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05 décembre 2016

La différence entre l'esprit et l'âme

                           La différence entre l'esprit et l'âme

                                      Gn 2,7 ; Rm 8,5-8 ; 1 Co 2,12-15

     images.jpegLa parole de Dieu nous dit que l'homme a été créé esprit, âme et corps (1 Thessaloniciens 5,23). Connaissons-nous la différence qui existe entre l'esprit et l'âme ? Cette méditation a pour but de nous le faire comprendre.

Lorsque nous lisons attentivement les versets 13 et 14 de Corinthiens, nous voyons que Paul classe les hommes en deux catégories distinctes : d’une part, les hommes spirituels ; d’autre part, les hommes naturels.

 

Liturgie : Danielle Dugelet
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Prédication : Alain Nadal
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    Tout le monde comprend que l’expression « homme spirituel » désigne un être dont la vie est guidée par l’esprit que Dieu lui a donné, par ce « souffle vital » dont parle Gn 2,7.
   Il est moins évident de comprendre ce qu’est un « homme naturel ». Le texte grec peut nous aider : il parle d’ un homme « psychique ». Un homme psychique est un être dont la vie est guidée par son « âme ». En effet, psuché, en grec, c’est l’âme.
   Le verset 13 nous dit qu’un homme spirituel peut être instruit des réalités spirituelles, sous-entendu, qu’il est capable de les comprendre. L’important, en effet, c’est de comprendre les réalités spirituelles.
   Par contre, le verset 14 nous dit que l’homme dont la vie est guidée par son âme, « ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui ».
  Ces deux versets nous disent une chose capitale dont un chrétien doit avoir conscience, et qu’il ne doit jamais oublié : l’âme s’oppose l’esprit.
Seul l’esprit de l’homme est capable communiquer avec Dieu et discerner les choses de l’Esprit de Dieu. Pour l’âme, au contraire, les choses de l’Esprit sont incongrues et absurdes. L’âme considère ces choses comme une folie, car l’âme est incapable de comprendre les choses de l’Esprit de Dieu. C’est aussi ce qu’écrit Paul dans Rm 8,7 : « Les tendances de la chair sont ennemis de Dieu, parce que la chair ne se soumet pas à la loi de Dieu, elle en est même incapable ».
  Nous connaissons tous des hommes ou des femmes intelligents, sensibles ou volontaires qui rejettent violemment tout ce dit la Bible, ou qui y sont indifférents.
  Si nous désirons grandir dans notre vie spirituelle, nous devons comprendre l’opposition radicale qui existe entre l’esprit et l’âme. Sans cette compréhension, nous risquons de confondre ce qui, dans notre vie, est de l’esprit et ce qui est de l’âme. Et alors, nous passons à côté du plan de Dieu pour nous, ce plan qui veut que nous marchions dans son Esprit, pour produire des fruits spirituels abondants.

Attardons-nous maintenant sur ce que désigne l’âme
  L’âme, c’est notre personnalité, notre ego, notre moi. Elle se compose de 3 parties : l’intelligence, les émotions et la volonté. Ces 3 parties sont présentes dans chaque homme.
 L’intelligence est la partie principale de l’âme. C’est l’organe par lequel nous pensons, méditons, réfléchissons, mémorisons. Depuis que l’homme a goûter le fruit que Dieu lui avait interdit de manger — le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal (Gn 2,17)— il vit essentiellement dans l’intelligence, et se laisse diriger par les pensées de son intelligence. La plupart du temps, ce sont ses pensées qui dirigent ses actes.
 L’émotion est la partie de l’âme qui inclut l’amour, la colère, le chagrin et la joie. L’homme aime, hait, se réjouit, est chagriné, excité ou déprimé. Ces différents états de l’homme sont des fonctions émotionnelles de son âme. Certaines personnes très émotives réagissent aux circonstances par leurs émotions. Elles ne se laissent pas facilement convaincre par l’intelligence, mais sont facilement atteintes dans leurs émotions.
 La volonté est la partie de l’âme où l’homme prend des décisions. Il décide, détermine, juge, choisit, accepte ou refuse.
Certaines personnes sont davantage portées sur l’intelligence, d’autres sur les émotions, d’autres encore sur la volonté. Mais dès qu’une personne laisse conduire sa vie par une de ces trois parties, elle devient une personne psychique ; c’est une personne de l’âme. Autrement dit, c’est son âme qui dirige sa vie.
  Lorsqu’il est question de la chair dans Rm 8, la relation au péché est clairement mise en évidence, ce qui montre que tous ceux qui pèchent sont charnels.
L’âme, quant à elle, n’est pas nécessairement directement liée au péché. Bien souvent, si l’homme ne pèche pas, il n’est pas charnel aux yeux des hommes. Il peut être considéré comme un homme bon. Aux yeux des autres, il apparaît souvent comme ayant peu de défauts. S’il réagit d’une façon équilibrée dans ses émotions, ou s’il fait preuve d’une volonté ferme, s’il a une intelligence vive, il fait souvent l’admiration des autres hommes.
  Cependant, aux yeux de Dieu, son esprit est bloqué, et sa compréhension spirituelle est très faible, car il reste un homme de l’âme.
La difficulté qu’éprouvent de nombreux chrétiens pour les choses spirituelles est souvent liée à une pensée trop active. Pourquoi ? Parce qu’ils ont l’habitude d’utiliser leur intelligence lorsqu’il s’agit de considérer les choses spirituelles. Ils ne réalisent pas que l’intelligence n’a aucune capacité pour comprendre l’esprit, puisque l’intelligence est une partie de l’âme. Un homme qui vit dans son intelligence vit dans l’âme. Il est un homme psychique, et donc incapable de comprendre les choses spirituelles.
  Pour d’autres, l’obstacle est la volonté. Ils jugent et décident en étant dépendants de leur volonté pour chaque situation. Ainsi, sans même en être conscients, ils vivent dans leur âme et ne peuvent comprendre les choses spirituelles.
Chaque personne vit et agit dans la partie de son âme qui est la plus forte. Et c’est elle qui sera utilisée pour faire face aux différentes situations de la vie.

Qu’est-ce qu’un homme spirituel ?
  C’est une personne qui ne laisse diriger sa vie ni par son intelligence, ni par ses émotions, ni par sa volonté. Autrement dit, elle ne laisse pas diriger sa vie par son âme. Alors, qui dirige sa vie ? Son esprit.
  Bien que les personnes spirituelles aient aussi une âme, et bien que l’intelligence, les émotions et la volonté soient bien présentes en elles, elles ne vivent pas par ces fonctions de l’âme. Elles vivent par l’esprit et dans l’esprit. Elles permettent à l’esprit d’être le maître et la source de toutes leurs actions, et de leurs comportement. L’esprit occupe en elles une place dominante. Et l’âme occupe en elles une place de soumission. L’intelligence, les émotions, la volonté fonctionnent très bien. Mais elles sont sous le gouvernement de l’esprit et sont dirigées par l’esprit.
Bien qu’elles sachent faire usage de leur intelligence, de leurs émotions et de leur volonté, ces personnes spirituelles suivent toujours le sentiment de l’esprit en premier lieu. Elles refusent la domination de l’âme, elles refusent d’être dirigées par une des 3 parties de leur âme. Elles permettent donc vraiment à l’esprit de diriger tout leur être.
  Leur premier réflexe est d’utiliser leur esprit en cherchant dans cet esprit quel est le sentiment du Seigneur face à une situation donnée. C’est seulement après avoir saisi le sentiment du Seigneur, qu’elles utilisent leur intelligence pour comprendre ce sentiment dans leur esprit. Elles utilisent leurs émotions pour exprimer ce sentiment, et elle utilisent leur volonté pour accomplir ce que ce sentiment peut montrer.

  Peut-être pensez-vous qu’un chrétien ne peut être qu’un homme spirituel, et en aucun cas un homme psychique.
  Malheureusement, beaucoup de chrétiens sauvés, parce qu’ils croient au sacrifice de Jésus, vivent par leur âme, parce qu’ils ne connaissent pas la différence entre l’esprit et l’âme, et ce que cela implique. De plus, ils ignorent que Dieu désire les délivrer de leur âme afin qu’ils vivent par leur esprit.
  Un chrétien qui ne comprend pas cela pense qu’il est convenable et nécessaire de vivre par l’intelligence, les émotions ou la volonté de son âme, et que tout va bien pourvu qu’il se donne de la peine et ne commette pas d’erreur. Ce dont il n’est pas conscient, c’est que pour être chrétien au vrai sens du terme, cette attitude et ce genre de vie sont beaucoup trop insuffisants.
  D’autres chrétiens savent que leur esprit a été vivifié, que leur esprit est différent de leur âme, que Dieu aimerait qu’ils vivent de leur esprit. Ils continuent pourtant à se plaire dans leur âme et à vivre dans cette sphère. Pourquoi ? Parce qu’ils sont trop habitués à vivre de cette façon, et qu’ils ne voient pas vraiment l’importance de vivre en esprit.
  Ils savent que l’homme doit s’approcher de Dieu par l’esprit, mais ils continuent à utiliser leur âme pour toucher les choses divines. Ils savent qu’ils devraient vivre par l’esprit, mais ils ne le font pas. Ils trouvent très agréable d’utiliser l’intelligence, les émotions et la volonté de leur âme, et ils ne cultivent pas l’habitude d’utiliser l’esprit. Ces personnes sont de « bon chrétien », mais ne sont pas des chrétiens spirituels. Ils peuvent être satisfaits d’eux-mêmes, mais ils ne peuvent pas plaire à Dieu (Rm 8,8). Ils peuvent être appréciés par les hommes, mais ils ne peuvent pas recevoir la louange qui vient de Dieu. Ils ont besoin d’être délivrés, non pas du péché, puisque c’est déjà fait par leur foi en Christ, mais de leur âme. Ils ont besoin d’être délivrés non pas de la chair mauvaise que l’homme n’a aucune peine à condamner, mais de l’âme bien propre, si appréciée de tout le monde. S’ils ne passent pas par une telle délivrance, ils restent étrangers aux choses de l’Esprit de Dieu.
  En effet, l’intention de Dieu n’est pas de nous délivrer de toutes nos fautes, pour nous amener à un état de perfection. Son vrai désir est de nous délivrer de l’âme pour nous amener à l’esprit. Dieu ne veut pas que nous vivions seulement une vie sans faute, il désire surtout nous voir mener une vie spirituelle. Malheureusement, en grande partie à cause de leur ignorance concernant la différence entre l’esprit et l’âme, de nombreux chrétiens vivent toujours dans leur âme et s’épuisent à mener une vie parfaite, par la vie de leur âme. Leur esprit est certes vivifié, mais ils ne savent pas qu’ils doivent l’utiliser pour vivre par lui. Ils veulent se rendre parfaits par eux-mêmes. Toute leur vision des choses, leurs jugements, leur penchants et leurs inclinaisons sont dans l’âme et non dans l’esprit. Même si leurs pensées sont pures, leurs émotions équilibrées, leurs décisions précises, ils restent psychiques et non spirituels.

Comment pouvons-nous être délivrés de vivre par l’âme ?
  Nous avons besoin d’une double révélation : l’une concerne l’âme, l’autre concerne la croix.
  Le Saint-Esprit doit d’abord nous révéler que l’âme est incapable d’accomplir quoi que ce soit des choses de Dieu, et qu’elle n’a aucune valeur dans les choses spirituelles. Peu importe l’excellence et la force des parties de notre âme, les choses de Dieu et les choses spirituelles lui restent inaccessibles et incompréhensibles. L’intelligence la plus vive, les émotions les plus équilibrées et la volonté la plus ferme ne peuvent jamais nous rendre spirituels. Voilà la première chose que nous devons demander à Dieu de nous révéler.
  La seconde révélation que nous devons demander à l’Esprit Saint, c’est de nous faire comprendre que notre âme que que nous aimons tant, et tout ce qui y est lié, a déjà été crucifiée sur la croix avec Christ.
  Dans Gal 2,20, lorsque Paul écrit : « J’ai été crucifié avec Christ… » le « Je », ce n’est pas le corps, ce n’est pas l’esprit : c’est l’âme. Aux yeux de Dieu, l’âme n’est bonne que pour la mort. En fait, Dieu s’en est déjà occupé  au travers de la croix de Christ. Il est donc inutile de chérir les choses de notre âme. Nous devons plutôt admettre qu’elle doit mourir, qu’elle mérite la mort, et que , en fait, elle est morte, comme notre vieille nature (Rm 6,6).
  En effet, comme notre vieille nature, notre âme doit aussi passer par la croix de Christ. Elle doit mourir, non pas pour être détruire, mais pour être soumise à notre esprit.
  L’âme est toujours là, avec ses dons naturels, mais la Croix doit faire passer ces dons naturels par la mort. La Croix doit mettre sur ces dons naturels la marque de la mort de Christ. Cette marque de la mort est sans cesse laissée sur l’âme pour l’amener à la place où elle restera toujours soumise à l’esprit ; à la place où elle ne s’affirmera jamais de manière indépendante.
  Dans toutes les choses divines, nous devons refuser la prééminence des trois parties de notre âme, et laisser l’esprit occuper la première place pour gouverner et diriger toutes nos actions. Le résultat sera le suivant : d’une part, nous pourrons utiliser toutes les parties de notre âme, oui, mais seulement au service de l’esprit ; d’autre part, nous ne vivrons pas par l’âme. Nous ne serons pas des chrétiens psychiques, mais des chrétiens spirituels.

  Tout ce qui vient d’être dit concerne, bien sûr, la vie spirituelle de chaque membre d’une communauté. Chaque membre devrait comprendre cela et le mettre en pratique.
  Mais, au premier chef, cela concerne les membres responsables d’une communauté. Ils devraient le comprendre et le vivre avant les autres, car ils ont reçu l’autorité pour conduire une communauté à vivre par l’esprit.
Collectivement, un conseil presbytéral peut vivre dans l’âme, c’est-à-dire organiser des d’activités dites « spirituelles » qui ne sont pas dans les projets du Saint-esprit. Ces activités ont l’apparence du spirituel, mais en réalité, elles sont psychiques, c’est-à-dire pensées et conduites par l’âme. Et comme on ne récolte que ce qu’on a semé (Gal 6,7), ce qui a été semé sans donner la priorité à l’esprit, ne produira que les fruits de l’âme.
  Frères et sœurs, il faudrait être aveugle pour ne pas voir que notre communauté n’est pas sur la bonne pente ! Dieu aime cette petite église. Nous l’aimons aussi. Elle est fraternelle. Il s’y passe de belles choses. Dieu la bénit. C’est une certitude.
Mais elle s’est assoupie, car tout en parlant de l’Esprit, on ne lui laisse pas la première place. On continue, individuellement et collectivement, à vivre en utilisant les capacités de l’âme. Le Seigneur nous aime ; il ne nous juge pas, il ne nous accuse pas. Il nous a donné le monde d’emploi, par l’intermédiaire de Paul, pour que nous devenions des chrétiens spirituels, une communauté spirituelle. N’invoquons pas notre petit nombre, notre âge avancé, nos forces déclinantes pour justifier qu’il est trop tard pour changer. Moïse avait 80 ans, lorsque le Seigneur l’a appelé à libérer son peuple de l’esclavage d’Égypte. C’était une œuvre bien au-delà de ses forces. S’il a pu l’accomplir, c’est parce que tout lui a été donné. Cela lui a été donné, parce qu’il s’est abandonné totalement entre les mains de Dieu et qu’il a suivi ce que Dieu lui disait de faire. Rien n’a changé dans le plan de Dieu. Si nous nous abandonnons à Dieu, si nous laissons notre esprit diriger nos vies, nous comprendrons, individuellement et collectivement, quel est le plan de Dieu pour notre communauté. Et nous verrons les fruits de l’Esprit se réaliser.

   

Commentaires

Tu nous dis : "l’âme n’est bonne que pour la mort" ! Et moi, dans ma foi toute "réformée" qui croyais que l'âme était immortelle !
Je voudrai malgré tout juste te dire que cette méditation vient me chercher encore une foi juste à temps pour m’interpeller et me ramener, j'en suis persuadé, sur le bon chemin.
Merci Alain pour ce doigt pointé et posé sur le bon endroit, ça peut faire mal mais il le fallait, même après trente ans de vie avec le Seigneur.

Écrit par : Georges C. | 09 décembre 2016

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