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04 avril 2016

Libéré de la loi

 loi,libération

 

Alain NADAL

Libéré de la loi

Rm 7,1-24

podcast
   Au mois de février, nous nous étions penchés sur les textes de Rm 3, 23-25 et Rm 6,4-6 qui nous permettent de comprendre que le sang et la croix de Jésus nous accordent gratuitement le salut et nous libèrent de l’esclavage du péché. Nous avons vu que la croix n’est pas seulement celle de Jésus ; c’est aussi la nôtre, car le plan de Dieu pour chaque homme, c’est de nous associer à la croix de Jésus pour que nous mourrions avec Jésus à notre vieille nature « en Adam », et que nous ressuscitions avec lui, pour que notre nouvelle nature soit « en Christ ». 

 


   Je relis les versets de Rm 6 qui nous parle de la libération du péché que produit en nous la croix de Jésus, si nous nous approprions cette promesse : « Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Christ-Jésus, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui dans la mort par le baptême, afin que comme Christ est ressuscité d’entre le morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection ; nous savons que notre vieille nature a été crucifiée avec Lui, afin que ce corps de péché soit réduit à l’impuissance et que nous ne soyons plus esclaves du péché ».

   Pour ceux qui n’étaient pas là, je rappelle qu’ils peuvent retrouver ce message sur le site Internet de notre église et sur mon blog. Il est très important que ce premier point développé par Paul dans Rm 6 soit compris profondément, avant d’aborder le sujet dont Paul nous parle dans le chapitre suivant. 

   Dans Rm 6, Paul parle de la délivrance de l’esclavage du péché. Dans Rm 7, il veut nous faire comprendre une chose aussi importante : la délivrance de l’esclavage de la loi. Ces deux choses sont étroitement liées. Si nous ne sommes pas entièrement affranchis de la loi, nous ne pourrons jamais connaître le plein affranchissement du péché. Bien entendu, c’est la croix et seulement la croix qui opère, en même temps, ces deux délivrances. C’est uniquement dans un souci pédagogique que Paul traite de ces délivrances dans deux chapitres différents.

   Pour commencer, comprenons bien ce que veulent dire la « grâce » et la « loi ». 

   La grâce signifie que Dieu fait quelque chose pour moi ; la loi signifie que je fais quelque chose pour Dieu.

   Dieu a certaines exigences de sainteté et de justice que je suis appelé à remplir : c’est la loi. Or, si la loi signifie que Dieu me demande d’accomplir certaines choses, la délivrance de la loi signifie qu’il ne me le demande plus. Pourquoi ? Parce qu’il y a pourvu lui-même !

   On peut légitimement se poser la question : Pourquoi dois-je être délivré de la loi puisque c’est Dieu qui a donné la loi et demande que j’obéisse à cette loi ?

   Aussi longtemps qu’on n’a pas compris à quoi sert la loi, on se posera toujours cette question, et on n’y apportera jamais de réponse.

   Alors, à quoi sert-elle cette loi donnée par Dieu ?

   Nous avons un début de réponse dans Rm 3,20 : « Personne ne sera justifié devant Dieu par les œuvres de la loi, puisque c’est par la loi que vient la connaissance du péché ». 

   Un second verset va dans le même sens : « La loi est intervenue pour que la faute soit amplifiée » (Rm 5,20).

   Dans ces 2 versets, nous voyons que la loi sert à révéler le péché, notre péché.

   Paul nous fait faire un pas de plus dans la compréhension de ce qu’est la loi : « Le péché ne dominera pas sur vous, car vous n’êtes  pas sous la loi, mais sous la grâce » (Rm 6,14). On voit dans ce verset que lorsqu’on veut appliquer la loi pour plaire à Dieu, on se place sous la domination du péché. 

   Autrement dit, la loi ne sert pas à plaire à Dieu. À quoi sert-elle, alors ? Elle sert à révéler à l’homme qu’il est irrémédiablement pécheur. Il faut donc que l’homme soit délivré de la loi.

   « Je suis charnel, s’écrie Paul… Je suis vendu au péché… ce qui est bon n’habite pas en moi, c’est à dire dans ma chair. Car je suis à même de vouloir, mais non pas d’accomplir le bien » (Rm 7,14 et 18).

   Il est important de comprendre que la faute ne vient pas de la loi, puisque que Paul écrit que « la loi est sainte, et le commandement saint, juste et bon » (Rm 7,12). Il n’y a rien de mauvais dans la loi, mais il y a quelque chose de résolument mauvais en moi. Les exigences de la loi sont justes, mais la personne qui doit y satisfaire est mauvaise. La difficulté ne vient pas de ce que les exigences de la loi sont injustes, mais du fait que je suis incapable de leur obéir. Dieu me connaît : Il sait que de la tête au pied je ne suis que péché : Il sait que je suis la faiblesse en personne ; que je ne peux rien faire. Le malheur, c’est que moi, je ne le sais pas. J’admets que tous les hommes sont pécheurs et que, par conséquent, je suis un pécheur. Mais je n’imagine pas être un pécheur aussi mauvais que les autres. Il faut que Dieu m’amène à la place où je me vois entièrement faible et impuissant. Bien que j’en parle, je ne le crois pas encore tout à fait, et Dieu doit faire quelque chose pour me convaincre de ce fait.

   Sans la loi, je n’aurais pas connu la mesure de ma faiblesse. C’est ce que dit Paul lorsqu’il écrit dans Rm 7,7 : « Je n'ai connu le péché que par la loi ; car je n’aurais pas connu la convoitise, si la loi n’avait dit : Tu ne convoiteras pas ! ».

   Plus nous nous efforçons d’observer la loi, plus notre faiblesse devient manifeste. Dieu savait tout cela, mais nous l’ignorions, et c’est pourquoi Il nous fait traverser les mêmes expériences dont parle Paul : Il désirait de toutes ses forces observer la loi, mais il constatait qu’il n’y arrivait pas. Et il finit par s’écrier : « Malheureux que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ? ». N’est-ce pas aussi notre expérience ?

   Frères et sœurs, je vais dire quelque chose de difficile à entendre et à comprendre, et pourtant, c’est la vérité : Dieu ne nous a pas donné la loi pour que nous l’observions, mais pour que nous la transgressions. Car il savait que nous étions incapables de l’observer. 

   Dans quel but Dieu a-t-il voulu cela ? Pour que, constatant le fait que nous sommes incapables de l’observer, nous prenions enfin conscience, nous soyons convaincus de notre misère extrême et de notre faiblesse. C’est cela le but de la loi. Elle a été notre « coach » pour nous amener à Christ, afin que Lui-même accomplisse la loi en nous. C’est ce qu’écrit Paul en Ga 3,24 : « La loi a été donnée comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous soyons justifiés par la foi ».

   Les exigences de la loi sont immenses, mais elle n’offre aucun secours pour les accomplir. Les exigences du Seigneur Jésus sont tout aussi grandes et même plus grandes (Mt 5,21 : « Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, celui qui commet un mettre sera passible du jugement. Mais moi je vous dis ; Quiconque se met en colère contre son frère sera passible du jugement… »), mais ce qu’il nous demande, Il l’accomplit lui-même en nous. La loi nous donne des ordres, mais elle nous laisse impuissant pour les accomplir. Christ nous donne des ordres, mais il accomplit lui-même en nous les ordres qu’il nous donne.

   Le principe qui gouverne notre délivrance de la loi est exactement le même que celui qui gouverne notre délivrance du péché. Quand je meurs, je suis délivré de la tyrannie de mon ancien maître, le péché. Il en est de même à l’égard de la loi : Quand je meurs, je suis affranchi de la loi.

   Comment mourir ? Lorsque Jésus est mort sur la croix, Dieu m’a associé à la mort de son Fils. Je suis donc mort avec Lui : « Vous êtes morts à l’égard de la loi, par le corps du Christ, pour appartenir à un autre, à celui qui est ressuscité d’entre les morts, afin que nous portions des fruits pour Dieu. Car lorsque nous étions sous l’emprise de la chair, les passions des péchés provoqués par la loi agissait dans nos membres et nous faisaient porter du fruit pour la mort. Mais maintenant, nous sommes dégagés de la loi, car nous sommes morts à ce qui nous tenait captifs, de sorte que nous servons sous le régime nouveau de l’Esprit et non plus sous le régime ancien de la lettre (loi) » (Rm 7,4-6).

   Que signifie, dans la vie de tous les jours, le fait d’être délivré de la loi ? 

   Cela signifie que, désormais, je ne vais plus rien faire, par moi-même, pour plaire à Dieu.

   La délivrance de la loi ne signifie pas que je serai dispensé d’accomplir la volonté de Dieu. Bien sûr que non ! Elle ne signifie pas que je vais vivre sans loi. Bien au contraire ! Elle signifie que je suis libéré d’accomplir cette volonté par moi-même. Pleinement convaincu de mon incapacité de l’accomplir, je cesse tout effort pour plaire à Dieu sur la base de mon vieil homme. Parvenu enfin au point où je désespère entièrement de moi-même, je mets toute ma confiance en mon Seigneur pour qu’il manifeste sa vie de résurrection en moi. 

   Les exigences de Dieu n’ont pas changé, et ne changeront jamais, car la loi  est sainte, juste et bonne, mais ce n’est pas à moi d’y répondre. Sur son Trône de gloire, Dieu est celui qui donne la loi ; dans mon cœur, il est Celui qui l’observe. C’est Lui qui donne les commandements, et c’est Lui-même qui les accomplit par l’Esprit Saint qui est en moi.

   Nous avons tous besoin d’arriver au point où nous disons enfin : « Seigneur, je suis incapable de faire la moindre chose pour Toi, mais je me confie en Toi pour que tu accomplisses tout en moi ».

   « Je suis crucifié avec Christ, écrit Paul, et ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi » (Gal 2,20). Ce que je suis incapable d’accomplir par moi-même, c’est Christ qui l’accomplit en moi : « En effet, la loi de l’Esprit de vie en Christ-Jésus m’a libéré de la loi du péché et de la mort. Car — chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force — Dieu, en envoyant à cause du péché son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, a condamné le péché dans la chair ; et cela pour que la justice prescrite par la loi soit accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’Esprit » (Rm 8,2-4).

   Dans ma nouvelle nature « en Christ », c’est toi, Seigneur, qui aimes à travers moi. C’est toi qui pardonnes à travers moi. C’est toi qui parles, qui consoles, qui pries… à travers moi.

   Que d’erreurs ont été commises envers des générations de croyants, de leur avoir enseigné qu’il fallait obéir à la loi de Dieu, avant de s’être assuré qu’ils avaient bien compris et expérimenté l’amour inconditionnel de Dieu, et qu’on ne peut pas obéir  à la loi par ses propres forces ! Quels tourments ont leur a occasionné de leur dire qu’il fallait obéir à la loi de Dieu, avant de s’être assuré qu’ils avaient compris qu’il fallait que leur vieille nature en Adam devait d’abord être crucifiée avec Christ, pour ressusciter avec Christ à une vie nouvelle, et que c’est l’Esprit Saint qui, en eux, allait leur permettre d’observer la loi de Dieu !

  Cette mauvaise compréhension des textes bibliques a contribué a faire des générations de chrétiens crispés sur leurs efforts à faire pour plaire à Dieu, avec toutes les frustrations et la culpabilité que cela a entraîné puisqu’ils voyaient bien qu’ils n’y arrivaient pas ! Alors que c’est Christ lui-même par le Saint-Esprit qu’il nous accorde, qui agit en nous et par nous.

   Merci Seigneur, de nous avoir redit, aujourd’hui, que tu nous libères, non seulement de l’esclavage du péché, mais aussi de l’esclavage de la loi. Approfondit en nous cette révélation.

11:37 Publié dans Prédications | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : loi, libération

Commentaires

Ton message me fait penser à ce que disait un génial prédicateur, Allemand, aumônier de jeunes, du milieu du vingtième siècle, Wilhelm BUSCH pour expliquer pourquoi Dieu avait envoyer Jésus pour payer à notre place pour nos péchés, il expliquait qu'en Amérique une jeune femme après avoir commis une infraction au code de la route à du se présenter devant le juge d'un tribunal. Après lui avoir lu ses actes d'accusation le juge l'a condamnée à une amende assez sévère, puis le juge a retiré sa robe de magistrat, est descendu de son estrade pour venir près de la jeune femme, a sorti son portefeuille et a payé l'amende. En fait le juge était le père de la jeune femme mais pour ne pas perdre son intégrité, il a préférer payer lui même l'amende de son enfant. L'histoire est beaucoup mieux décrite par son auteur dans son livre :"Jésus Notre destin".

Écrit par : Georges C. | 09 avril 2016

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