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05 août 2009

Etre ou faire ?

 

Médina de Tozeur (2).jpg

 

Etre ou faire ?

Je vous propose d'abord de lire ce passage de Matthieu 7.15-23 :

Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous comme des brebis, mais au-dedans ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre produit de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Quiconque me dit : Seigneur, Seigneur ! n'entrera pas forcément dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Beaucoup me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur ! N'est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons chassé des démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ? Alors je leur déclarerai : Je ne vous ai jamais connus retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité.

En Juillet 2006, à l'occasion d'une convention chrétienne, j'ai entendu le témoignage de Georges Dabbo, pasteur d'une église arménienne à Montréal, qui racontait le terrible accident dont il avait été victime : il s'est retrouvé sous sa propre voiture qui avait été percutée par un autre véhicule, les genoux repliés sur lui, dans un espace de 30 cm de hauteur ! Il nous faisait part de la façon dont Dieu l'a rétabli en guérissant miraculeusement les fractures, hémorragies, lésions diverses pour lesquelles on devait l'opérer : il est entré 4 fois dans le bloc opératoire et 4 fois il en est sorti avant qu'on l'opère, car les choses s'étaient rétablies ! Comme il le dit lui-même : Dieu était passé avant.

Ce témoignage est à la fois étonnant et merveilleux. Il nous montre que rien n'est impossible à Dieu, comme le dit l'ange qui annonce à Marie qu'elle-même, qui n'a pas eu de relation avec Joseph, et sa cousine Elisabeth, déjà âgée et stérile, vont chacune mettre au monde un enfant : Jean -Baptiste et Jésus (Matthieu 1.37).

Mais ce n'est pas cette intervention spectaculaire de Dieu qui retient mon attention aujourd'hui. C'est ce que ce pasteur a dit en terminant son témoignage : A un moment donné de notre vie, il faut que l'empreinte et le caractère de Jésus soit inscrits en nous. Et il a ajouté : Ce n'est pas ce qu'on fait qui a de la valeur aux yeux de Dieu ; c'est l'attitude de coeur que nous avons. La question fondamentale est la suivante : Que devenons-nous dans le Seigneur ?

"Ce n'est pas ce qu'on fait qui a de la valeur aux yeux de Dieu"

Cette affirmation est difficile à admettre car de nombreux passages de la Bible nous disent que la foi véritable se traduit toujours par des oeuvres. Voici le plus connu : Comme le corps sans esprit est mort, de même la foi sans les oeuvres est morte (Jacques 2.26).

Je n'ai pas l'intention de remettre en cause cette vérité biblique. Je veux seulement mettre l'accent sur  un des sens du mot oeuvre dans le Nouveau Testament. Nous avons tous tendance à limiter le sens de ce mot. Une oeuvre, pense-t-on, c'est ce qu'on fait, c'est une action : Visiter les malades, s'occuper des pauvres, participer à la vie matérielle ou financière de l'Eglise, accepter des responsabilités, prêcher, prier etc...

Ce sens (faire) est bien présent dans le Nouveau Testament (Ephésiens 2.10). Mais il y en a un autre que l'on oublie presque toujours et qui pourtant est plus important encore : C'est l'attitude de coeur, c'est-à-dire, ce que nous sommes devant le Seigneur, dans le Seigneur. Cette expression (attitude de coeur) n'est pas employée dans le Nouveau Testament, mais il y fait souvent référence. Paul nous décrit  des attitudes de coeur lorsqu'il parle du fruit de l'Esprit : l'amour, la joie, la paix, la patience... (Galates 5.22).

Dans le passage qui précède, Paul nous parle d'autres attitudes de coeur : l'inconduite, l'impureté, la débauche... (Galates 5.19). Or, il en parle comme étant des oeuvres de la chair.

Ainsi, dans le Nouveau Testament, les mots fruit et oeuvre ne désignent pas uniquement ce que nous faisons, mais aussi et même d'abord, ce que nous sommes devant le Seigneur, dans le Seigneur.

C'est en étant conscient de ce sens si souvent ignoré que l'on peut comprendre ce que dit Jésus à ceux qui ont prophétisé, chassé des démons et fait beaucoup de miracles, et qui pourtant risquent de s'entendre dire : Je ne vous ai jamais connus; retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité (Matthieu 7.23).

Nous avons tous tendance à penser que quelqu'un qui prophétise, chasse des démons et fait des miracles est parfaitement dans le plan de Dieu, agréé par Dieu. Ce n'est pas ce que dit Jésus dans ce texte. Cette condamnation très surprenante ne doit pas nous faire penser que ces hommes ont prétendu prophétiser, chasser des démons et faire des miracles. Ils ont réellement fait ce qu'ils ont dit. Mais aux yeux de Dieu, les oeuvres de justice et d'amour (Mt 5.20 ; 43-48), c'est-à-dire l'attitude d'un coeur aimant envers le frère ou le prochain est plus importante que l'exercice des charismes. Et dans tous les cas, l'amour doit toujours précéder l'action. Ecoutons ce que dit Jésus dans Mt 23.23 : Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites ! Parce que vous payez la dîme de la menthe, de l'aneth et du cumin, et que vous laissez ce qu'il ya de plus important dans la loi : le droit, la miséricorde et la fidélité ; c'est là ce qu'il fallait pratiquer sans laisser de côté le reste. L'apôtre Paul a aussi montré l'importance de l'attitude de coeur au début du chapitre 13 de la première épître aux Corinthiens : Quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas l'amour, cela ne me sert de rien.

L'Ancien Testament accorde aussi la première place à l'attitude de coeur, à ce que l'homme est devant Dieu et non pas d'abord à ce qu'il fait pour Dieu : Les sacrifices agréables à Dieu, c'est un esprit brisé (Psaume 51.19). Le sacrifice des méchants est en horreur à l'Eternel (Proverbes 15.8).

Pourquoi l'attitude de coeur est-elle si importante ?

Parce qu'on peut travailler pour Dieu tout en étant prisonnier du péché; on peut le faire sans être converti, par orgueil, par désir de reconnaissance, pour être honoré par les hommes, pour mériter son salut, et pour beaucoup d'autres motifs encore. Mais Dieu n'a que faire de ces oeuvres qui sont l'expression d'un esprit religieux dénoncé par Jésus ! Ce que Dieu veut, c'est notre conversion, c'est notre coeur, c'est notre vie toute entière, car il veut nous délivrer du pouvoir des ténèbres et nous transporter dans le royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la dédemption, le pardon des péchés (Colossiens 1.13-14).

L'action ne peut pas façonner notre attitude de coeur, une attitude qui honore le Seigneur, qui le mette à la première place. Seules la conversion, la nouvelle naissance et la sanctification peuvent faire cela.

Sans la conversion et ce qui suit, l'action devient rapidement un but en soi. Elle a sa logique, ses ambitions et peut devenir une religion dans laquelle Dieu, Christ et le Saint-Esprit sont souvent mentionnés, mais marginalisés car ce ne sont pas eux qui dirigent l'action, mais l'esprit de l'homme qui conçoit ses propres projets.

Il est très facile, pour des chrétiens et des églises de tomber dans cette religion des oeuvres, dans cette religiosité, car il est beaucoup plus facile d'entreprendre des projets, ambitieux ou modestes, que de se mettre à genoux pour adorer Dieu et chercher sa volonté. Souvenons-nous des lettres aux 7 églises, dans l'Apocalypse, et du leitmotiv qui revient au début de 5 de ces lettres : "Je connais tes oeuvres." Je connais tes oeuvres : tu as le renom d'être vivant, mais tu es mort. Sois vigilant et affermis le reste qui allait mourir, car je n'ai pas trouvé tes oeuvres parfaites devant mon Dieu (Apocalypse 3.1-2). Il est beaucoup plus valorisant de travailler pour Dieu que de laisser le Seigneur nous façonner pour que le caractère du Christ soit inscrit en nous, par la consécration, l'obéissance, la prière persévérante.

Si nous voulons que l'Eglise porte des fruits pour la gloire de Dieu, il est indispensable que les membres et les responsables de communautés retrouvent l'ordre des priorités : Il est urgent de cesser de FAIRE et d'apprendre à ETRE ce que le Seigneur veut que nous soyons.

Ainsi, les oeuvres que Dieu a préparées d'avance (Ephésiens 2.10) seront accomplies dans la volonté de Dieu, conduites par l'Esprit, et porteront les fruits de l'Esprit pour la seule gloire de Dieu.

Que le Seigneur vous bénisse !

 

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