émotion, une fois de plus, il y a quelques semaines.

   Mais contrairement aux autres fois où j’attendais que cela passe, cette émotion a déclenché en moi une réflexion sur les causes profondes de la peur et sur ce qu’elle signifie sur le plan spirituel.


 D’abord, je dois dire que je n’étais pas confronté à un éléphant furieux qui courait vers moi, ni au fait que ma voiture était immobilisée sur une voie ferrée, alors qu’un train arrivait. 

   Dans ces circonstances, avoir peur est une bonne chose. Ce sont de bonnes peurs, des peurs objectives, déclenchées par un danger réel, qui nous permettent de réagir afin d’avoir la vie sauve : grimper dans un arbre pour éviter que l’éléphant nous écrase, ou sortir en vitesse de la voiture avant que le train ne la pulvérise. 

   Je ne parlerai donc pas de ces peurs-là. Je parlerai des peurs subjectives déclenchées par un danger imaginaire.

   Le danger a beau être imaginaire, ce sont des peurs bien réelles  qui empoisonnent la vie ; alors que dans  la presque totalité des cas, elles n’avaient pas lieu d’être, car rien ne s’est passé comme nous le redoutions.

   Ma peur, ce jour-là, c’était d’avoir de nouveau un épisode de vertiges comme celui que j’avais connu quelques jours avant. Ceux qui sont sujet aux vertiges savent que ce sont des moments très difficiles. Je m’étais réveillé avec la tête un peu vaseuse, et je me suis mis à guetter, fébrilement, les symptômes des vertiges, ce qui n’a fait  que faire grandir en moi la peur que je ressentais. En effet,  la peur entretient toujours la peur !

   C’est alors qu’un déclic s’est produit en moi sous la forme d’une question adressée à Dieu : Seigneur, pourquoi ai-je peur ? Comment se fait-il que j’ai peur de quelque chose qui pourrait exister, qui a déjà existé, mais qui n’existe pas pour le moment ?

   Je n’ai pas entendu de réponse. Alors, j’ai posé une autre question : Seigneur, est-ce parce que je manque de confiance en toi ? Là encore, pas de réponse de la part du Seigneur. Et pourtant, je savais pertinemment que c’était ça le cœur du problème : le manque de confiance, en toutes circonstances. 

  C’était tellement évident pour moi, que j’ai pris immédiatement une décision : « Seigneur, je ne veux plus jamais avoir peur, parce que je veux te faire confiance dans toutes les situations ».

   Et j’ai ajouté : « Quand mes vieux réflexes voudront rependre le dessus, rappelle-moi, Seigneur, l’engagement que je viens de prendre devant toi ».

   Ah ! Au fait, il faut que je vous dise : Je n’ai pas eu ma crise de vertiges tant redoutée ! Une fois de plus, j’avais eu peur POUR RIEN !

   Depuis ce jour, mes vieux réflexes sont revenus plusieurs fois. Mais à chaque fois, le Seigneur m’a rappelé ma volonté de ne plus avoir peur, c’est-à-dire de lui faire confiance. 

   La dernière fois, c’était le 3 septembre dernier. Mes enfants m’avaient offert un vol en parapente avec un moniteur, au sommet du Puy de Dôme. Dans mon salon, j’étais assez serein en imaginant le vol. Mais une fois arrivé sur place, en regardant le lieu de décollage au bord d’un à-pic vertigineux, mes vieux réflexes de peur ont voulu refaire surface. Ils n’ont pas eu beaucoup de temps, car le Seigneur m’a tout de suite rappelé l’engagement que j’avais pris devant lui.

    Eh bien, malgré le vent qui soufflait fort et le vide impressionnant, je n’ai pas eu peur du tout !

   Ce n’est pas pour parler de moi que je vous ai raconté cet épisode de ma vie. C’est seulement pour faire le procès de ce qui est très fréquent, de ce dont on parle rarement,  parce qu’on a un peu honte, mais qui empoisonne la vie de presque tout le monde : la peur.

   On retrouve ce mot 115 fois dans l’AT, et 26 fois dans le NT. L’exhortation « N’aie pas peur ! », ou l’équivalent, est mentionnée 29 fois, dont 5 fois dans le NT. La plupart du temps, c’est Dieu qui exhorte son peuple, ou un homme, (un prophète) de ne pas avoir peur. Dans le NT, c’est Jésus qui parle.

   On a tellement banalisé cette petite phrase, à propos de tout et de rien, qu’on ne comprend plus l’importance et le sens que Dieu et Jésus veulent lui donner dans les textes bibliques.

   Pour comprendre cette importance, afin de lutter contre la peur, il faut prendre conscience que le contraire de la foi, ce n’est pas l’incrédulité ou le doute. Si vous posez la question dans la rue, tous ceux que vous interrogez répondront que le contraire de la foi, c’est l’incrédulité. 

   Mais ce n’est pas ce que dit la Bible. Dans le texte de ce matin, Jésus nous fait clairement comprendre que le contraire de la foi, c’est la peur : « Mais en voyant que le vent était fort, Pierre eut peur, et comme il commençait à s’enfoncer, il s’écria : Seigneur, sauve-moi ! Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? (Mt 14,30-31).

   Jésus avait déjà dit cela à ses disciples dans l’épisode de la tempête apaisée : « Ses disciples s’approchèrent de lui et le réveillèrent, en disant : Seigneur, sauve-nous, nous périssons. Il leur dit : Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? » (Mt 8,25-26).

   Lorsqu’on a pris conscience que la peur  est un manque de foi, c’est-à-dire un manque de confiance en Dieu — « pistis », en grec, et « fides », en latin, veulent dire « foi", mais aussi « confiance » — on ne regarde plus la peur comme un sentiment  banal avec lequel on s’est habitué à vivre, même si cela nous gâche la vie. On regarde la  peur comme un manque de foi et de confiance en Dieu. C’est comme si on doutait qu’il conduise notre vie, toute notre vie, dans toutes les circonstances. C’est comme si on comptait sur nous au lieu de compter sur Dieu, ou comme si Dieu nous avait abandonné dans certaines circonstances.

   Jésus était dans la barque avec ses disciples, dans la même tempête. Mais sa confiance en Dieu lui permettait de dormir paisiblement.

   Juste après la sortie d’Égypte, Moïse était avec le peuple lorsqu’il a vu l’armée de Pharaon à sa poursuite, alors que la mer le privait de toute fuite possible. Il savait que Pharaon ne venait pas lui apporter des croissants pour le petit-déjeuner. Et pourtant, que dit-il au peuple ? « Soyez sans crainte, restez en place et voyez comment l’Éternel va vous sauver aujourd’hui » (Ex 14,13). Moïse avait confiance. Il a eu raison. La mer s’est ouverte devant eux pour qu’ils puissent s’échapper. Et l’armée égyptienne a été anéantie.

   Dans son ouvrage « Au nom de Jésus », Giles Boucomont écrit : « Qu’est-ce qui ressemble le plus à une peur qu’une autre peur ? La peur est un phénomène mental et la cause de la peur est souvent une confiance malade. Cette atrophie de la confiance nous permet d’inventer des peurs sans fondement objectif. Nous nous créons des peurs de choses qui n’existent pas… La peur est un système d’images mentales qui trouve sa racine dans un manque de confiance en soi, mais aussi un manque de confiance en Dieu ».

   J’ai connu quelqu’un qui, toute sa vie a eu peur de mourir. Ça lui a gâché la vie. Il est mort à plus de 80 ans ! J’ai connu une paroissienne qui avait peur de conduire la nuit. En hiver, elle devait quitter ses amis avant 17h ou trouver quelqu’un qui la raccompagne. Cela a duré 20 ans. Un jour, elle a dû déménager en Ardèche, dans un petit hameau isolé. Plus personne pour la conduire ! Elle s’est mise à conduire la nuit. Pendant 20 ans elle s’est gâché la vie en ayant peur de conduire de nuit.

   La peur a un catalogue très épais : Il y a la peur d’attraper toutes les maladies ; les hypocondriaques sont dans ce cas. Il y a la peur de se faire voler. Cela fait le bonheur des installateurs de portes blindées et de système d’alarme. La peur de prendre l’avion ; la peur de prendre le train ; la peur qu’un rendez-vous se passe mal ; la peur de ne pas être à la hauteur ; la peur de rater ses examens ; la peur de passer sous une échelle ; la peur de conduire sa voiture un certain jour du mois, car on a eu un accident ce même jour ; la peur d’être seul chez soi ; la peur du noir ; la peur de la panne de voiture ; la peur d’arriver en retard ; la peur de se tromper d’itinéraire, la peur de l’avenir, la peur de la mort, la peur des petites bêtes ; la peur d’avoir peur, etc, etc. 

   Les occasions de ces peurs subjectives sont innombrables, et l’ennemi de notre âme ne manque pas une occasion pour déclencher une peur en nous, car il sait que la peur nourrit la peur, elle s’auto-alimente !

Est-ce normal d’avoir peur ?

     Si nous trouvons normal d’avoir peur de tout et de rien, parce que ces émotions nous habitent depuis longtemps, et qu’on a fini par penser qu’elles font partie de la vie, nous sommes dans l’erreur. En effet, Dieu ne trouve pas cela normal et veut nous en délivrer. C’est un signe de plus de son amour pour nous : il veut que notre relation avec lui soit placée sous le signe de la confiance totale, pas seulement lorsque les choses vont bien — c’est facile ! — mais aussi lorsqu’on est confronté à l’inconnu.

   L’inconnu déclenche souvent des peurs ; des peurs la plupart du temps imaginaires. Prenons conscience que ce qui est inconnu pour nous ne l’est pas pour Dieu. 

  Lorsque Jésus nous dit : « N’ayez pas peur ! », ce n’est pas une parole en l’air. Il veut nous faire comprendre qu’il est à nos côtés dans des situations où notre nature humaine se laisserait aller à la peur.

   Prenons aussi conscience que lorsqu’on appartient à Christ, lorsque Christ fait partie de toute notre vie, notre vieille nature a laissé la place à une nouvelle nature où Christ règne en nous par l’Esprit qu’il nous a donné : la peur subjective ne doit plus avoir de place. C’est la confiance qui doit nous habiter désormais. C’est ce que Paul écrit : « Vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu un esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba, Père ! » (Rm 8,15).

   Parmi « l’esprit de servitude » que Paul mentionne dans ce texte, il y a la peur subjective. L’ennemi de notre âme essaiera toujours de déclencher en nous des peurs imaginaires. A chacun de nous de ne pas se laisser entraîner dans ce piège dont le but est de nous faire douter de la présence aimante de Dieu. Réagissons immédiatement comme Jacques nous exhorte à le faire : «  Résistez au diable, et il fuira loin de vous » (Jc 4,7). 

 Comment pouvons-nous résister au diable ? 

   D’abord, il faut prendre au sérieux l’exhortation de Jésus : « N’ayez pas peur ! ». Par ces 3 mots, Jésus nous appelle à renouer avec une totale confiance, quelles que soient les circonstances.

   Ensuite, il faut considérer que si Dieu nous a doté d’une volonté, c’est pour que nous en servions.

   Oui, me direz-vous, mais tout le monde sait que la volonté varie souvent, au gré des circonstances.

   C’est vrai lorsque la volonté est laissée à elle-même, c’est-à-dire lorsque c’est l’âme qui conduit notre vie. 

   Mais c’est faux lorsque la volonté est placée sous l’autorité de notre esprit, lui-même en communion avec l’Esprit de Dieu. Dans ce cas, notre volonté est ferme, parce que notre esprit est uni à l’esprit de Dieu. C’est comme si Dieu s’engageait avec nous.

   Ainsi, lorsque nous décidons de ne plus avoir peur, mais de faire confiance, Dieu nous donne la force de tenir notre engagement.

   Dans les premiers versets du Ps 27, David nous donne l’exemple d’une confiance totale 

« L’Éternel est ma lumière et mon salut :

De qui aurai-je crainte ?

L’Éternel est le refuge de ma vie :

De qui aurai-je peur ?

Si une armée se campait contre moi,

Mon cœur n’aurait aucune crainte ;

Si une guerre s’élevait contre moi,

Je serais malgré cela plein de confiance ».

   Si vous êtes confronté à ces peurs subjectives qui vous pourrissent la vie, et si vous voulez que le Seigneur vous permette de les repousser, je vous propose de dire à Dieu, dans le silence de vos cœurs :

   « Je ne veux plus jamais avoir peur, Seigneur. Je veux te faire confiance en toutes circonstances, car tu me dis : « N’aie pas peur ! ». 

   Merci, Seigneur ! Je crois que tu me guéris maintenant. Amen.

11:05 Publié dans Prédications | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peur

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