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15 octobre 2009

L'homme ne vivra pas de pain seulement

Sur la route de Matmata.jpg

 L'homme ne vivra pas de pain seulement
Je vous invite d'abord à lire le passage biblique que je me propose de commenter : Deutéronome 8.1-20
Vous observerez pour les mettre en pratique tous les commandements que je vous donne aujourd'hui, afin que vous viviez, que vous multipliiez et que entriez en possession du pays que l'Eternel a juré de donner à vos pères. Tu te souviendras de tout le chemin que l'Eternel, ton Dieu, t'a fait faire pendant ces quarante années dans le désert, afin de t'humilier et de t'éprouver, pour reconnaître ce qu'il y avait dans ton coeur et si tu observerais ses commandements, oui ou non. Il t'a humilié, il t'a fait souffrir de la faim et il t'a nourri de la manne que tu ne connaissais pas et que n'avaient pas connue tes pères, afin de t'apprendre que l'homme ne vit pas de pain seulement, mais que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de l'Eternel. Ton vêtement ne s'est pas usé sur toi, et ton pied ne s'est pas enflé pendant ces quarante années. Reconnais en ton coeur que l'Eternel, ton Dieu, t'éduque comme un homme éduque son fils. Tu observeras les commandements de l'Eternel, ton Dieu, pour marcher dans ses voies et pour le craindre. Car l'Eternel, ton Dieu, va te faire entrer dans un bon pays, pays de cours d'eau, de sources et de nappes souterraines qui jaillissent dans les vallées et dans les montagnes ; pays de froment, d'orge, de vignes, de figuiers et de grenades ; pays d'oliviers et de miel ; pays où tu mangeras du pain sans avoir à te rationner, où tu ne manqueras de rien ; pays dont les pierres sont du fer, et des montagnes desquelles tu extrairas le cuivre. Lorsque tu mangeras et te rassasieras, tu béniras l'Eternel, ton Dieu, pour le bon pays qu'il t'a donné. Garde-toi d'oublier l'Eternel, ton Dieu, au point de ne pas observer ses commandements, ses ordonnances et ses prescriptions que je te donne aujourd'hui. Lorsque tu mangeras et te rassasieras, lorque tu bâtiras et habiteras de belles maisons, lorsque ton gros et ton menu bétail se mulitiplieront, que l'argent et l'or se multiplieront pour toi et que tout ce qui est à toi se multipliera, prends garde, de peur que ton coeur ne s'élève et que tu n'oublies l'Eternel, ton Dieu, qui t'a fait sortir du pays d'Egypte, de la maison de servitude. Il t'a fait marcher dans ce grand et redoutable désert, pays des serpents brûlants, des scorpions et de la soif, où il n'y a pas d'eau ; il a fait jaillir pour toi de l'eau du rocher de granit, il t'a fait manger dans le désert la manne que tes pères ne connaissaient pas, afin de t'humilier et de t'éprouver pour te faire ensuite du bien. Garde-toi de dire en ton coeur : ma force et la vigueur de ma main m'ont acquis ces richessses. Tu te souviendras de l'Eternel, ton Dieu, car c'est lui qui te donne de la force pour acquérir ces richesses, afin de confirmer, comme il le fait aujourd'hui, son alliance qu'il a jurée à tes pères. Si tu oublies vraiment l'Eternel, ton Dieu, et que tu te rallies à d'autres dieux, si tu leur rends un culte et te prosternes devant eux, je vous atteste aujourd'hui que vous périerez. Oui, vous périrez comme les nations que l'Eternel fait périr devant vous, parce que vous n'aurez pas écouté la voix de l'Eternel, votre Dieu.
   Le texte que vous venez de lire nous montre la merveilleuse pédagogie de Dieu et l'amour qu'il manifeste pour tirer les hommes vers le haut, c'est-à-dire les amener à rompre avec l'orgueil qui est profondément ancré dans leur coeur (le MOI au centre), et leur permettre d'entrer dans une relation de confiance profonde avec Lui (Dieu au centre). Ce texte écrit il y a si longtemps nous concerne tous aujourd'hui encore : Dieu nous appelle à lui faire confiance, car il veut nous combler de grâces et nous communiquer sa vie
   Pour apprécier la pédagogie et l'amour de Dieu dans ce texte, il faut se souvenir de la raison pour laquelle le peuple a marché pendant 40 ans dans le désert. Souvenez-vous : Dès sa sortie d'Egypte, Dieu aurait voulu que son peuple prenne rapidement possession de la Terre Promise. Mais le peuple ne lui a pas fait confiance. Il a eu peur d'entrer dans le pays, en entendant le rapport des 12 espions qui l'avaient exploré secrètement (Nombres 13). En effet, dans leur rapport, ces hommes racontèrent que le pays était magnifique, un pays découlant de lait et de miel, mais qu'ils y avaient aussi trouvé des villes fortifiées et des populations de géants. Ce peuple qui avait été témoin de la puissance de Dieu (les 10 plaies d'Egypte, le passage de la Mer Rouge...) prit peur et ne voulut pas affronter ce qui lui paraissait insurmontable, et il mit en doute le fait que Dieu accomplirait son plan : Pourquoi l'Eternel nous fait-il entrer dans ce pays, pour tomber par l'épée ? ... Donnons-nous un chef et retournons en Egypte (Nombres 14.1-4).
   S'il s'était senti fort, ce même peuple serait sans doute entré dans le pays promis. Cela prouve qu'il faisait plus confiance à ces propres forces qu'aux promesses de Dieu. Cela ne nous rappelle-t-il pas notre propre attitude, souvent ?
   Devant ce manque de foi, Dieu a décidé que cette génération incrédule n'entrerait pas dans la Terre Promise. Sauf 2 hommes qui avaient toujours eu confiance en Lui : Caleb et Josué. Tous les autres ont terminé leur vie dans le désert, et se sont privés de connaître le pays que Dieu voulait leur donner.
   Lorsque Moïse prononce les paroles de notre texte, toute la génération incrédule est morte. Il s'adresse donc à la génération suivante née dans le désert. Il lui rappelle les 40 années passées dans le désert, où, malgré les épreuves, Dieu était bien présent et conduisait son peuple : Tu te souviendras de tout le chemin que l'Eternel, ton Dieu, t'a fait faire pendant ces 40 années dans le désert, afin de t'humilier et de t'éprouver, pour reconnaître ce qu'il y avait dans ton coeur et si tu observerais ses commandements, oui ou non.
   Nous avons ici une réponse à la question lancinante : Pourquoi Dieu permet-il les épreuves dans la vie d'un homme ou d'un peuple ? Pour révéler à l'homme ce qu'il a dans le coeur. L'épreuve n'est pas une mesure de rétorsion de la part de Dieu. Elle est permise pour essayer de remettre l'homme dans le bon chemin, c'est-à-dire dans le chemin de la confiance en Dieu.
   J'ouvre une parenthèse pour parler de la traduction du verbe humilier employé ici. En français, humilier signifie : rabaisser quelqu'un en le faisant apparaître comme inférieur, méprisable (Dictionnaire Larousse). Cette traduction est très mal venue, car Dieu n'agit jamais ainsi. La traduction du rabbinat et la TOB disent respectivement : afin de t'éprouver par l'adversité / afin de t'éprouver par la pauvreté. Ces traductions sont plus conformes au contexte biblique. En effet, si Dieu éprouve les hommes, ce n'est jamais pour les abaisser ou pour les détruire. C'est pour les raisons que j'ai mentionné plus haut.
   Ce qui prouve la justesse de ces traductions, c'est que le texte nous montre que l'épreuve imposée par Dieu est immédiatement suivie de sa bénédiction : v. 3 : Il t'a appauvri, il t'a fait souffrir de la faim et il t'a nourri de la manne que tu ne connaissais pas.... Même chose au v. 13 : Il t'a fait manger dans le désert la manne que tes pères ne connaissaient pas, afin de t'appauvrir et de t'éprouver, pour te faire ensuite du bien. On voit bien qu'il n'est pas question d'humiliation, mais d'épreuve pour révéler à l'homme ce qu'il a dans le coeur. Je ferme la parenthèse.
   Je continue avec la pédagogie de Dieu. Au v 3, nous lisons : Il t'a fait souffrir de la faim et il t'a nourri de la manne...afin de t'apprendre que l'homme ne vit pas de pain seulement, mais que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de l'Eternel. Ce verset et ceux qui précèdent doivent être lus en relation étroite avec le v 5 : Reconnais en ton coeur que l'Eternel, ton Dieu, t'éduque comme un homme éduque son fils. Rejetons toute idée de dureté, dans l'épreuve, pour ne voir que la tendresse d'un père qui veut le bonheur de son fils.
   De quoi Dieu se sert-il ici pour éduquer son peuple ? Du besoin vital commun à tous les hommes : Manger. Et il fait un parallèle entre ce besoin physique vital et un autre besoin qu'il présente comme étant tout aussi vital : Ecouter ce que Dieu dit : L'homme ne vit pas de pain seulement, mais de tout ce qui sort de la bouche de l'Eternel.
 
   Aujourd'hui, dans nos pays riches, lorsqu'on a faim, on ouvre le réfrigérateur et on se sert. On n'imagine même pas que la nourriture pourrait manquer. Et lorsqu'on prononce la demande du Notre Père : donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour, la confiance que nous avons qu'il y aura quelque chose dans notre assiette à l'heure du repas, vient plus du fait que les magasins sont bien approvisionnés et que nous avons de l'argent pour acheter de quoi manger, plutôt que l'exaucement de notre prière. Rien de comparable avec ce qu'a vécu le peuple d'Israël dans le désert !
   Pendant les 40 années du désert, ce besoin vital de nourriture n'était dispensé que par Dieu, qui donnait, chaque jour, juste la ration suffisante de manne pour vivre. Ce que les hommes voulaient garder en réserve pour le lendemain, pour assurer leurs arrières, pourrissait, sauf pendant le sabbat où Dieu donnait une ration double, puisqu'il avait demandé aux hommes de ne pas en ramasser ce jour-là. Pendant 40 ans, le peuple s'est trouvé dans la même situation qu'un SDF qui n'a pas 10 centimes devant lui. Il ne pourra manger que si des gens veulent bien lui donne un peu d'argent lorsqu'il tend la main. S'il y a des SDF chrétiens, la demande qu'ils font à Dieu : donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien, est une prière qui n'est sans doute pas faite à la légère, comme nous pouvons la faire souvent.
   Quel message Dieu voulait-il faire passer au peuple qui allait prendre possession de la promesse ?
   Que veut-il nous dire à nous aujourd'hui ?
   Dieu veut faire comprendre à tous le hommes que le besoin vital pour eux, ce n'est pas seulement la nourriture pour le corps. La nourriture pour l'âme et l'esprit est tout aussi indispensable pour l'homme. Et c'est Dieu qui la donne aussi, à travers l'Ecriture, la prière, l'Esprit Saint. Tous les hommes sont-ils convaincus de cela ? Hélas, non ! Tous les chrétiens le sont-ils ? C'est à chacun de répondre.
   Dans ce texte, Dieu qui connaît le coeur de l'homme nous montre les pièges dans lesquels il ne voudrait pas que nous tombions. Ecoutons attentivement : L'Eternel va te faire entrer dans un bon pays...Lorsque tu mangeras et te rassasieras, lorsque tu bâtiras et habiteras de belles maisons, lorsque ton gros et ton menu bétail se multiplieront, que l'argent et l'or se multiplieront pour toi et que tout ce qui est à toi se multipliera, prends garde de peur que ton coeur ne s'élève et que tu oublies l'Eternel, ton Dieu (v. 7 ; 12 ; 14).
   Prenons au sérieux ce que Dieu nous dit ici. Nous voyons bien qu'il ne condamne pas la richesse en soi. Mais si l'on n'est pas sur ses gardes, la richesse, l'aisance, l'abondance peuvent reléguer au second plan le besoin vital de la relation avec Dieu, parce que le besoin matériel est assouvi. Notre société de consommation est le piège idéal pour nous détourner de Dieu d'une façon tellement subtile que nous ne nous en apercevons pas. Mais la pauvreté peut faire tomber dans le même piège : Ne me donne ni pauvreté ni richesse, accorde-moi le pain qui m'est nécessaire, de peur qu'étant rassasié, je ne te renie, et ne dise : Qui est l'Eternel ? Ou qu'étant dans la pauvreté, je ne commette un vol et ne porte atteinte au nom de mon Dieu (Proverbes 30.8-9).
   Le tentateur savait se qu'il faisait lorsqu'il a dit à Jésus qui n'avait pas mangé depuis 40 jours : Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent du pain. La tentation était subtile car le besoin de manger était sans doute très fort. Mais Jésus savait qu'il y a un besoin encore plus vital : rester en communion avec son Père. Jésus a répondu : Il est écrit : L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Matthieu 4.4). Esaü, lui, n'a pas résisté à la tentation : pour un plat de lentille, il a méprisé ce que Dieu lui avait accordé par la naissance : son droit d'aînesse (Genèse 25.34). Quelle terrible chose !
   Je vous invite à faire monter vers Dieu cette prière de la fin du Psaume 139 :
Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon coeur ;
Eprouve-moi et connais mes préoccupations ;
Regarde si je suis sur une mauvaise voie,
Et conduis-moi sur la voie de l'éternité.
Que le Seigneur vous bénisse !
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Car l'Eternel,ton Dieu, va te faire entrer dans un beau pays,
pays de cours d'eau, de sources et de nappes souterraines
qui jaillissent dans les vallées
et dans les montagnes (Deutéronome 8.7)

18:52 Publié dans Vie chrétienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pain

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