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25 septembre 2009

Le sens du sabbat

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Le sens du sabbat

 

23 Il arriva un jour de sabbat que Jésus traversa des champs de blé. Ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis. 24 Les Pharisiens lui dirent : Vois, pourquoi font-ils ce qui n'est pas permis un jour de sabbat ? 25 Jésus leur répondit : N'avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu'il fut dans le besoin et qu'il eut faim, lui et ses gens ?  26 Comment il entra dans la maison de Dieu du temps du souverain sacrificateur Abiathar, mangea les pains de propositions, qu'il n'est permis qu'aux sacrificateurs de manger, et en donna même à ses gens. 27 Puis il leur dit : Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat, 28 de sorte que le Fils de l'homme est maître même du sabbat (Marc 2.23-28).

  Il est facile d'imaginer la scène familière que ce texte nous décrit : Jésus et ses disciples marchent le long de champs de blé. Comme ils ont faim, (le texte parallèle de Matthieu 12.1 le précise) les disciples arrachent quelques épis qu'ils froissent dans leurs mains, et ils en mangent les grains.

  Quoi de plus normal pour un homme de faire ce geste pour calmer une fringale ? Cela semble tellement naturel qu'on ne devrait même pas le remarquer. Eh bien ! ce n'est pas naturel pour les Pharisiens qui assistent à cette scène, car ceci se passe un jour de sabbat. Or, selon la tradition, arracher des épis dans un champ était considéré comme moissonner, donc travailler. Et dans la loi que Dieu a donné à Moïse, il est interdit de travailler le jour du sabbat. Les Pharisiens font donc une leçon de morale à Jésus : Vois, pourquoi font-ils ce qui n'est pas permis un jour de sabbat ? Remarquez au passage que les Pharisiens ne s'en prennent pas aux "coupables" mais à leur Maître. On pressent qu'ils ont un compte à régler avec Jésus.

  Dans cette affaire, les Pharisiens se sentent les gardiens de la Loi que Dieu a donné pour les hommes, et semblent plus respectueux de la loi que Jésus lui-même, qui ne trouve rien à redire à ce que font ses disciples. Jésus serait-il laxiste par rapport à la loi de Dieu ? N'accorde-t-il pas de valeur à cette loi divine sur le sabbat ?

Pour aborder ce problème qui divise gravement Jésus et les Pharisiens, au point qu'ils veulent le faire mourir (3.6), regardons le texte de cette loi :

 Tu travailleras 6 jours, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le 7e jour est le sabbat de l'Eternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui réside chez toi. Car en 6 jours l'Eternel a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s'y trouve et il s'est reposé le 7e jour : c'est pourquoi l'Eternel a béni le jour du sabbat et l'a sanctifié (Exode 20.9-10).

L'important dans ce commandement, ce n'est pas l'interdiction, mais l'idée de repos, de bénédiction et de sanctification.

Le repos et la bénédiction : N'oublions pas qu'à l'époque où Dieu a donné ce commandement, les congés payés n'existaient pas ; pas de pont de l'Ascension, pas de RTT ! Les hommes travaillaient tous les jours sans exception. Le sabbat est donc un merveilleux cadeau que Dieu fait aux hommes, un jour de liberté où l'homme pourra se reposer. Et comme on l'a vu, c'est un cadeau fait à tous les hommes, esclaves ou hommes libres, Juifs ou non, et même aux animaux de trait. Dieu a décrété le sabbat pour le repos de l'homme et des bêtes de somme. Mais aussi pour qu'il soit au bénéfice de sa bénédiction : C'est pourquoi l'Eternel a béni le jour du sabbat.

La sanctification : Dieu a sanctifié ce jour, c'est-à-dire, l'a mis à part, pour que dans cette liberté qui lui est offerte, pendant l'interruption des son travail, l'homme puisse trouver du temps pour honorer Dieu, son Créateur. Dans ce sens, le sabbat est aussi un signe de l'alliance que Dieu fait avec son peuple. Mais c'est aussi une forme de prophétie sur la libération des hommes face à l'esclavage du travail, une porte ouverte sur la liberté et la joie du repos. Bref, le sabbat est la manifestation de l'amour et de la grâce de Dieu. Dieu a tout fait pour le bien et le bonheur de l'homme. 

  Cette volonté de Dieu d'offrir repos et liberté à l'homme, les Pharisiens (les soi-disant gardiens de la loi) en on fait une loi oppressive. Au fil des annnées, ils avaient ajouté des articles nouveaux à la loi sur le sabbat, au point que les Juifs devaient tenir compte de plus de 200 interdictions liées au sabbat. Comme l'a écrit Jean Valette avec beaucoup d'humour : Rien de plus fatiguant que le jour de repos ! Là où Dieu voulait donner un peu de liberté par rapport au travail, le religieux dit : Ce n'est pas permis ! Interdit de cueillir des grains lorsqu'on a faim, de guérir quelqu'un, de marcher plus de 3 km, etc... si c'est un sabbat.

  Quand l'intention de Dieu était de libérer l'homme par la loi, les religieux ont fait de la loi une prison pour l'homme. Lorsque Dieu place l'homme au centre lorsqu'il édicte une loi, les religieux placent la loi au centre, comme si la loi n'avait d'autre but qu'elle-même.

  C'est ce que Jésus veut faire comprendre aux Pharisiens de notre texte lorsqu'il dit : Le sabbat a été fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat. Ni dans ses paroles ni dans ses pratiques, Jésus n'a jamais contesté la loi par principe. Ce qu'il veut, c'est que les religieux recentrent la loi sur sa mission originelle voulue par Dieu. Quelle est cette mission ? Faire acceder l'homme au vrai bonheur, un bonheur fondé sur une relation étroite avec Dieu.

  La loi a une fonction de libération de l'homme, et de ce fait, une fonction de révélation de l'intention de Dieu. Par un glissement tragique, la loi en est venue à diriger les regards de l'homme non pas vers Celui dont elle devait témoigner, mais vers elle-même. Et par un extraordinaire abus d'autorité, elle a établi une religion dont elle est à tel point le centre et la raison d'être, que Dieu devient presque superflu. Karl Barth avait bien raison de dire que la religion est le contraire de la foi.

  Si Dieu demande à l'homme d'observer le sabbat, ce n'est pas parce qu'il a le devoir de le faire ; c'est parce que l'homme a besoin de goûter le repos et la paix et la bénédiction que Dieu lui accorde. Dieu n'est pas un juge uniquement occupé à faire respecter la loi. C'est un Père aimant qui à travers la loi procure aux hommes la liberté.

Comment comprendre la seconde partie du verset 28 : Le sabbat a été fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat, de sorte que le Fils de l'homme est maître même du sabbat ?

Dieu a tout soumis à Jésus, comme nous le disent plusieurs passages de l'Ecriture (He 2.8 ; Mt 28.18; Eph 1.22). Cette soumission n'implique pas ici une idée de contrainte. Mais plutôt de seigneurie. Parce qu'il est Dieu incarné, Jésus connaît parfaitement l'esprit de cette loi divine. Et c'est la raison pour laquelle il n'hésite pas à guérir les malades et à faire du bien le jour du sabbat. En agissant ainsi, il est au coeur du sens profond du sabbat, car il met l'homme au centre, en le libérant de la maladie, des démons, des infirmités, etc...

La liberté de Jésus devant la loi est très dérangeante pour les Pharisiens, car ils n'ont rien compris : Il ont confisqué la grâce qu'elle manifeste. Jésus veut libérer cette grâce de la gangue légaliste dans laquelle les religieux l'ont enfermée, jusqu'à en faire une chose oppressive. C'est dans ce but que Jésus multiplie les situations qui les choquent, en espérant qu'ils finiront par comprendre. Mais il n'y a rien de pire que quelqu'un qui ne veut pas entendre. Les Pharisiens de notre texte sont dans ce cas, puisqu'on nous dit qu'ils cherchèrent tous les moyens pour faire mourir Jésus (3.6).

Pour résumer, on pourrait dire la chose suivante :

Voilà comment les Pharisiens voient le sabbat : Il est interdit de faire quelque travail que ce soit !

Voilà comment Jésus voudraient que les hommes vivent le sabbat : Merci, Seigneur, pour cette liberté et ce repos que dans ta grâce tu m'accordes. Ce merveilleux commandement me montre tout l'amour que tu as pour moi et pour les hommes. Et je veux t'honorer.

Que le Seigneur nous délivre de cette idée que la loi a été édictée par un Dieu juge. C'est hélas ce que la religion a fait de la loi. C'est ce qu'un esprit religieux fait encore de nos jours. Qu'au contraire nous puissions voir la loi comme l'expression de l'amour d'un Père qui aime ses enfants et veut leur procurer joie et liberté.

Que le Seigneur vous bénisse !

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 Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ;

mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va.

Il en est ainsi de quiconque est né de l'Esprit. (Jean 3.8)

 

17:16 Publié dans Vie chrétienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sabbat

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