Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01 juin 2015

Revêtir la vie nouvelle en Christ

sanctification,vie nouvelleAlain NADAL

Revêtir la vie nouvelle en Christ

Eph 4,17-5,7

 


podcast

 Il fut un temps (que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître) où les exhortations pratiques que nous venons d’entendre étaient souvent reprises dans les prédications. Aujourd’hui, les pasteurs répugnent à prendre ce genre de texte comme sujet de méditation. Ils craignent que la foi chrétienne ne soit reléguée au rang de simple morale, ou perçue comme telle, comme c’est souvent le cas, et qu’on oublie que la foi est avant tout une relation vivante avec Dieu dans la connaissance de Jésus-Christ et de l’œuvre de salut qu’il a accomplie à la croix. 

 


   A l’époque où Paul écrivait ces exhortations, les chrétiens d’Éphèse n’avaient sans doute pas de smartphones ni de tablettes numériques, mais leur nature humaine était strictement identique à la nôtre. Le corollaire de cela, c’est que si l’apôtre n’hésite pas à leur parler de traits de caractère et de comportements incompatibles avec la foi chrétienne comme le mensonge, la colère, le vol, les paroles négatives, l’amertume, l’inconduite sexuelle, l’impureté, l’avidité, ces exhortations ne doivent pas être mises aux oubliettes car elles sont toujours aussi importantes à entendre et surtout à mettre en pratique. À toutes les époques, l’Écriture doit être méditée dans sa totalité, sans procéder à des tris qui nous arrangent ou qui correspondent aux modes du temps.

  L’exhortation dominante de Paul, c’est que ceux qui se réclament de Christ, les chrétiens, ne peuvent pas se comporter comme ceux qui n’ont aucune référence à Christ. Le v 17 est sans ambiguïté : «  Voici donc ce que je vous demande avec insistance au nom du Seigneur : Ne vous conduisez plus comme les païens, que leurs pensées mènent au néant. »

Autrement dit : une vraie conversion doit être suivie d’un vrai changement de vie.

Cela semble évident. Et pourtant, il ne faut pas se lasser de le rappeler aux croyants, comme le fait Paul aux chrétiens, dans plusieurs de ses lettres. Faute de ne pas le faire, on voit dans quelles dérives les chrétiens peuvent se laisser entraîner !

Changement de vie et sanctification

   Un enfant de Dieu est destiné à ressembler de plus en plus à Christ. Paul écrits aux chrétiens de Rome : «  Dieu a décidé d’avance de rendre ceux qui l’aiment semblables à son Fils » (Rm 8.28-29). La sanctification est un sujet cher à Paul et il mérite d’être pris en considération, puisque c’est la transformation profonde que Christ opère dans la vie d’un croyant. Aux Thessaloniciens, il écrit : « Dieu ne nous a pas appelés pour que nous demeurions dans l’impureté (au sens large), mais il nous a appelés à la sanctification » (1 Thes 4.7). On pourrait définir la sanctification comme un chemin de croissance dans la sainteté.

Paul veut nous faire comprendre la chose suivante : il y a incompatibilité entre la conversion, c'est-à-dire notre appartenance à Christ, notre nouvelle vie avec Christ, et le mensonge, l’amertume, l’animosité, la colère, la calomnie, la malfaisance, les propos grossiers, l’impureté, l’inconduite sexuelle… Pourquoi ?

   Parce que la conversion relève de la nature spirituelle nouvelle que nous pouvons vivre en Christ, tandis que le reste relève de notre ancienne nature charnelle, sans Christ. Il ne peut pas y avoir de continuité. Il doit y avoir rupture, même si certains changements prennent du temps. Il y a un avant, et il y a un après. Il nous a arrachés au pouvoir des ténèbres et nous a transférés dans le royaume de son Fils bien-aimé (Col 1.13) ; Autrefois, vous étiez ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Vivez comme des enfants de lumière (Eph 5.8). Personne n’aurait l’idée d’aller au mariage de son enfant ou d’un ami en gardant les habits dont il se sert pour jardiner ou pour vidanger sa voiture. Non ! Il va mettre des habits adaptés à la situation nouvelle. C’est exactement ce que nous dit Paul : dépouillez-vous de la vieille nature et revêtez la nature nouvelle (v 21-24).

 

  Dans le plan de Dieu, notre corps, notre âme et notre esprit, c’est-à-dire notre être tout entier est destiné à devenir le temple du Saint Esprit (1 Co 6.19), lorsque nous acceptons Christ comme Sauveur et Seigneur. Nous avons besoin d’un grand « nettoyage », pour que notre être pécheur soit purifié, et pour que le Saint-Esprit puisse faire sa demeure en nous. C’est le sang de Jésus qui opère cette purification, par la foi au Christ ; et c’est l’Esprit Saint qui opère la transformation de nos façons de vivre, de penser et d’agir. 

  C’est l’Esprit-Saint qui opère cette transformation, mais le chrétien n’est pas un spectateur passif de cette transformation. Dieu nous donne une volonté et elle doit aller dans le sens de la volonté de Dieu : Débarrassez-vous de votre vieille nature que ses désirs trompeurs mènent à la ruine… et revêtez la  nouvelle nature, créée à la ressemblance de Dieu et qui se manifeste dans la vie juste et sainte qu’inspire la vérité (v 22-24, traduction BFC). 

  Peut-être avons-nous du mal à admettre que Paul mette sur le même plan le mensonge, la colère, l’inconduite sexuelle et l’avarice. Nous avons plutôt tendance à établir des degrés de gravité, suivant notre éducation et notre histoire personnelle. Paul n’a pas ce raisonnement, car pour lui, chacun de ces traits de caractère relève de notre ancienne nature sans Christ et ils attristent l’Esprit de Dieu, c’est-à-dire démentent la raison de sa présence en nous, démentent son œuvre de sanctification et l’empêchent ainsi de manifester sa puissance en nous. 

  Accordons de l’importance aux exhortations de Paul. Ne faisons pas de tri qui nous arrange. Admettons que ce ne sont pas nos critères de jugement qui doivent prévaloir, mais les critères de Dieu. La colère peut avoir des conséquences aussi graves que l’adultère ; l’amertume aussi ; l’avarice aussi ; parce que tous ces péchés attristent l’Esprit de Dieu et peuvent ainsi détruire notre relation avec Dieu et avec les autres. 

   Si nous prenons l’exemple de la colère qui est mentionnée deux fois dans ce texte (v 26 et 31), Paul nous dit qu’elle peut ouvrir la porte au diable (v 26). En effet, une simple colère au départ, une colère non maîtrisée peut entraîner l’amertume, l’animosité, des désirs de vengeance et de meurtres. Le conseil que donne Paul et d’une grande sagesse : « Que le soleil ne se couche pas sur votre colère » (v 26). Plus on attend pour pardonner ou demander pardon, plus les racines d’amertume s’enfoncent profondément dans notre cœur, et plus nous aurons du mal à les arracher. La vie spirituelle peut être complètement paralysée par la colère, comme elle peut l’être par l’avarice, l’impureté, l’inconduite sexuelle ou le mensonge.

  Notre caractère, nos comportements sont le résultat de plusieurs choses : 1) de notre nature pécheresse (que nous avons héritée) 2) mais aussi de la façon dont nous avons été éduqués 3) des conséquences de nos propres péchés ou des péchés que les autres (parents ou tiers) ont commis contre nous et qui nous ont blessés profondément.

   Alors, sommes-nous condamnés à subir et à rester esclaves de ces comportements toute notre vie ?

   NON ! Il n’y a pas de fatalité qui nous empêcherait de guérir de tout cela. Non seulement il n’y a pas de fatalité, mais la guérison fait partie du plan de Dieu. C’est lui qui veut opérer ces guérisons et qui peut nous guérir. Mais il ne le fera pas sans notre consentement, ni si nous sommes passifs.

   Vous sentez-vous concernés pas un de ces traits de caractère qui empoisonne votre vie, votre relation avec Dieu et votre relation avec les autres ? Et cela depuis des décennies, peut-être ? Ne désespérez pas en pensant que vous ne pourrez jamais changer. Ce serait nier, d’une part la volonté de Dieu pour vous libérer, et d’autre part sa puissance pour vous guérir et reconstruire en vous ce qui a été détruit par le péché, le vôtre ou celui des autres. 

Demandez d’abord à l’Esprit Saint de vous révéler l’origine de votre comportement déviant. Il vous montrera ce que vous devez confesser comme péchés, ce que vous devez pardonner, ce à quoi vous devez renoncer. 

Si vous n’y arrivez pas seul, alors demandez à un frère ou au pasteur de vous aider. Nous avons souvent besoin du ministère et de la prière de frères pour avancer dans la sanctification. 

 

Les commentaires sont fermés.